LE SEMEUR
Seul à son grand labeur sous le ciel inclément, Le semeur dans le champ promenait sa main lente. Un charlatan, sonnant sa fanfare insolente, Sur un tertre voisin monta pompeusement.
Il eut autour de lui la foule en un moment, Fit ses tours, harangua de façon turbulente, Flatta fort ces oisons et, séance tenante, Leur vendit son remède à tous maux, chèrement.
Le semeur dans le champ menait son pas tranquille.
(1) Ce sonnet et une dizaine d'autres ont déjà paru. L'auteur s'est permis cet emprunt, le jugeant nécessaire 11 la physionomie de son ouvrage.
Le charlatan piqué tança cet indocile :
— Eh ! là-bas, l'homme au sac qui balances ta main,
Sais-tu pas que je vends la yie et l'espérance!
Que fais- tu, quand ceux-ciboivent l'eau de Jouvence ?
L'autre, continuant, dit : — Je leur fais du pain.