jui accorde sa pitié, miséricordieux
.T. Évi':ni'iiïei(f est ici dans le sens de issue.
6. Ce n'est pas seulement le danger auquel sont eiposés ses fils, qui trouble le vieil Horace, mais aussi le chagria de les voir lutter contre les Curiaces.
à ses filles la douleur qu'il a ressentie. Mais les dieux le veulent, et la gloire de Rome l'ordonne : il se soumet. Dironsnous pour cela que le vieil Horace aime mieux sa patrie qu'il n'aime ses enfants? Non; cela montre seulement que le vieil Horace n"a pas pour sa patrie les mêmes sentiments que pour ses fils ; il aime ses enfants avec faiblesse et avec émotion, comme nous les aimons tous; mais il aime sa patrie avec une sorte de fermeté décidée à tout faire et à tout souffrir pour elle'.
Dans le vieil Horace, l'amour paternel éclate surtout quand, d'accord avec le devoir, il n'a plus à se contraindre. Voyez oette scène où il sait enfin que son fils a fait triompher Rome, et qu'il est vainqueur et vivant :
O mon fils ! ô ma vie ! 6 l'honneur de nos jours !
() d'un État penchant l'inespéré secours !
Vertu digne de Rome, et sang digne d'Horace !
Appui de ton pays, et gloire de ta race !
Quand pourrai-je étouffer dans tes embrassoments
L'erreur dont j'ai formé de si faux sentiments?
Quand pourra mon amour baigner avec tendresse
Ton front victorieux de larmes d'allégresse ? i^Acte IV, se. ii.)
Il pleure alors sans plus vouloir se cacher, ce vieux Romain qui, au départ de ses fils, s'accusait d'avoir les larmes aux yeux; il pleure, et ses larmes de joie nous touchent plus vivement encore que ses larmes d'inquiétude, parce qu'elles nous découvrent le fond de cet amour paternel qui, jusqu'alors, se dérobait à nos yeux avec une sorte de pudeur.
Tel est le vieil Horace, tels sont les pères dans Corneille : vraiment hommes, parce qu'ils ont tous les sentiments humains, mais prêts à sacrifier ces sentiments aux choses qui sont supérieures au cœur de l'homme et qui font sa loi ^. [Cours de littérature dramatique"'.)
1. Le raisonnement est un peu subtil, et prouve réellement que le vieil Horace aime mieux sa patrie que ses enfants, ce qui parait évident d'après la tragédie. 11 aime véritablement ses enfants, mais cette afl'ection est moins ardente que celle <iu"il ressent pour Rome, et, si elle éclate avec plus de chaleur quand son fils revient vainqueur, c'est que Rome est à ce moment hors de péril.
i. Oui règlent, par conséquent, tous les autres sentiments.