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JÉRÔME Oui. Je me demande comment ils ont pu faire pour mettre c’te statue-là là-dessus.
LANTONNARD
Imbécile, y ont fait des échafauds, quin.
LABROCHE Et c’te grande rivière qui est pas loin de là?
FRÉMIcHOoT
Ça doit être le Saint-Laurent, à ce que je crois.
LABROCHE Pour ça, je ne voudrais pas vous contredire, mais sûrement, c’est pas le Saint-Laurent.
FREÉMICHOT
Comment donc ?
LABROCHE
Parce que le St-Laurent, c’est à Trois-Rivières qu'ilest. Je l’ai vu moi, aux deux fois que j'y suis été. Il peut pas être à Montréal et à Trois- Rivières en même temps.
FRÉMICHOT
Je ne vous contredirai pas.
LANTONNARD
En tous cas c’est une fameuse rivière, pour avoir
is. QE : me
pu se faire un chemin à travers tan‘ de ponts, : 1] w tant de bateaux, tant d’îles et de rochers. Là aire
FRÉMICHOT 14
Vous pensez bien que c’est pas un petit ruisseau À gros comme rien qui serait venu dans une ville à. comme Montréal. |
LANTONNARD
Pardon de vous couper la parole, M. Frémichot, mais c'est vous, je crois, qui payez la bière, à ce ; que vous avez dit ?
FRÉMIiCHOT
Mais, je n’ai pas dit ça. C’est le père Labroche, mais plutôt.
LABROCHE Moi, non. J'ai accepté seulement. 4 a A LANTONNARD eh | À Alors, jouons-le, si vous voulez.
ières L suis FRÉMICHOT l TOÏS- |
Oui, c’est cela, ça nous reposera. Gärçon, garçon.
LE GARÇON Voilà, monsieur.
FRÉMICHOT
avoir Avez-vous un pigeon-hole, ici ?
dé, 4D
LE GARÇON
Un pigeon-hole? Non. Nous avons le billard, le pool, les cartes.
FRÉMICHOT
Des cartes, alors.
| LANTONNARD
Non, pas des cartes. On sait pas comment elles
| sont faites Scns ce pays-ci; il n’y a pas moyen de | D jouer ave:
| | | Hu | | !
| | | Mi : Fa 1} Ÿ Hi 18 h !
LE : GARÇON Des domin&s ?
Tous Oui, c’est cela, c’est cela, des dominus. (Le garçon les apporte.) FrRÉéMicHor
Chacun sept, n'est-ce pas, et l’on pique au tas.
(Pendant ce temps Narcisse et Jérôme se mettent à lire le journal en épelant avec leur doigt.)
Le double-six. (ls posent tous trois.)
FRÉMICHOT
Tiens, il y a trois double-six. Comment que ça | ge fait ?...Ah ! père Labroche, c’est le double cinq 11 que vous avez...Et vous, Lantonnard, c’est le cinq et 8ixe
ss SG
NME Smet vs
LANTONNARD | lard, le * , ; à à Aussi, les points sont si fins. (ls jouent plusieurs | coups en appelant leurs points.) À LABROCHE Ë Blanc partout. à LANTONNARD nt elles J en t pas.
yen de e peux pas FRÉMICHOT L Et bien, piquez au tas.
LANTONNARD En voilà justement. (Is jouent encore quelques PATEQN coups.) of LANTONNARD ÿl tas. | Voilà, c'est fini, gagné.
tath e à lire FRÉMICHOT Comment? Mais, vous seul en avez repris, et vous finissez le premier, c’est pas possible. : LANTONNARD ; H Oui, c’est possible, puisque j'ai fini na! | que ça .
> cinq LABROCHE (en en voyant trois sur les genoux de | ing et | Lantonnard),
Et ces trois-]à ?
nn LÉ
LANTONNARD
Ah! ils ne sont pas à moi.
FRÉMICHOT
Comment ! voilà le cinq et le six que vous aviez au commencement. Æ
LAN:ONNARD
Alors, il y a-z-erreur.
LABROCHE
Oui, et les dominos n'étaient pas mêlés. (ls recommencent. Ici peuvent entrer deux musiciens ou chanteurs exécutant un morceau ou une romance, et recevant ensuite quelques monnaies des assistants.)
hi | |A N'ARCISSE | Cristi, que je voudrais bien voir ça.
FRÉMICHOT ]
Quoi donc ?
A rss
NARCISSE | Ça marque dans le journal que cette après-midi, : + ; à une heure, il y aura une partie de base-ball entre ! [A | ie club de $St-Alban et le National, pi à trois heures | à une partie de crosse entre les Shamrocks et le Na- | | tional. Tout ça, pour vingt-cinq centins. A. El || JÉRÔME
Bonyaine, on devrait y aller, c’est p’tête ben la première et la dernière fois qu’on verra ça.
aviez
Ils re- Ms ou | D 4 re-
midi, entre
eures e Na-
en la
dr UE de
FRÉMICHOT
Ça n’en vaut pas la peine.
Finissons d’abord notre partie. Allez, posez, père Labroche. A vous, M. Frémichot. A moi, quatre et cinq...voilà, j'ai gagné, ce n’est pas moi qui paie. (Jls se lèvent.)
LABROCHE
Ni moi non plus, fini.
FRÉMICHOT
Ah ! mais un instant !.. Il y a ici un quatre contre un trois; qui est-ce qui a mis ça ?
LANTONNARD
C’est pas moi. J'ai pas eu de quatre de toute la partie.
LABROCHE C’est moi qui avais posé le numéro d'avant... FRÉMICHOT
Enfin, je fais comme si j'avais perdu.
LANTONNARD
Alors, nous allons voir la partie du National ?
FRÉMICHOT
Non, M. Lantonnard, cela n’a rien d’intéressant.
DER ARE PNR rt EURE RE 2
UT
Des joueurs et du monde, du monde et des joueurs, c’est toujours bonnet blanc, blanc bonnet.
NARCISSE
C’est pas tout : le journal dit encore qu’à soir il y aura une grande manifestation des chevaliers du travail par les rues de la ville. La réunion a lieu sur le Champs-de-Mars et on s’attend à des troubles, car ils veulent commencer une grève générale. La police et les volontaires sont sur pied.
LANTONNARD
Faudrait rester pour voir ça itou.
LABROCHE
Mais j'vous comprends pu, père Lantonnard, vous voilà avec des idées de dépenses et de tapage que j'vous connaissais pas avant.
Et bien, on s’débauche, quoi. On vient pas en ville tous les jours, mais quand on y vient faut tout voir.
FRÉMICHOT
RER CRE NA IR PNR ED A PRO ANREPNEET Pr 5 T PmR Emrme es Date re © >
C'est pas sage ce que vous faites là, père Lantonnard. Vous le regretterez sûrement. C’est moi qui vous le dis.
; | LANTONNARD
Votons alors, puisque c’est la majorité qui fait le suüffrage uniservel. Ceux qui sont pour y aller, par
oueurs,
soir il liers du 1 a lieu oubles, le. La
nnard, ta page
as en , faut
ntoni qui
iit le 1 par
se DE cu
ici. (Narcisse seul y vient.) Ceux qui sont contre, de l’autre côté. (Jérôme, Frémichot, Labroche passent de l'autre côté.)
FRÉMICHOT
C’est nous qui avons la majorité.
LANTONNARD Non, c’est nous.
LABROCHE
Comment ! c’est un peu fort.
LANTONNARD
Pas du tout. M. Frémichot est contre, ça fait donc une voix.
LABROCHE
Et nous deux, ça fait trois.
LANTONNARD
Non, attendez. Vous d’abord, père Labroche, vous êtes influencé par Narcisse, parce que s’il n’avait pas parlé des chevaliers du travail, vous n’auriez pas voté contre.
LABROCHE
Ca, c'est vrai.
LANTONNARD Nous voyez bien. Et puis, vous avez influencé votre fils Jérôme, puisque vous êtes son père. Vous êtes donc influencés tous deux, alors votre opinion
ETS anne Cane ans,