SCÈNE IX
^ ARMAND, puis MARTIN, puis FÉLICIEN.
ARMAND, seul.
Mon père parlait-il sérieusement? Morisseau... sa ruine subite.... le départ de son fils!... Un froid mortel rifa saisi au
CCeur. (Martin rentre et s'avance vers Armand en le regardant avec une colère concentrée. — Armand recule devant lui.) Mon père!., fiu’y a-t-il . donc?..
MARTIN, tirant brusquement ia carte que Charançon lui a remise et la mettant sous les ;eux d’Armand.
Tiens... coniiais-tii ce monsieur?
ARMAND, regardant la carte.
Charançon I
MARTIN, après on temps.
Crois-tu qu'il y ait dans ton Code un nom et* un châtiment pour ce que tu as fait?
ARMAND
Oh ! mon père, ne m’accablez pas!
MARTIN
Tais-toü... Ne ravis pas à ta mère le seul bonheur qui lui reste, celui de croire son fils un honnête homme. Tu comprends maintenant le rôle que j’ai joué devant elle et celui que je te réserve... Tu vas partir.
ARMAND
Partir!., quitter ma mère, vous, Amélie !..
MARTIN
Amélie!., pauvre ange!.. Un beau cadeau que je lui ferais en lui donnant un mari comme toi! Pour que tu manges sa dot avec tes danseuses et tes escrocs, comme tu as mange le pain de nos vieux jours !
ARMAND
Rien ne peut me justifier, je le sens, et vous ne croirez pas à
mes promesses... Mais, du moins, ji; puis réparer le mal que j’ai fait, et ni vous ni ma mère vous n’aurez souflrir de mes erreurs : cet ami que vous avez vu ici... tantôt... '
MARCIN.
Ce compagnon de vos débauches.
ARMAND
11 est riche..; il va l’èlre... et sa première pensée a été de me venir en aide... Je payerai ce que je dois, mon père, je vous le jure... et je cours... (Apercevant Félicien qui a pani au fond pendant les derniers mots.) Ail 1 Félicien, viens düiic, viens rassurer mon pèie. 11 sait tout!., il a vu Charançon !
FÉLICIEN, la tète basse.
Ah!
Mais je lui ai dit que j’avais en toi un ami véritable, et que bientôt, grâce à ton mariage...
FÉLICIEN, lui’ présentant une lettre.
Lis ça !
^ ARMAND
Ah! mon Dieu... ta cousine....
FÉLICIEN
Elle se marie.
ARMAND
Et elle épouse?..
FÉLICIEN
Son homme d’affaires.
ARMAND, atterré.
Nous sommes perdus!
FÉLICIEN
Quelle tuile !
' MARTIN, les désignant. ’
Voilà OÙ cessbeaut Messieurs en arrivent! Joueurs débauches et paresseux... vous me faites pitié!.. Et on enfermerait des gas comme ça, on n’aurait pas raison! (Avec colère.) Hors d’ici! laissez-moi défendre la probité et le nom de la famille que vous avez traîné dans la boue 1 (a Félicien.) Et quant à vous, monsieur l'avocat, regardez bien cette maison...
FÉLICIEN, avec un sérieux comique.
Ah!.. Monsieur... n’accablez pas un mourant...
Un mourant!..
FÉLICIEN
Je suis bien près d’en finir avec les vicissitudes de 1 existence...
MARTIN
Vous!..
FÉLICIEN
Je ne vous demande pas de me pardonner, mais de l inamgence pour ce pauvre garçon... qui n’a eu qu’un tort, c’est de