‹ Les critiques littéraires du dix-neuvième siècleChapitre 6 sur 223 · Cf. Histoire de la littérature auylaise, t. III, p. 2S · texte numérisé non relu

Cf. Histoire de la littérature auylaise, t. III, p. 2S

illusion à elle-même, et qu'elle reste surtout esthétique chez M. Brunetière, historique chez M. Taiiie.

Les quatre genres de critique littéraire que nous avons distingués présentent, à leur tour, des points de vue divers, et l'on va voir qu'il y a diû'érentes manières de faire de la critic[ue littéraire : en esthéticien, en moraliste, en historien, ou en psychologue, comme il y a dilférentes manières de concevoir l'art, de définir la morale, d'entendre l'histoire ou de comprendre le CQ'ur humain.

Les critiques esthétiques Jugent les œuvres au nom de l'idée qu'ils se font du beau, d'après un idéal auquel ils les rapportent et les comparent ; mais cet idéal n'est pas le même pour tous.

Les uns le plaçaient dans les règles de l'art antique, dont ils opposaient la perfection aux modernes; d'autres vinrent qui subordonnaient ces règles à la raison, considérée comme juge infaillible du vrai et du beau, dans tous les pays et dans tous les temps ^ Celui-ci, nous proposant un idéal plus qu'humain, fondé sur la foi, voit dans le christianisme une source de beautés nouvelles, qu'il met bien au-dessus des beautés païennes-, et prouve tour à tour la vérité de la croyance par la beauté des œuvres qu'elle inspire, et la beauté des œuvres par la supériorité de la croyance. Celui-là conçoit un idéal national particulier au génie de son pays, qu'il met hors de pair et comme au-dessus de toute comparaison ^

Tel s'abandonne au sentiment du beau, plutôt qu'il ne le raisonne; tel autre veut que le sentiment se plie au joug de la raison. L'un, toujours indulgent lorsqu'il est charmé, fait ressortir de préférence les qualités qui le séduisent, laissant, au besoin, les défauts dans l'ombre ou les censurant d'une main légère, avec plus d'enjouement que d'amertume, quand ils n'altèrent pas le fond même de l'ouvrage et n'excluent pas l'art '\ L'autre, plus rigide, croirait faillir à son

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