vol. in-lS, Paris, librairie Firniin-Didot
Déjàcourouué trois fois par rAcadémie française, à vingt-sept ans, Saint-Marc Girardin dut à ses opinions libérales, lors de la révolution de juillet, la suppléance de Guizot à la Sorbonue. En 1834, il fut appelé à la chaire de poésie française et, la même année, fut nommé député de Saint- Yrieix. 11 ne se laissa pas, toutefois, absorber par la politique, et continua à occuper sa chaire durant près de vingt-cinq ans. En 1844, il fut élu membre de l'Académie française, et après s'être tenu à l'écart de la politique, sous l'Empire, il vint, en 1871, siéger à, l'Assemblée nationale, où il représentait le département de la Haute- Vienne.
Les principaux ouvrages de Saint-Marc Girardin, sont : le Cours de littérature dramatique, l'étude sur La Fontaine et les Fabulistes, et l'étude sur J.-J. Rousseau, sa Vie et ses Œuvres.
Appliquant la psychologie à la critique, Saint-Marc Girardin fait de cette dernière une véritable étude morale. Elle devient, entre ses mains, une peinture de nosti'avers, de nos idées, de nos mœurs. Il explique les talents par les caractères, et associe étroitement le goût à la conscience de l'écrivain. Aussi ses jugements sont-ils toujours élevés, un peu exclusifs peut-être, et exprimés d'une façon piquante, dans un langage simple et presque familier.
On peut dire avec M. de Sacy que chez lui le critique « ne se compose pas pour son auditoire ; il se donne à lui tel qu'il est. Sa parole ne se gonfle pas; elle est simple, naturelle et vive comme sa pensée même. »