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LES MÊMES, UN JUGE, UN GREFFIER

UN POLICEMAN Silence, la Cour!

Le juge et le greffier prennent leur place. Durant les scènes suivantes, les policemen, placés en arrière des accusés, ni semblent faire leur possible pour y tenir les prisonniers | assis et tranquilles, sans cependant nuire au jeu des autres acteurs. Celui qui est à l’arrière-plan se contente de crier silence ! de temps à autre.

LE JUGE

Greffier, faites l’appel des causes du jour.

LE GREFFIER

Votre Honneur, la première cause sur le rôle est celle de Paul Lantonnard, accuté d’avoir pris part à l’émeute d’hier soir.

L’AVOCAT

Qu'il plaise à la cour. Je représente ici l’accusé Lantonnard ainsi que les autres prévenus accusés du même délit; mais attendu que l’acte d’accusation est le même contre chacun d’eux, je demanderais à la cour que mes clients subissent leur procès ensemble, afin de prendre le moins de temps possible.

LE JUGE

Vous n'avez pas d’objection, monsieur le greffier ?

LE GREFFIER

Aucune, Votre Honneur.

LE JUGE

Alors, lisez l'acte d’accusation contre les cinq prévenus.

LE GREFFIER

Jean Frémichot, Paul Lantonnard, Narcisse Lantonnard, Noël Labroche, Jérôme Labroche, tous

résidants de la paroïsse de St-Nicomède, dans le comté de Chicoutimi, vous êtes accusés d’avoir pris part à un attroupement illégal, lundi, le dix septembre dernier, et d’avoir contribué à troubler tumultueusement la paix publique.

Plaidez-vous coupables ou non coupables.

4 C2 A Tous

Non coupables, non coupables.

LE GREFFIER

Nous allons faire la preuve. Premier témoin :

LE POLICEMAN, (entrant dans lu boîte aux témoins)

LE GREFFIER

Veuillez dire à la cour ce que vous connaissez à propos de l’'émeute qui a motivé votre arrestation.

né M ue LE POLICEMAN

Hier soir, vers huit heures, les chevaliers du

wref- : À File travail s'étaient réunis sur le Champ de Mars et se préparaient à se mettre en procession lorsqu'une bagarre s’est élevée à un bout du champ, près de la rue St-Gabriel. Le corps de police dont je faisais partie s’est immédiatement porté vers cet endroit et nous avons arrêté une dizaine d'individus, parmi cinq lesquels se trouvaient les accusés.

LE GREFFIER L Les avez-vous vus se battre ?

antous LE POLICEMAN s le He : ’ pris Non, mais ils étaient dans la mélée et nous sep- avions ordre d'arrêter tous ceux qui étaient là. r tu- LE GREFFIER C’est bien. C’est votre témoin, M. l'avocat.

L'AVOCAT Pas de questions à poser.

LE GREFFIER Paul Lantonnard.

ns) Les ACCUSÉS (se levant ensemble) ss à M. le Juge, pardon, nous n'avons rien Lu nous ton le jurons.

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fl ne De

pi LE JUGE

[l Asseyez-vous et attendez qu’on vous interroge pour répondre. Accusé Lantonnard, levez-vous.

LE GREFFIER Vous êtes arrivé hier matin de Laurierville.

| Aviez-vous l'intention de vous mêler aux désordres qui ont troublé une partie de Montréal ?

Non, Monsieur le Juge, je vous promets...

LE GREFFIER

Comment ? vous n'êtes pas arrivé à Montréal hier matin ? vous avez déjeuné dans un petit res-

taurant..….

FRÉMICHOT Si vous me le permettez, je vous ferai observer,

M. le juge...

LE JUGE

Taisez-vous ! Vous parlerez à votre tour.

ro tn mme A nr " à ” :

LE GREFFIER

Du restaurant vous vous êtes dirigé sur le terrain du National et de là vous êtes revenus au Champ de Mars, vous aviez des armes cachées et vous avez

été pris en flagrant délit par la police.

LANTONNARD

Je vous jure, M. le juge, si j’ai été pris en flagrant délit, c’est tout à fait contre mon intention.

Rte pee-yenaee De

HO

| LE JUGE rroge L Naturellement. Mais vous avouez le flagrant ! US. délit. Cela suffit. Asseyez-vous. i

LE GREFFIER

ville. 11 Noël Labroche, vous avez été arrêté un sabre à rdres la main.

LABROCHE (æ levant)

Mon juge, c’est innocemment, car je suis ï né avec le respect de la loi, et quand après :. le décès de feu mon père, ma paroisse natale m'a confié les fonctions respectatives de bedeau, suisse, sacristain et constable spécial, je me suis verbale-

bien.

ntréal L l

A ment assermenté.… !

LE JUGE L

Pas tant de phrases. Aviez-vous, oui ou non, un |

>rver sabre à la main lors de votre arrestation ? | LABROCHE

C’est selon, mon juge. 1]

LE JUGE

| Selon quoi ? Ce sabre ne marchaït pas tout seul. :

XTaIn Vous l’aviez en main. |

1am p 1

avez LABROCHE ë

le

C’est certain que. ;

LE JUGE À

grant Vous avouez aussi le flagrant délit? Vous faites À

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