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CHANSONNIER DES GRACES

Des bouquets, des épithalames, Des sonnets frais et diaprés, Des madrigaux très-bien poudrés, Vous en aurez de moi, Mesdames, Tout autant que vous en voudrez.

Aimez-vous que l'on vous compare Aux fleurs qu'avril fait entr'ouvrir?

Faut-il à vos pieds se mourir, Ou quelque chose de plus rare?

Demandez, faites-vous servir!

Souhaitez- vous que Ton s'embarque Sur les étangs de Ja fadeur?

C'est là que l'on est fin rameur.

On a médité son Pétrarque, On sait son Jean Second par cœur.

Il va sans dire que la touche Sera donnée au goût du jour !

On possède aussi l'air farouche ; Hugo nous a formé la bouche À rugir le doux mot : Amour !

Mais êtes-vous de ces sévères Dont le cœur froid et l'œil altier Semblent redire le psautier?

Êtes-vous saintes? Point d'affaires !

Cela n'est plus de mon métier.

N'attendez pas que je vous chante Les grands combats, le lourd devoir Dans ce thème ennuyeux et noir, Où trouver la note touchante Qui fasse mouiller le mouchoir?

Je suis un poète de joie :

Je chasse et m'en vas racolant Pour fournir à l'amour sa proie.

Vive l'amour! Mon chef de clan Est le bon Pandarus de Troie.

— <io —

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