PYGMALION
Le bon Pygmalion, foudre de sentiment, Époux trop enflammé, discourait en amant, Filait du bleu, faisait des châteaux en Espagne, Riait, chantait, pleurait; bref, battait la campagne, Mais non sans éprouver un étonnement vif Du point rare où son marbre était inattentif. Madame Galatée aux plus exquises choses J$g8tait froide, les yeux vagues, les lèvres closes; ^fMéme quand le discours tombait sur ses appas, Elle écoutait ailleurs, le cœur ne battait pas. L'époux allait toujours, pensant que tant de zèle Enûn échaufferait l'étrange demoiselle :
Il est interrompu par un fort bâillement.
Le voilà court. Quoi donc, dit-il, marbre charmant, D'où vient que l'on te voit triste comme les pluies? Galatée, en deux mots, l'éclaira : — Tu m'ennuies!
Ainsi l'artiste heureux, pour la première fois,
Du premier marbre fait femme entendit la voix. Voix, du reste, jolie, élégante, argentine.
Elle entrait dans le cœur comme une lame fine, Et sans gestes, sans feu, sans verbes superflus, Y coulait un poison qui ne s'éteignait plus.
Pygmalion alors connut qu'il était fade, Et cessa de parler. Il se sentait malade.
Galatée, insensible à son chagrin profond, Laissait errer ses yeux du parquet au plafond. Elle avait certain air d'activé nonchalance.
Hormis le pauvre époux, qui gardait Is silence, Tout semblait amuser son regard curieux.
Elle jeta pourtant un soupir. Anxieux, Il lui dit d'un accent où vibraient ses tendresses : > - — Que veux-tu? — Rien.— Quoi! rien? — Eh bien, ""
[que tu me laisses 1
C'était un tel nigaud qu'il en resta surpris, Mais un tel amoureux qu'il en fut plus épris.
Il excusa l'ingrate, et dans sa flamme accrue. Il disait : — Puis-je, aussi, l'épouser toute crue !
Elle ignore; aimons-la, laissons agir le temps. Il attendit. Ses soins furent doux et constants, 1 / Et ses soins et le temps la laissèrent rebelle. Il s'en prit à Vénus :
« déesse immortelle, « Vénus, tu la vois ! Par quel décret moqueur « Lui voulus-tu donner une âme et pas de cœur ? « Elle fut mieux à moi tant qu'elle resta pierre. <c Est-ce ainsi qu'il t'a plu d'exaucer ma prière? a Si mes vœux étaient fous, s'ils passaient ton pouvoir, « Tu devais refuser et non me' décevoir.
« Pourquoi te faire un jeu si cruel? Galatée « N'a pas reçu la vie, et tu me l'as ôtée ! »
Vénus lui répondit : "*2*
« Le#)estin est de for !
« Pour toi, mortel, Vénus a prié Jupiter.
« (Car seul il fait la vie et seul la distribue) . « J'ai voulu que, donnant le souffle à ta statue, a Par un autre prodige accablant d'autres lois, « Elle eût un cœur à part, flamme et pierre à la fois, « Ardent, et, néanmoins, très-solide en ménage. « J'avais fort ce désir de faire un mariage
— uo —
« Que Diane elle-même et Minerve admirât,
« Et qu'en son chaste sein Tune et l'autre enviât*
« Oui, Diane amoureuse et Minerve emportée,
a Telle voulait Vénus te donner Galatée.
« J'en contai le beau rêve au père-roi des dieux.
« Jupiter consentit, mais un peu soucieux.
« En effet, le Destin ne nous fut point propice :
« Vénus, dit-il, ici dépasse son office,
« Et j'ai réglé le cas : Il n'est aucun moyen
« Qu'un hymeti arrangé par Vénus tourne bien.
« Il se tut. C'était dur ; j'en souffris, mais que faire ?
« Devant ce vieux Destin, point de force contraire !
« Les dieux humiliés, renvoyés sans débats,
a Murmurent bien parfois; ils ne résistent pas.
« Le vrai nom du Destin dans le ciel, c'est Justice !
« Parle-t-il? tout est fait, il faut qu'on obéisse.
« Donc, en ce contre-temps, allant au plus certain, 1
« J'ai dit, pensant à toi : N'eût-il qu'un seul matin,
« Animons la statuent Qu'elle soit sa femme.
« Qui sait ce qu'un instant peut abattre de flamme !
« J'aurai tenu parole; ensuite l'on verra;
« Et ce bon amoureux, enfin, s'arrangera.
a Par le Styx! sans chercher de vulgaires exemples,
« Vulcain eut à porter un ennui des plus amples;
« Apollon dut subir les refus de Daphné,
« Et Vénus elle-même, en son cœur étonné
a Pleure encor Adonis chaque fois qu'elle y songe. « Va, pour les dieux aussi le bonheur est mensonge, a Et l'Olympe et l'entens et le nectar, hélas! « Rien n'y fait. Le souci pèse en haut comme en bas.»
L'artiste répondit : — Je suis homme, Déesse ; Je prends ma part de poids sur ma part de faiblesse, Et je n'espère plus de vivre sans douleur.
Donnez-moi ce seul jour d'amour vrai dans son cœur, Cette aurore trompeuse et d'orage suivie, Je tiens quitte de tout et les dieux et la vie.
« — Ecoute, dit Vénus, et parlons franchement :
« Je ne plains que fort peu ton genre de tourment,
« Et je rejette en bloc les requêtes pareilles.
« Maris et dédaignés m'en rompent les oreilles.
« Puis-je rien à leur mal qui fait le bien d'autrai,
« Que mettre en pleurs demain les heureux d'aujourd'hui?
« Si j'y consens, bientôt ce sont d'autres complaintes : « On voit reprendre feu les tendresses éteintes, « Et des amours très-las, par ces mutations, a Retournent aux fureurs des jeunes passions.
« Pour conclure, toujours l'on soupire et Ton crie.
* Il semble que je sois la parque ou la furie.
« C'est fatigant! Et toi, n'as-tu»pas calculé
« Qu'il faut être trahi si Ton n'est pas gelé?
« Tu veux un jour! Après? Ton destin ferait rire.
« Galatée est jolie à brûler un empire :
« Qu'elle ait l'humeur d'Hélène avec de tels moyens,
« Nous revoyons le temps des Grecs et desTroyens.
« Ménélas eût voulu qu'Hélène fut de marbre !
« Un dieu peut transformer ton indolente en arbre,
« En fontaine dormeuse, en quelque froide fleur :
« Choisis; mais n'obtiens pas, crois-moi, qu'elle ait un cœur !
a Le destin permit-il dette métamorphose,
« Tu t'en repentirais à goûter de la chose.
L'entêté répliqua :
« Maintenant que je sai « Combien sera déçu qui se voit exaucé, Je devrais, n'implorant rien des dieux ni du monde, Aller me faire un lit où la mer est profonde. Mais puisque c'est par là qu'il en faudra finir, Puisqu'on ne peut du ciel autre chose obtenir,
4 e saurai voir jusqu'où sa puissance nous leurre. 4e borne mes souhaits et je demande une heure. Rien qu'une heure, Madame ! et mes mânes contents Iront dans les enfers vous célébrer longtemps.
Pour réponse, Vénus lui devint invisible.
Souffrir est le secret de la rendre insensible. Ce tenace martyr, à la fin, l'offensait, Et son titre d'époux, en outre, l'agaçait.
Titre légal! Au fond, Vénus était tentée Plutôt de refroidir encor la Galatée.
Mais voulant pardonner, vers d'autres régions Elle s'enfuit joyeuse au vol de ses pigeons.
Pygmalion prit d'elle une fort mince idée.
— Héla3 ! que la déesse est, dit-il, débridée ! Pourtant, voyons ailleurs, et ne lâchons la main Que si, décidément, nos dieux n'ont rien d'humain.
Souvent un grand péril retrempe le courage :
Regardant sous ses pieds écumer le naufrage,
Mais résolu pourtant d'échapper à la mer,1 L'artiste, d'un cœur ferme, invoqua Jupiter, Le voulut voir, le vit.'
C'était, entre les dieux Le plus mâle d'aspect et le plus sérieux.
Ses superbes sourcils tant vantés des poètes, Son aigle fier, son foudre aux flammes toujours prêtes Et le vaste fracas d'antique majesté Que menait ce vieux nom parmi l'humanité, Rien du faible mortel ne put ébranler l'âme.
Cet homme voulait être adoré de sa femme !
Devenu comme un dieu par ce trait singulier, 11 se rendait sans peine aux autres familier.
Vingt fois d'ailleurs sa main, féconde en beaux ouvrages,
Du fils de Rhée avait façonné les images.
Admis à contempler le modèle vivant,
Ce modèle introuvable et rêvé si souvent,
L'artiste tout d'abord, oubliant sa requête,
Étudia son dieu des pieds jusqu'à la tête.
Il trouva qu'à sa gloire il n'avait rien ôté,
Et que même il l'avait, en ses portraits, flatté,
Lui donnant plus grand air de suprême puissance.
En effet, Jupiter, mal fourni d'assurance
(Chose étrange, incroyable et sensible pourtant),
Offrait je ne sais quoi de presque inconsistant! A le bien regarder, il décroissait en somme, Visiblement gêné sous l'œil fixe de l'homme.
Le mortel, en lui-même, étonné, murmurait :
— Les hommes et les dieux sont-ils ce qui parait! Eh quoi! non-seulement le roi de l'Empyrée Ne trouble pas mon cœur de la terreur sacrée, Hais il a ce maintien d'un personnage faux, Gomme si ses papiers n'étaient pas sans défauts, Ni son titre assez clair à juger mon affaire?... Dieu! que j'entrevois un étrange mystère :
D'un mot tu peux m'ouvrir ou la vie ou la mort, Mais tu n'es pas le juste, et c'est moi qui suis fort!
En fréquentant ses dieux, l'époux de Galatée S'estimait trop soi-même et devenait athée.
Des penseurs d'autrefois c'était le tort commun; Et dans la même erreur! en notre temps, plus d'un*, Poussé du même orgueil, tombe avec moins d'excuse. Tel, monsieur Vacherot, par exemple, s'abuse, Et vingt autres aussi, lorsqu'en mauvais français, Ils se défont de l'âme et se jugent parfaits. Je mettrai dans ce tas le seigneur de Suttière, Noble homme d'encrier qui chante la matière,
Et qui n'aurait pas tant de quoi chanta: l'esprit. Suffit-il d'étaler, en un rugueux écrit», Les imperfections de tel ou tel système»
De raiQer pesamment, de vomir u&blasphème :
Et cela prouverait qu'âme et Dieu ne sont pa&? Non, malgré vos raisons, non, malgré vos compas! Dieu vit, l'Ame protesta et l'inconnu demeure. C'est ce que Jupiter va nous prouver sur l'heure.
• Avec cet air contraint qu'A ne pouvait celer, S'adressani à l'artiste, il lui dît de parter. Pygmalion soudain défila son histoire, Dit ses feux, leur succès, l'ivresse, le déboire, Sa femme au cœur plus dur que marbre et travertin; Se plaignit de Venus, accusa le Destin, Inculpa Jupiter qull traita de complice ; Et pour finir, requit ou la mort, ou justice. Ce fut long. Jupiter, comme un juge endurant, Laissa rouler, mugir, tournoyer le torrent; Il subit sans broncher la harangue complète : Mais alors il dit :
' ' « Souffre et vis : justice est faite.
» Supporte ton malheur, car tu Tas demandé. » ,
Pygmalion Teprit :
— Ai-je si mal plaidé, Ou le ciel n'a-t-il point de torts dont il se lasse ? Quoi ! Pas même la mort ? pas même cette grâce !
« — La grâce, dit le dieu, s'accorde au repentir. « Repens-toi, tu pourras mériter de mourir. »
Jupiter, prononçant cet étrange axiome,
De plus en plus prenait un aspect de fantôme,
Et l'homme, épouvanté d'un fait si curieux :
— Vais- je toit, cria-t-il, mourir le roi des dieux!
« — Non, dit ayec effort ce maître du tonnerre.
« L'homme meurt; pour les dieux, plus grande est leur misère .
« Excédés de la vie, affamés du trépas, c Us appellent la mort; la mort n'obéit pas, « Et telle est du Destin envers eux l'inclémence : « Ils vivent ! Le supplice à jamais recommence, « Et pour un temps qui vient, le décret irrité « Ne laisse sien aux dieux, que l'immortalité. »
L'homme dii : — Je ne peux ni comprendre ni croire.
Le dieu continua :
« — L'Olympe est provisoire, « Son pouvoir est caduc; il sera balayé.
« L'homme le verra choir du ciel purifié.
« Il est un ciel plus haut, d'où tomba sur la terre « Le germe d'un vengeur. Pressentant ce mystère, « Prométhée enchaîné sous l'ongle du vautour, « Sait que le Juste vit, et qu'il aura son jour, c De sa cime sanglante il épie une aurore.
« Il saigne, mais il croit, il contemple, il adore, « Et déjà luit sans doute à son œil consolé « Un signe rédempteur qui nous reste voilé.
« Alors vous sera dit le mot de la souffrance, «c Alors les pleurs feront grandir votre espérance, c Et le juste et le ciel enfin seront d'accord, « Et les vertus auront d'autre prix que la mort. »
11 se tut. Le mortel revint à sa chimère.
— Je comprends mal, dit-il, cette parole amère, Et ne vois pas en quoi, pauvre homme, j'ai failli. Je demande justice aux dieux qui m'ont trahi. Car, suis-je ounon trompé? Galatée est moins femme, Assurément, sans cœur qu'elle l'était sans âme.
Je Tavais plus à moi, j'en reviens toujours là, Fille de mon ciseau, que comme la voilà.
Elle vivait par l'art ; au bloc on la rejette. C'est inique !
Le dieu redit : — « Justice est faite, « Et l'arrêt du Dieu juste est plus fort que les dieux 1 »
Le mortel à ces mots vit frissonner les cieux. Incliné, Jupiter attendait en silence Que sa parole eût fait le tour de l'orbe immense. L'universel instinct ne pouvait pas faillir ; Le Maître, l'Innommé se faisait obéir !
Pygmalion sentit, dans ce moment suprême, Un souffle qui courbait en lui son âme même; Il perdit tout espoir. Vaincu, le front penché; — Justice ! cria-t-il, quel est donc mon péché?
c — Dieu, reprit Jupiter, alors plein d'assurance,
t Veut de loin apparaître à l'humaine espérance.
« Auteur de la nature, il en est la beauté.
« Pour divulguer ce trait de la divinité
« Il a formé l'artiste et les âmes choisies
c Qui portent le flambeau sacré des poésies.
« Doux à ces grands mortels, il fit grande leur part.
« Il donne à leur esprit des ailes; leur regard
« Va partout s'enivrer de visions sublimes ;
« L'harmonie en leur cœur descend des hautes cimes,
« Dans les confusions ils trouvent des accords,
« Ils ont des rêves saints qu'ils revêtent d'un corps ;
(( Ils créent, ils font renaître, et de leurs mains mortelles
« Ils jettent dans le temps des choses éternelles,
« D'invincibles vivants que le monde enchanté
a Couronne de leur nom par la mort respecté.
a Mais Dieu veut qu'à son plan leur travail se ramène :
a Ils doivent enrichir de Dieu l'espèce humaine,
« Et se rendre avec lui sobres et généreux.
« Ils lui volent ses dons s'ils tes gardent pour eux;
« Ils dérobent à l'homme exilé sur la terre
« Le bienfait qu'il attend, l'adorable mystère
« Qui, lui montrant le vrai revêtu de splendeur,
« Met la joie en ses yeux et l'amour dans son oœur.
« Or, quel est ton péché? Le voilà ! Ta statue
« Etait ce beau que l'Art devine et restitue.
« C'était le corps parfait. Dans un ravissement
« Dieu te l'avait montré, tel qu'au
« Lui-même il le créa, noble et cligne d'hoi
« Et lui-même, guidant ta main en cet ouvrage,
« Comme à l'heure clémente où naquit la Beauté,
« Y versa toute grâce et toute chasteté.
« Par ce présent divin, en sa candeur première
ce II révélait la vierge, ornement de la terre,
« Et la belle snocence et l'amour épuré.
« Ce don fait amx mortels, ta Tas déshonoré,
« Tu l'as anéanti! Ta fureur égoïste
« A trahi d'un seul coup l'œuvre, l'art et l'artiste.
« Qu'attendi-tu maintenant, quand ton lâche larcin
« Du Créateur suprême a brisé le dessein?
« Sa justice, exauçant ta prière parjure,
« A changé le saint marbre en une chair impure .
« Tu Tas voulu, c'est fait. N'embrasse plus nos pieds.
« Tes vœux sont accomplis, c'est-à-dire expiés.
« Tu demandais la mort, te devait-on la vie?
« Au genre humain, pour toi, Galatée est ravie t
« Les siècles n'auront pas ce poème d'amour;
« Tu le leur as volé pour le lire un seul jour,
« Mais le larcin ne livre à ta main adultère,
« Au lieu du chant divin, qu'un alphabet vulgaire.
« La chair n'est que jolie et le marbre était beau.
« Il était immortel ! A la chair, le tombeau !
« Et pour te montrer mieux ta sacrilège injure,
« Le marbre était l'amour, la chair est la luxure !
a Prends la donc, cette chair; emporte ce butin.
« Parricide de l'art, fais ton digne festin ;
« Assouvis-toi. Tu perds à cette ignominie
<c Ta gloire, ton amour, ton œuvre et ton génie. »
Pygmalion tomba, sur le sol renversé.
Ces raisons par sa tête avaient déjà passé,
Mais sans qu'il en voulût admettre l'importance.
Quand Jupiter parla comme sa conscience,
Il s'avoua coupable et justement puni •
De l'art et du bonheur il se voyait banni}
Et sentait dominer dans son âme inquiète,
Sur l'horreur du péché celle de la défaite.
Galatée était là, très-calme. Elle bâillait.
D'un geste involontaire il chercha son maillet,
Son ciseau, croyant voir sur ce charmant visage.
Des rides qui déjà le gâtaient fort., L'ouvrage
N'avait pas été fait pour qu'on le vit bâiller,
Ni non plus épaissir, maigrir ou s'érailler.
Or, ses proportions si justes et si belles,
De jour en jour souffraient vingt atteintes mortelles,
Et tout semblait courir vers le laid, à grands pas.
Mais si le laid venait, l'esprit ne venait pas.
Galatée était bête ; et l'artiste infidèle,
Desespéré, se dit enfin : — « C'est un modèle! »
Ce fut son dernier cri, sa dernière lueur.
Imbécile vaincu de la femme sans cœur, N'en étant pas aimé, ne l'aimant plus lui-même,
À cette chair soumis par un arrêt suprême»
Il entra dans son bagne; et du sommet altier
Où Pavait porté l'Art, il déchut au métier.
La sotte Galatée aimait fort les toilettes :
Pour payer ses atours, il ut des statuettes
Qu'achetaient en secret quelques vieux garnements.
Tant qu'on*le paya cher, de froids embrassements
Lui donnèrent des fils dont Athènes surprise
Ne cessait d'admirer l'orgueil et sottise.
Ils peuplèrent beaucoup; et ces postérités,
Dans l'Art, font ces gens-là qu'on nomme les Ratés.
■40fr>