COMPLAINTE
ON Dieu, la solitude Est à jamais en nous, Que ce soit le vent rude, Que ce soit le ciel doux Qui nous berce ou nous raille 1
Mon Dieu, ce cœur défaille.
C'est qu'il porte un amour Qui le berce et le blesse Sans trêve, nuit et jour.
C'est qu'il sait la caresse Du plus tendre des cœurs.
Voilà tout son malheur.
Mon Dieu, l'incertitude Est à jamais en nous, La plus douce attitude Ferait notre courroux Et parfois, l'ombre insiste.
Mon Dieu, ce cœur est triste I
\ Tous ne saurez jamais pourquoi mes yeux sont tristes . • Vous passerez devant ma maison close et grise Sans plus vous souvenir de ce beau soir d'été Que je voudrais, ma belle enfant, vous rapporter Comme une rose aimée un jour entre les roses. Svelte, vous passerez devant ma maison close, Jalouse de vous-même ainsi qu'un bel azur Et ne soupçonnant pas, par de là les vieux murs, Mon attristante et misérable lassitude ; Les roses du jardin que le jour gris dénude Effeuillent leur candeur ternie et leur espoir. Pourquoi ce souvenir si désolé d'un soir ?. . . Ah I sachez-le, que votre image ici demeure Et que, raillant le lieu et l'aventure et 1 heure, Malgré la nuit, malgré l'averse et les éclairs, Elle est en moi comme le ciel est dans la mer 1