‹ Les coulisses de l'expositionChapitre 187 sur 212 · MINISTÈRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DE LA GUERRE

Vers le milieu de l’allée centrale qui conduit de la Seine à l’Hôtel des Invalides s’élève le palais de l’Exposition du ministère de la Guerre.

Une véritable porte de forteresse moyen âge, ornée de panoplies en relief, avec fossé, pont-levis, herse et tout l’attirail de l’entrée d’un fort donne accès à ce palais d’un aspect grandiose, monumental, et dont les constructions provisoires présentent toute l’apparence d’un édiûce qui doit durer.

Quand, après avoir visité les admirables produits du travail, le merveilleux et puissant outillage de l’industrie, on pénètre dans ce monument, une sensation étrange s’empare de vous. Les engins de défense et de destruction sont aussi remarquables que les outils du travail et les appareils de production.

COULISSES DE l’eXPOSITION

Pour sa protection l’homme déploie autant de génie et d’énergie que pour ses besoins.

Après avoir passé le pont-levis, à droite et à gauche, dans la cour qui précède la porte du palais construit par M. Walwin, architecte du ministère delà Marine, on voit, sur des plates-formes, les plus grosses pièces d’artillerie du matériel de terre, des pièces de 132 et 135 millimètres.

Le vestibule du Palais offre l’aspect des grands casernements construits sousLouis XIV etLouisXV.

En entrant, deux grandes nefs s’offrent à nous ; dans celle de droite, l’industrie métallurgique relative à l’armée étale ses produits. Parmi ceux-ci nous remarquons particulièrement une plaque de blindage, de 50 centimètres d’épaisseur, contre laquelle les projectiles les plus puissants n’ont produit que des éraflures insignifiantes.

A noter aussi des pièces du poids de 66 tonnes et de 14 mètres de longueur, conçues et fondues par M. Canet, ingénieur des chantiers de la Méditerranée. Ajoutons que ces pièces appartiennent au ministère de la Marine qui, n’ayant pu obtenir du Parlement un budget suffisant, est venu demander l’hospitalité au ministre de la Guerre.

Cet arrangement amiable entre la Guerre et la Marine, a permis de placer, dans une salle en retour vers la droite, les admirables cartes hydrographiques et les modèles de tous les effets d’habillement et d’équipement en usage chez nos marins. Près de là mentionnons le panorama de Sevron-Lyvry, champ de tir et d'expérience de notre artillerie de mer.

La nef de gauche, où nous arrivons, est divisée en plusieurs salles. Nous voyons d’abord une sorte d’histoire rétrospective du génie militaire, des plans en relief, des retranchements, des fortifications, les collections que tout le monde a pu voir dans les combles de l’Hôtel des Invalides, et la série des uniformes du génie, depuis la création de ce corps d’élite par Vauban.

Vient ensuite la salle de l’artillerie. L’uniforme des artilleurs y a son histoire à côté de celle de la bouche à feu, depuis les temps les plus reculés. Le visiteur peut voir, en petits modèles, et sur des tables bien en vue, tous les canons, affûts et moyens de transport ; mais il doit se contenter de les voir. Pas n’est besoin de dire que l’examen, le démontage et l’étude de ces jolis joujoux sont interdits avec la plus grande rigueur. Voyez et méditez !

La télégraphie militaire et ses divers procédés, le génie, l’artillerie avec tous leurs engins, leur outillage, et leurs armes, occupent les salles suivantes. Il y a bien là un atelier de l’artillerie où se pratique le démontage du fusil à répétition, seulement il n’y a pas d’inquiétude... ou d’espérance à avoir, ce n’est pas le fusil Lebel, mais un modèle antérieur qui n’a pas été adopté.

Page 1