LA PRINCIPESSA
On lui reproche un certain air de reine, Des yeux trop grands, calmes jusqu'au dédain De songer trop à sa robe qui traîne, Et de poser pour le profil romain .
A mon avis, elle n'est que sereine.
Quant à sa robe, elle couvre son sein.
Si ce sein bat, je n'en suis point en peine, Mozart le dit, qui pleure sous sa main.
Pour le profil, certe, il n'est point vulgaire ! Qu'elle le sache et s'en tienne un peu fière, Je ne vois pas qu'elle outre ici son droit :
Mieux vaut poser en Junon, si Ton pose, Qu'en Cidalise. Et c'est bien quelque chose D'avoir le cœur en flammes et l'œil froid.
MARQUISE ET TROTTILLON
Marquise, Marquise, Marquise!
Souvenez-vous d'avoir et*'- Un petit trottillon crotté, Oui trottait au soleil l'été, y ni trottait l'hiver par la bise.
Oubliez, petit Trottillon, Gomment vous devîntes marquise :
Un jour que vous trottiez, la bise Fit voir votre jambe bien prise; Cette jambe prit un lion.
Marquise, Marquise, Marquise!
g n vos splendeurs, souvenez-vous Combien le sort vous semblait doux,
De celle à qui votre œil jaloux Voyait toujours une chemise !
Petit Trottillon, oubliez
Les services que rend la bise !
Des gens qui manquent de chemise,
Qu'il vous souvienne plus, Marquise ;
Et cachez mieux vos jolis pieds!