SCÈNE XV LARIVÉ, LANTONNARD. LABROCHE, NAR- CISSE, FRÉMICHOT, JËÉROME
LaARIVÉ
Quel malheur, mon cher monsieur Frémichot, quelle catastrophe !
LANTONNARD
Allons, allons, il ne faut pas se lamenter comme cela. Après tout, si on n’est pas député, et bien... on ne l’est pas, voilà tout !
LARIVÉ C’est vrai, mon bon cousin; mais, vois-{u, quand on a acheté un habit de drap et qu'on se sent l’étoffe d’un député, ah !.….
FRÉMIicHOT
Moi, je crois que si monsieur Larivé voulait re-
venir au pays, avec l'instruction qu’il a reçue et les jolies protections qu’il a... ,
LANTONNARD ‘Une idée !
Tous
Quoi donc, quoi donc ?
LANTONNARD
Monsieur Quintillien qui veut se retirer des affaires...
Tous
Ca, c’est une idée, une riche idée.
LANTONNARD
Hein! C’est moi qui l’ai trouvée !
LARIVÉ
Monsieur Quintillien ?
LANTONNARD
Oui, le principal marchand de notre paroisse ; il voudrait vendre son stock.
FRÉMICHOT
Il voudrait avoir un gendre.
Et un gendre ? Ça, mon garçon, c’est ton affaire ;
tu n'es pas mal tourné, assez finassier pour le métier, bien vu dans le pays, etc., etc...
LABROCHE Et ancien député !
LARIVÉ
Mais combien en veut-il de son magasin ?
LANTONNARD
Pas trop cher, et on te prêtera au besoin. Tu nous revaudras cela dans nos petites affaires, pas vrai ? |
LARIVÉ (yleurant)
Eh bien, je suis bien content Oui (pleurant davantage), je suis très content de cet arrangement-là.
LANTONNARD
Nous aussi, tiens! voilà que notre voyage va être plus gai en allant qu'en venant.
LARIVÉ (toujours pleurant) Adieu donc à la carrière politique. (1! quitte son habit et le jette.) FRÉMICHOT
Ah, Monsieur Larivé, c’est un meurtre de jeter un habit pareil. Il faut emporter cela au pays. (Z
le ramasse et le lui remet.)
Ni
biens
LARIVÉ
C'est vrai. Il me coûte assez cher. (Ça peut servir pour mon inariage.
LABROCHE
Et il faut le conserver.
LANTONNARD
Encore une idée !
Tous
Quoi donc?
LANTONNARD
Qi on s’en allait à c’heure ?
LABROCHE
C’est une bonne idée, ça, une très bonne idée.
Tous
Eh bien ! allons-nous-en.