PARALLÈLE ENTRE ARISTOPHANE ET RABELAIS
Rabelais, comme Aristophane 3, reste sain dans l'impureté. Son fumier a la vertu de celui des étables ; il guérit les consomptions de l'esprit, les phtisies de l'âme. Les ordures semées dans son livre recèlent, comme l'engrais du champ, des trésors de fécondité. Les vices de ses personnages perdent toute laideur, en s'étendant sur des proportions colossales. Leurs ripailles énormes, leurs « beuveries » intarissables, ne vous répugnent point; car c'est au banquet de la nature qu'ils semblent assis. Le festin de Trimalcion'* soulève des nausées ; la gloutonnerie de Gargantua engloutissant des montagnes de tripes et d'andouilles ne choque pas plus que Tabsorption
1. Euripide (480-406), élève du philosophe Anaxagore, vécut loin des aflaires publiques et mourut en Macédoine. 11 peint librement et franchement la passion. Il nous reste dix-neuf pièces de ce poète. Les principales sont : Iphigénie à Aulis, Hécube, Alceste.