ÉTAT DE LA LITTÉRATURE DRAMATIQUE
Si l'on considère les principaux événements dramatiques^ de l'année i86o, et, si l'on s'attache aux œuvres qui, ayant eu le don d'attirer la foule, semblent, indépendamment de leur mérite propre, répondre le mieux à un certain état deS' esprits, on n'a point lieu d'espérer que nous touchions encore au terme de la fameuse réaction qui s'est produite, au théâtre comme dans le roman, au lendemain delà révolution de 18o2. Les poètes, les romanciers et les philosophes de l'époque précédente s'étaient fait de l'homme, de ses sentiments, de ses passions et de sa destinée en ce monde, une idée peut-être un peu trop haute. Nous sommes bien descendus de cet empyrée. La sympathie pour notre espèce, ce que Gœthe, ce que Molière lui-même, devançant Gœthe d'une centained'années, appelaient si bien « l'humanité », tend à disparaîtrede notre littérature avec la croyance à l'idéal et la croyance'