La flotte était de soixante galères
déchue montra une haute fermeté et une dignité plus grande : loin d'engager les Provençaux à reconnaître Durazzo pour leur comte légitime, elle déclara aux capitaines de la flotte que leur seul droit suzerain était le duc d'Anjou, à qui ils devaient le serment d'allégeance. Durazzo en vint aux menaces. La reine, qui comprit et accepta sa destinée fatale, déclara une seconde fois que le seul et véritable suzerain était le duc d'Anjou : « Seigneurs chevaliers, dit-elle, je sais le sort qui m'attend ; dites au duc de venir me venger du brigand qui me tient captive \ »
Jeanne ainsi pressentait les vengeances sanglantes d'un implacable ennemi. Quand la flotte marseillaise se l'ut éloignée, Charles Durazzo envoya la reine captive au château de Murano, dans la IJasilicate, sous la garde de quelques Hongrois dévoués à leur duc; elle y demeura jusqu'au 10 mai. Les Français, sous le duc d'Anjou, approchaient pour la délivrer, lorsqu'un ordre mystérieux fut donné pour la mettre à mort. Affreuse tragédie! selon quelques traditions, Jeanne fut étranglée par les Hongrois et pendue comme l'avait été son premier mari : souvenir et représailles! D'autres traditions disent qu'elle