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X... — Venez au pied delà statue, place de la République

// se lève pour s'en aller.

BiBi. — Pas si vite ! aboulez àw pognon , il me faut deux

écus {tunes) (Au garçon) Encore une bouteille! Et

ouste ! C'est, toujours, Monsieur qui paye!

X... glisse deux pièces de cinq francs à Bibi ; il règle les dépenses et sort. Bibi fait sonner en l'air les écus. Il est aussitôt très entouré. Ses amis lui demandent : qui qu' c'est que ce pante'^

Bibi répond :

C'est un cave qui m'fait porter un billet doux à une dame de la Haute.

( S' adressant au garçon) De l'absinthe, comme s'il en pleuvait ! Ce coup-là, c'est moi que j'paye !

(A part, à ses deux collègues d'affaires) Chut 1 Demain, rancard (rendez-vous) anguinche (bal) de la rue des Gravilliers.

Faudra prendre les scions (couteaux) et plaquer les confesses .

Y a turbin (travail) et du l)ath (bon) !

Tous boivent à la santé du Monsieur.

Le voleur est l'homme lige du receleur, car celui qui ne sait où écouler le produit de ses vols, est à la merci de la police.

On rencontre, parmi les receleurs, des brocanteurs, fripiers ^ bijoutiers, commerçants, négociants, agents d'affaires, etc., etc.

A chacun, sa spécialité : d'un côté, les acheteurs de vêtements, cafés, grains, liquides, chevaux, etc.; de l'autre, les connaisseurs en bijoux, pierres précieuses, tableaux, œuvres d'arts etc., les preneurs de titres et obligations frappés d'opposition — Ceux-ci restituent les valeurs à leur véritable propriétaire, moyennant une somme fixée d'avance, par l'entremise de certaines maisons de crédit, établies à l'étranger.

D'aucuns paient dans les vingt-quatre heures.

La plupart sont mous à la détente. « Que voulez-vous ? Les

temps sont durs et le métier, quoique très lucratif, est chanceux ! »

Comme tout autre, en effet, le métier de receleur a son apprentissage. Le receleur doit redouter que, tôt ou tard, les voleurs le dénoncent. Souci inquiétant est aussi le flagrant délit de recel. Sans compter le danger auquel expose la vente delà chose volée, surtout si cette vente se fait, par la voie d'un inlermédiaire et sous un faux nom.

Il est d'usage de ne montrer au receleur qu'une partie des objets qu'on veut lui vendre, car tout bon receleur est plus voleur que le voleur lui-même. Plus celui-ci paraît embarrassé, plus son complice l'exploite.

Ordinairement, l'or se paie 2 francs le gramme, et l'argent 0,04 centimes. Mais, bien souvent, la balance du receleur est fausse, tout comme les poids.

Un receleur très connu, c'est le Mont-de-piété.

Munis de papiers établissant leur identité, les voleurs offrent les objets volés, en gage de la somme qu'on leur avance. Dans ce cas, disent-ils, il importe de se présenter au Mont-de-piété, avant que le vol n'y ait été signalé.

Tout receleur, qui n'est pas traqué, ne tarde pas à s'enrichir. Après l'arrière-boutique, vient l'entrepôt. Bientôt, il peut faire la nique à la police.

A signaler, parmi les métaux que les faux monnayeurs allient, le plus fréquemment, pour la fabrication des pièces blanches :

V le nickel, le zinc, l'antimoine et le cuivre ;

2' le nickel, l'étain, le zinc et le cuivre ;

3° le nickel, le plomb, le cuivre, l'antimoine et l'étain.

Dans la composition des pièces jaunes, entrent, généralement, du nickel et du cuivre, saupoudrés de bismuth.

La dorure galvanique aide à la méprise.

Cependant, les pièces fausses se distinguent, par un poids moindre, des pièces frappées à l'hôtel de la Monnaie.

Un creuset en terre réfractaire, une lime douce^ des tenailles tranchantes et des moules de différentes dimensions, tels sont les outils du faux monnayeur.

Les moules se préparent avec un mélange de 250 grammes de plâtre fin (pour ornement), 50 grammes d'alun, 50 grammes d'huile de lin, 100 grammes d'eau et quelques grammes de poudre de marbre.

Les pièces à imiter sont décapées.

Ayant choisi une pièce de 2 francs, à l'effigie bien nette, le faux monnayeur la place sur un carreau de vitre et l'entoure, à une certaine distance de ses bords, d'un encaissement, haut de 2 centimètres. Dans l'espace ainsi circonscrit^ il coule une quantité suffisante du mélange. Sous l'influence d'une douce chaleur, celui-ci forme un corps solide, résistant.

La pièce s'y trouve emprisonnée, par le côté pile, par exemple.

Pour obtenir l'image du revers, il graisse légèrement toute la surface du plâtre, qui reposait sur le verre^, et, sur cette surface, il établit un nouvel encaissement qu'il nivelle avec le mélange.

On sépare les deux parties.

Alors, se pratiquent : la veine, par laquelle s'efïectuera le coulage, et la double petite ouverture, en forme d'entonnoir, qui doit permettre au métal en fusion de chasser l'air du moule.

Le moule des pièces de 5 et 20 francs est plus compliqué, en raison de l'inscription : « Dieu protège la France », frappée sur le pourtour.

Des deux côtés de la pièce à imiter, introduite au centre d'un tube en carton, on verse, alternativement, la pâte du mélange.

Le rondin, qui en résulte, est graissé, puis couché dans une boîte — un peu inférieure, en hauteur, au diamètre de la pièce — qu'on remplit du même plâtre liquide.

A la surface;, après durcissement, il est facile d'établir un encaissement et d'achever le moule.

Celui-ci comprend 5 parties . une pour l'effigie, une pour le revers, et trois pour le pourtour.

C'est par un mélange de corps divers, en proportions déterminées, que s'obtiennent les pâtes ou matières explosibles, en usage dans les milieux anarchistes.

Quelques-unes de ces pâtes produisent des effets surprenants, telles :

1° Chlorate de potasse, soufre pulvérisé, essence de térébenthine et eau ;

2° Chlorate de potasse, sulfure d'antimoine, chrome brûlé, colle de poison et eau ;

3° Deutoxyde de plomba sulfure d'antimoine, chlorate de potasse, colle forte et eau ;

4° Picrate de potasse, deutoxyde de plomb, sulfure d'antimoine, colle de poisson et eau.

Les bombes — en général : boîtes, de forme carrée, en ferblanc, ou marmites en métal quelconque — sont de deux sortes :

1° A renversement ;

2° A temps déterminé.

La bombe « à renversement » a son fond tapissé de projectiles. Sur les projectiles, se trouve la pâte explosible, dans laquelle le doigt a creusé un petit trou qui sert de magasin à poudre. Par-dessus la poudre (une capsule de fulminate la remplace avantageusement), s'étale une couche de sodium. Des balles, clous, etc., remplissent les interstices.

Après immobilisation, les parties sus-mentionnées sont appliquées, sens dessus dessous, sur le couvercle de la boite,

Ch. l'EuniKU. 2:4

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qu'une petite cavité, contenant de l'eau, déprime en son milieu.

Voilà l'engin armé.

Un simple renversement suffit pour que l'explosion ait lieu.

Au contact de l'eau, le sodium s'enflamme et communique le feu à la poudre.

La bombe « à temps déterminé » est traversée, dans sa partie supérieure, par un tube en verre, rempli de fulmi-coton. L'extrémité inférieure du tube repose sur un tampon de sodium. A l'autre bout, est placé un récipient d'eau. Quand celle-ci arrive sur le sodium, la détonation se produit.

L'argot varie d'un groupe d'individus à l'autre. -

Pour désigner un agent de ville, le « petit voyou » dira : un sergot; le a banquiste )) — nomade s'établissant dans une ville, pour la durée d'une fête — emploiera l'expression : la secrète ; le « souteneur », le « grec », le a pègre )) jargonneront : l'un, la rousse ; l'autre, la poule ; le troisième, la machine.

Les pègres parlent par figure, quand ils appellent : lourde, une porte ; dur, une pince-monseigneur.

Le mot lourde témoigne de la solidité de la porte et du mal qu'il faut se donner pour l'enfoncer. Dur montre la résistance que la pince doit avoir.

Au pluriel, ce dernier mot signifie : travaux forcés.

Dès que le besoin s'en fait sentir, des changements sont apportés dans les termes d'argot. Nos aTgotiers se piquent, d'ailleurs, d'être dans le mouvement. Aussi bien, n'ont-ils pas mille moyens d'enrichir leur glossaire? De Job (fou, idiot), ils ont lait jobard, jobasù^e, nobard du jo.

Et, qui dirait que nobard du jo, à l'air si barbare, n'est au fond que ce débonnaire et placide jobard, maquillé suivant le procédé simpliste des pègres de Lyon, Marseille, Toulouse et autres lieux ?

Le mécanisme est facile à saisir.

La première lettre (j ) est remplacée par un n, et la syllabe (jo), où figure la lettre supprimée, est mise à la fin du mot, séparée de lui par l'article du.

A Paris, le mode de transformation difïère légèrement : on met un L à la place de la première lettre, et celle-ci est ajoutée à la fin du mot, avec la terminaison ème ou é.

Gardien se dit gaffe, d"où : Laffegé et Laffegàme.

Nice a son jargon à part ; c'est celui des pègres d'Italie. Turin en est le lieu d'origine.

La singulière aventure, cju'un pick-pocket nous raconta, témoigne de l'intérêt qu'il y a de comprendre \ejcu\

Il déjeunait, au bufïet des Arcs, à côté de deux individus, vêtus très correctement. Ceux-ci causaient à voix basse :

En décarrant, disait l'un, porte none au rupin qu'est à ton coustible et je le seroirai (en sortant, bouscule le monsieur qui est près de toi et je lui prendrai son argent).

A l'aile ou en double (dans quelle poche Ta-t-il : a l'extérieur ou à l'intérieur de la veste) ? demanda l'autre.

En double, répondit le premier.

L'idée lui vint de leur jouer un tour.

Il inscrivit sur un morceau de papier, qu'il plaça bien en vue dans son portefeuille : vous faites four ; je suis fauché (vous tombez mal; je n'ai pas le sou). Puis, à table, il attendit que ce fût l'heure de monter en voiture. Alors, il se dirigea, d'un air distrait, vers la porte du quai. A peine en avait-il franchi le pas qu'il fut débarrassé de son kuagne.

Les deux compères s'esquivèrent, aux lieux d'aisances, pour examiner le butin.

Juste ciel 1 Leur voisin de table était un collègue sans doute. Ils se présentèrent à lui et s'excusèrent. L'entretien se termina par ces mots : Portez none, nous faderons (donneznous un coup de main, on partagera) à Marseille.

Notre homme eut d'autant moins de peine à se rendre à cette

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invitation qu'il ne pouvait tenir du /Jè^e (argent) à ses maîtresses, précisément dans ce temps-là.

Voici quelques-unes des locutions les plus usitées, dans les prisons, à Nîmes :

Se taire quand il faut, se dit : rengracier, fermer^ sa boîte à temps .

Manger, c'est boulotter, croûter, se gonfler Je bidon, morfîller, etc.

Claquer du bec signifie qu'on a faim.

Celui qui fait bonne chère se dore le citron, s' efface les plis.

Sous les verrous, souffrir équivaut à se décoller, tourner en ficelle, se déplumer.

Aller faire du fricandeau à Montpellier, c'est mourir.

Quand on a l'haleine mauvaise, on fouette de la gueule, on renife de l'entonnoir.

Le poltron est un type cpti flasrpie dans son grimpant ; il a le foie blanc.

Un bossu se définit : May eux, le Bombé, Sac au dos.

On dira d'un borgne, qu'?7 a un carreau cassé.

Celui qui louche est un mecque qui regarde dans les coins.

On n'entrave que dale, quand on ne comprend pas un mot d'argot.

Tout vaseux (paysan) qui se corrompt, s'affranchit.

Les faux monnayeurs sont des rétameurs en plâtre ou en jonc, suivant la couleur des pièces qu'ils fabriquent.

L'individu, condamné pour attentat cà la pudeur, est un tâteur de gosselines, un amateur d'abricots.

Le couteau, avec manche en bois, entouré d'une virole immobilisant la lame, s'appelle un lingue.

On désigne, sous le nom de surin, le couteau à lame large et tranchante, qui se ferme.

Le 22 est un couteau déboucher, à manche plein.

Aller dans le boudar, c'est venir à la Centrale.

Liste générale des victimes

Père (ofes. 39, 6l,6i)

Mère {obs. 69)

Femme (06s. 72, 79}

Propre fille (o5.s. 96, 106, No)

Ses enfants et une femme naine (o/'.s. iO) . . .

Enfant nouveau-né (ohs. 78) . .

Frère (obs. 92) . .

Beau-père (06s. 81)

Belle-sœur (obs. 116)

Membre de la famille (obs. 77)

Fille de sa femme (06s. fil)

Fille de sa maîtresse (obs. 117)

Fille de son patron (obs. 100)

Jeune fille idiote (06s. fli)

Veuve (o6.s\ 113)

Vieillard (obs. 98)

Fille publique (obs. li, 80'

Petits Vagabonds (obs. 97)

Ami et Camarade (obs. 63, 6.ï, 74, 7.ï, 84, 86, 93).

Domestique (obs. 104)

Rival (obs. 80)

Patron (obs. I, 5, 12, 123, 129)

Voisin et Voisine (obs. 6, 9o, 99, 101, 102, 103, 105, ilO, 118, 119)

iN'i^gociants, cafetiers, jardiniers, marcbands de nouveautés, boulangers, quincailliers, marchands de meubles, hôteliers, marchands de primeurs, etc. (obs. 9, 76, 81, I2i, 431, 434)

Bijoutiers (obs. il, 22)

Épiciers (obs. 33)

A reporter

Nombre

Liste générale des victimes (suite)

Beporf .

Loueur de bicyclettes

Débiteur (obs. lào) . .

Créancier (obs. 120) . . .

Notaire de Soaimières (obs. 126)

Consul d'Angleterre et pasteur, à Nice (065. 133).

Religieuses et curés .

Officier (obs. 67) .

Madame Théo (06s. S)

Conseillera la cour d'appel de Nîmes (obs. 13) .

Gendarme, commissaire de police, agent (o6s. 33, 36, 37, 68)

Fumiste, à Nice

Personnes diverses (o5.'-. 2, 3, i, 7, 10, i3, 16, 19, 20, 21, 23, 2i. 23, 26, 27, 28, 30, 31, 32, 33. 36, 37, 3S, 39, if, 42, ii, 43, 34, 38, 60, 62, 68. 70, 7\, 73, 82, 83, 88, 89, 90, 91, 94, 107, 108, 109, 112, 121, 127, 128, 130, 133, 437, 146, 148, 149)

Au Grand Paris de Nice

Mont-de-piéLé de Lyon (obs. 122)

Église (obs. 34)

Mairie de Bastia et Consalat d'Italie (obs. 132).

23'= Bataillon de chasseurs à pied (obs. 17, 18).

Bureau et Entrepôt de Tabac

Administration des Postes

Société générale (obs. 29)

Crédit lyonnais (obs. 123) . .

Compagnie transatlantique et C'^ des Docks. . .

Compagnie d'assurances : <( Le Soleil » (obs. 147).

Compagnie P.-L.-M

Société centrale de dynamite (06s. 136)

Charité publique et magistrats (outrages) (obs. 43, 46, 47, 48, 49, 30,31, 32, 33)

Société (obs. 138, 139, 140, 141, 142, 143, 144, 130)

Totaux

Nombre

Proportions

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