FORÊTS
En face, sur le versant droit du jardin, se dresse le pavillon des Forêts. C’est au milieu de la Forêt de Fontainebleau, au carrefour de la Croix de Toulouse qu’il a été construit sommairement pour être achevé plus tard sous la direction de M. Lucien Leblanc, architecte... par M. Souc, entrepreneur.
Ce qui distingue ce pavillon des chalets construits jusqu’à ce jour, c’est la décoration extérieure. Elle est faite exclusivement en rustique, c’est-à-dire en panneau de bois non écorce, provenant des coupes de la forêt. Tout est en bois, même les toits qui sont faits de milliers de planchettes de chêne découpées.
La construction, non compris les annexes, occupe une superficie de 1,591 mètres carrés (43 mètres sur 47), et son élévation est de 20 mètres. Il a été employé pour ce travail 1,800 mètres cubes de bois entièrement pris dans la forêt de Fontainebleau.
Un vaste portique, d’une simplicité majestueuse, donne accès dans la grande galerie du bas, autour de laquelle est ménagé un promenoir. Cette galerie, formée d’arbres et de panneaux très divers « sur peaux » est entièrement polychrome, grâce aux teintes diverses qui se mettent l’une et l’autre en valeur. De loin, les colonnes de chênes, hêtres, érables entiers non écorcés, jouant le marbre, font le plus bel effet. Par l’appareillage, le choix des proportions et des motifs d’ornementation, l’intelligent constructeur, M. Souc, est arrivé à un effet très curieux et inconnu jusqu’à ce jour.
Il faut surtout admirer les chapiteaux des colonnes intérieures qui sont formés par l’entrelacement de branchettes et offrent à l’œil le plus gracieux et le plus élégant motif architectural.
Il y a aussi par là des plafonds étonnants où les écorces juxtaposées jouent merveilleusement la peinture ou la mosaïque. En certains points des troncs à moitié détruits par le temps sont placés en
culs-de-lampe et produisent un effet dont on ne se fait pas une idée.
En un mot c’est l’art de la mosaïque appliqué à la construction des chalets tant sur la façade que dans les pièces intérieures, sur les balcons et sur les toits même. — Nous voulons, me disait M. Souc, que notre pavillon ait autant de couleur, qu’il donne une aussi grande impression de polychromie que le pavillon des travaux publics...
Ce véritable monument ligneux abrite des collections forestières, particulièrement intéressantes, la France possédant des essences de bois qui varient à l’infini. Son installation avec les outils et les procédés de travail dans le local original que nous venons d’esquisser , attire l’attention des visiteurs qui s’arrêtent étonnés et charmés à la vue de ce chef-d’œuvre.
En contre-bas et dans le fond de l’édifice est installée une rocaille avec pièce d’eau, le tout très gracieux, et derrière encore on pourra admirer des vues dioramiques représentant des sites alpins et qui sont dues au pinceau de M. Galpin.
C’est l’Etat qui fait les frais (110,000 francs) de cette Exposition forestière !