SCÈNE IV
FÉLICIEN, CHARANÇON, pui« OLYMPIA.
CHARANÇON, chargé de sacs de voyage, de cartons, et poursuivi par des gens du port qui lui offrent leurs services.
Eh ! mais... laissez-moi donc, je n’ai besoin de personne... Allez tous au diable !
FÉLICIEN
Eh ! mais... je ne me trompe pas! (ii lui frappe rudement sur l’épaule.)
CHARANÇON, se retournant.
Hein !.. qu’est-ce que c’est?.. (Le reconnaissant.) Félicien!..
FÉLICIEN
C’est ce coquin de Charançon!..
CHARANÇON
Pardon, Monsieur, mais-...
Mais quoi?.. Seriez- vous devenu honnête homme?
CHARANÇON
Je suis marié, mon cher 1
FÉLICIEN
Ah ! fichtre !.. vous êtes brave !..
CHARANÇON
Et ce ton de plaisanterie, que je tolérais quand j’étais garçon, quand nous avions ensemble des relations d’affaires, ne saurait plus me convenir.,.
FÉLICIEN
A présent que je suis plumé !... Ah çà! vieux crocodile, par quel hasard vous trouvez-vous au Havre?
CHARANÇON
J’y viens, comme tout le monde, pour la saison des bains.
FÉLICIEN
Sans votre femme?
CHARANÇON
Non pas I je la précède avec ses cartons pour faire préparer l’appartement, pendant qu’elle s’amuse à regarder les boutiques de curiosités, d’animaux... Elle a envie d’un singe.