LA CÉPHALÉE
I] est rare, disons-nous, que les malades n’aient pas souffert de la tête à un moment donné de l’évolution de leur tumeur. Cette céphalée a des caractères très variables suivant les cas.
Parfois elle est très intense, généralisée, pénible, donnant une impression de distension, de tête trop pleine, de coups continuels dans la tête. Les malades geignent, s’agitent, portent la main à leur tête, se protègent de la lumière.
Dans d’autres cas elle est très supportable. Le malade se plaint de sa tête, mais il garde encore une activité normale malgré cette céphalée. Certains enfants continuent à fréquenter l’école, certains adultes font leur métier.
Parfois la céphalée est généralisée à toute la tête ; elle peut s'accompagner d’irradiations vers la nuque, le dos, voire même le rachis ou les bras.
Dans d’autres cas elle est localisée, frontale, ou occipitale, elle ‘peut être bilatérale, parfois cependant elle prédomine d’un côté. Elle peut être rétro-orbitaire donnant une sensation d’arrachement assez superficielle, et différente de la tension pénible que les malades éprouvent le plus souvent.
La céphalée est rarement continuelle, le plus souvent elle évolue par crises. Parfois, cependant, il n’y a pas de rémission, et aux dires des malades ils souffrent sans arrêt d’une céphalée peu
intense, lourdeur de tête qui ne les quitte pas. Mais, dans ce cas, il est bien rare de ne pas retrouver de paroxysme à cette cépha- F lée. A l’occasion d’un effort, d’ un répas, Ou au réveil, la céphalée est plus intense.
Le plus souvent, cette céphalée, du moins au début, est inter- mittente. Le malade souffre par crises, il présente une ou plusieurs crises dans la journée. Entre les crises il ne se plaint pas, et conserve une activité sociale normale. Les causes qui déclanchent ces crises sont variables. Souvent elles sont très imprécises ; les malades invoquent l’effort, les repas, les changements de position de la tête ; se baisser pour ramasser un objet par terre déclenche la douleur.
Parfois cette céphalée présente un caractère plus intéressant. Elle survient le matin, à la fin de la nuit. Alors que le malade s’est couché sans souffrir, il est réveillé entre 2 heures et 6 heures du matin par sa céphalée. Celle-ci se calme au bout de quelques heures ; si le malade vient à se rendormir la céphalée réapparaît.
Clovis VINCENT accorde une grosse valeur à la céphalée de la « deuxième partie de la nuit ». Il a remarqué qu’elle est souvent symptomatique d’un blocage à l’écoulement normal du liquide ventriculaire. La vagotonie physiologique à la fin de la nuit, provoque une hypersecrétion du liquide céphalo-rachidien, et la douleur apparaît au moment de la distension maximum des ventricules.
Surtout la céphalée varie d’un jour à l’autre, certains malades souffrent de leur tête pendant 24 ou 48 heures, puis tout rentre dans l’ordre pendant des semaines ou des mois, durant lesquelles la santé semble parfaite. Nous reviendrons sur l’intermittence des crises d’hypertension intra-cranienne.