Sa superbe, son orgueil
3. Nom donné, en Italie, au xvi» siècle, aux chefs do bandes afmôflS.
vention, il se trouve à Tégal de Byron *, de Milton^, de Shakespeare, et manifeste en haut relief le caractère el l'esprit de sa nation. La sensibilité, Tesprit positif et l'orgueil lui ont forgé un style unique, d'une véhémence terrible, d'un sang-froid accablant, d'une efAcacité pratique, trempé de mépris, de vérité et de haine, poignard de vengeance et de guerre qui a fait crier et mourir ses ennemis sous sa pointe et sous son poison. Pamphlétaire contre l'opposition et le gouvernement, il «, déchiré ou écrasé ses adversaires par son ironie ou ses sentences, avec un ton de juge, de souverain et de bourreau. Homme du monde, poète, il a inventé la plaisanterie atroce, le rire funèbre, la gaieté convulsive, les contrastes amers, et, tout en traînant comme une guenille obligée le harnais mythologique, il s'est fait une poésie personnelle par la peinture des détails crus de la vie triviale, par l'énergie du grotesque douloureux, par la révélation implacable des ordures que nous cachons. Philosophe contre toute philosophie, il a créé l'épopée réaliste, parodie grave, déduite comme une géométrie, absurde comme un rêve, croyable comme un procèsverbal, attrayante comme un conte, avilissante comme un •torchon posé en guise de couronne sur la tête d'un dieu.
Ce sont là ses misères et ses forces; on sort d'un tel spec- •tacle le cœur serré, mais rempli d'admiration, et on se dit •qu'un palais est beau, même lorsqu'il brûle ; des artistes •ajouteront : « Surtout lorsqu'il brûle. »
(Histoire de la littérature anglaise, t. III de l'éd. in-8<»,
ch. v, 0, Swift^.)
1. Byron (1788-1824), poète anglais, auteur du P^/ertna^e de Childe Harold, 'tlu Corsaire, de Lara, poèmes dont le succès fut considérable. Il a publié encore HiD grand nombre d'autres œuvres.
2. MiLTon (1608-1674), poète anglais connu surtout par son Paradis perdu.