‹ Les critiques littéraires du dix-neuvième siècleChapitre 56 sur 223 · Yol. in-18, Paris, librairie Firmin-Didot · texte numérisé non relu

Yol. in-18, Paris, librairie Firmin-Didot

H. et M. — Extraits des critiques. 6

de son âge mûr jusqu'à sa mort, après avoir été un goût sérieux dans ses plus belles années.

Le théâtre n'eut pendant longtemps qu'un idéal dont les traits sont répandus dans tous les poèmes dramatiques d'alors : c'est Louis XIY jeune homme. Tant de puissance si facilement portée, tant de gloire en si peu de temps, ses passions mêmes, qui liraient je ne sais quelle grandeur de sa jeunesse, de la beauté de sa personne, de l'éclat de ses victoires, de la dignité royale jamais oubliée, de tous les devoirs de bienséance et d'afTection sérieuse gardée envers la reine', non pour atténuer des torts par des égards, mais parce qu'il savait se gouverner dans l'entraînement ; toutes ces choses qui forment pour ainsi dire la partie la plus touchante de l'art dramatique, je ne m'étonne pas que le théâtre en prît dans la vie du roi les plus sensibles images. L'impression qu'en avait reçue Quinault- lui inspira et fît réussir ces pièces plus doucereuses que passionnées, qui donnaient tant de dépit à Corneille vieillissant. Les sujets applaudissaient à ces agréables peintures du jeune roi. On s'intéressait, faut-il le dire, à ses amours, à cause de cette décence parfaite qui en écartait le mépris,, et parce qu'on le savait d'ailleurs fort appliqué aux soins de l'État, exact au travail qui lui était si nouveau, et capable,, quand il le fallait, de se rendre maître de sa passion^.

Je devrais avoir du scrupule à rechercher comment le théâtre a tiré des beautés durables d'actes que réprouve la morale même la plus mondaine. Mais le même attrait qui intéressait les contemporains aux fautes domestiques de Louis XIV, me porte comme malgré moi à toucher un point si délicat, et à examiner par quelles circonstances l'art ni la morale dramatique n'ont souffert de la faveur accordée à un mauvais exemple.

i. Marie-Thérèse.

2. QcixACLT (1635-1G88), membre de l'Académie française, donna plusieurs tragédies, dont quelques-unes furent très applaudies, comme V Astrale, attaquée par BoiLEAU. Sa comédie la Mère coupable resta longtemps au théâtre. Il composa ensuite des livrets d'opéra dont Lulu fit la musique : Arinide, Alceste, Cadnius, etc. Ses vers sont harmonieuï, mais languissants et dépourvus de force.

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