‹ Les critiques littéraires du dix-neuvième siècleChapitre 145 sur 223 · ANTIGONE · texte numérisé non relu

ANTIGONE

Combien Antigone, défaillant au moment de mourir^, nous paraît plus touchante que si elle portait à la mort les yeux secs et un front hautain ! Ses plaintes sont un chant de cygne ; la tragédie antique brise mélodieusement ses victimes; elle fait de la musique avec leurs sanglots!...

Un regret ingénu de ne plus voir la lumière s'exhale, dans la Grèce antique, de la bouche de tous les mourants'. Sous la faux du trépas, les héros, les femmes, les jeunes filles, se tournent vers le soleil, comme les héliotropes moissonnés. Ce qui déchire l'homme moderne, lorsque la mort le vient saisir, c'est qu'elle l'arrache à sa gloire, à ses passions, à sa fortune. L'Hellène déplorait surtout l'azur lumineux qui revêtait sa vie d'un si pur éclat. — Qu'est-ce que la Grèce peu fertile et à demi nue? Un ravissant effet de lumière, le mirage de son soleil.

{Les Deux Masques -.)

1. A propos (I'Électre tenant en main l'urne qui est censée contenir les cendres

d'OuKSTE.

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