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L'OBÉSITÉ

Depuis BaABinski, nous l'avons vu, le syndrome adiposogénital fait partie de la symptomatologie des tumeurs de l’hypophyse. Nous ne reviendrons pas sur les troubles génitaux qui sont ceux que:nous avons décrits.

L’obésité est parfois considérable. None. avons dans nos observations une homme de 33 ans, mesurant 1 m. 79 pesant 100 kilos ; une femme de 33 ans, mesurant 1 m. 62, pesant

75 kilos ; une filette de 13 ans, mesurant 1 m. 35, pesant 41 kilos.

I s’agit, dans ces cas, d’une obésité diffuse généralisée.

Mais, souvent, l’obésité est plus discrète, elle empâte les reliefs musculaires et donne un aspect corporel féminin. Elle prédomine à l’abdomen, dans la région périombilicale, au-dessus du pubis. Elle détermine des bourrelets au-dessus des hanches. Le panicule adipeux se développe également sur les fesses,

à la poitrine, où il alourdit les seins, à la racine des membres.

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L’obésité respecte volontiers les mains et les pieds. A la face, elle empâte le visage donnant un double menton, noyant les pommettes, réalisant un aspect lunaire.

WARTHIN a consacré à l'obésité un mémoire, dans lequel il montre que celle-ci est due à une infiltration cellulaire diffuse par un mélange de lipoïdes et d’éthers de la glycérine et de la cholestérine. Elle se rapproche, par là, du xanthélasma et de ladipose diabétique.

L’obésité peut exister isolément en dehors des troubles génitaux. De nombreux cas ont été signalés, BREGMANN et STEI- NHAUS, PASODI, ANDRÉ THOMAS, JUMENTIÉ, CHAUSSEBLANCHE, RopoLPne LEY, LEREBOULLET et BOULANGER, PILET. é Associée à l’infantilisme, l'obésité réalise le syndrome de de Babinski-Frœlich. On peut ainsi voir toutes les combinaisons entre les trois éléments du syndrome morphologique, petite taille, obésité, dystrophie génitale.

| À côté de ces trois éléments primordiaux, il y a tout un ensemble de petits signes morphologiques qui méritent que l’on s'arrête à les étudier : ce sont les troubles des téguments et des phanères.

La disposition des poils sur le corps est souvent anormale. Nous avons déjà signalé l’absence de poils pubiens et axillaires ; parfois les poils sont simplement peu abondants. Chez le garçon la disposition pubienne est féminine, à bord supérieur horizontal,

les poils sont fins ou raides, anormaux d’aspect. La barbe manque. Les sourcils sont mal dessinées, sans queue. Les cheveux sont anormaux, fins, cassants, mal plantés.

En d’autres cas il y à un certain degré d’hypertrichose. Durry rapporte un cas avec hypertrichose importante. Souvent, chez la fillette, dont la puberté se fait attendre, alors qu’il n’y a / pas de poils axillaires ni pubiens, il existe du poil sur les bras, les jambes, la base de la nuque. Il existe une ombre de moustache au coin des lèvres, des cheveux clairsemés resserrent le front qui est bas:et étroit.

Chez l'adulte, on observe parfois une chute rapide de tous les poils ou leur blanchiement en quelques mois.

La peau est souvent anormale. Elle est fine, blanchâtre, empâtée par la graisse. La face a souvent une teinte cireuse avec des varicosités aux pommettes. Les rides sont exagérées au front, aux plis nasogéniens, à l’angle externe de l’œil, donnant un aspect

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vieillot. Le teint de ces malades est très spécial et avec l’aspect des cheveux et des sourcils, pour peu qu'il y ait une obésité

légère qui empâte les joues et le menton, il leur donne une mor-

phologie très caractéristique.

Sur les membres, il est fréquent de voir du livédo. Aux mains l’acrocyanose est très fréquente. Les mains de ces malades sont souvent anormales ; elles sont souvent grandes, lourdes, les doigts sont courts. Bien souvent en les interrogeant, les malades adultes vous disent qu’ils ont dû, dans les mois ou les années précédentes, changer de pointure de chaussures ou de gants.

Dans l’ensemble, ces petits signes ont tendance à donner aux femmes un aspect masculin, à donner, au contraire, aux hommes, un aspect féminin. Ce sont tous ces signes qui réalisent le dyspituiratisme maigre décrit par CUSHING dans son rapport de 1922. I1 croit ces troubles en relation avec une lésion de l’infundibulum, et insiste sur le fait que ces malades sont souvent des asthéniques, des apathiques, qu’on observe souvent chez eux de la

somnolence, de la polyurie, et surtout des troubles trophiques

des extrémités.

Certes, tous ces petits signes ne peuvent, à eux seuls, faire porter le diagnostic, mais ils ne sont pas sans intérêt et chez un malade porteur d’hypertension intra-cranienne, ils peuvent orienter utilement le diagnostic.

Ts demandent à être recherchés avec soin car un caractère important de ce syndrome morphologique est la dissociation fréquente des symptômes. Et, à ce propos, nous ne pouvons que répéter les conclusions d’un article de Puecn, Bissery et BRUN.

«À côté du syndrome d’infantilisme hypophysaire classique, on.

voit souvent, dans les craniopharyngiomes des perturbatiors du

développement plus dissociées. Infantiles par certains côtés, les malades sont fréquemment (du point de vue morphologique,

génital, psychique) normaux ou même précoces par d’autres. »

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