La. Hap.pk
réponse de Jocaste ; Œdipe, déjà troublé de quelques indices, s'écrie :
Dépeignez-moi du moins ce prince malheureux '.
Puisque vous rappelez un souvenir fâcheux, Malgré le froid des ans, dans sa màle vieillesse Ses yeux brillaient encor du feu de la jeunesse. Son front cicatrisé, sous ses cheveux blanchis, Imprimait le respect aux mortels interdits; Et si j'ose, seigneur, dire ce que je pense. Laïus eut avec vous assez de ressemblance ; Et je m'applaudissais de retrouver en vous. Ainsi que les vertus, les traits de mon époux.
Voilà, sans doute, des vers élégants et polis ; mais, bon Dieu! que font ces douceurs conjugales, ces madrigaux domestiques, dans un sujet terrible ? Comment Œdipe, lorsqu'il a déjà marqué son affreux doute, peut-il les entendre, et Jocaste les dire? Le poète et le critique ne devaient-ils pas sentir qu'il n'y avait place là que pour le mot nécessaire, pour le mot le plus expressif et le plus court entre ces deux âmes haletantes d'inquiétude, et que tout ornement de langage, toute politesse de cour est un contresens insupportable ? 0 combien Sopbocle a plus d'art dans sa simplicité ! Le voici mot à mot, dans la traduction improvisée de Racine.
Œdipe, troublé des premiers mots qui rappellent le lieu où périt Laïus, s'écrie :
O Jupiter ! que veux-tu donc faire de moi?