Les crouychanel et leurs adulateurs réponse a M. German Sarrut par le b.on De Coston
Aa moto d'oclobre 1863, j'ai fait tirer qaatre-vingts exemplairas niiinérotés d'une Notice qui a?ail paru dans le journal hebdomadaire de Montélimar, sous le titre suiTant : « £m Arp9d €l II» Cnmff'-Ckoml, »
Mon bot, comme je le diaato à la première page, était d'analyser un des faits les plus curieux qui se rattachent à l'histoire du Daophiaé; et de faire connaître à un petit nombre de lecteurs comment la faroille Chanel, de Grenoble, dont l'état civil était aussi clairoment que régttUirement établi depuis près de deux siècles, était presque parrenue à ranéanlir pour s'en substituer un autre qui la faisait descendre des anciens rois de Hongrie.
J'ai voulu seulement mettre en lumière une histoire généalogique, et laisser en dehors les questions personnelles en tant qu'elles ne se rapportent pas à un sujet qui appartient au domaine public. La Chronologie de n90 a été imprimée par les soins de MM. Jean-Claude et François-Nicolas Chanel; les procès de et de 4864 ont donné lieu à
TéchaDge de divers Mémoires ; MM. Sarrot et Nyary ont publié plusieurs volumes relatifs à des prétentions royales. Tout historien a donc le droit d'eiaminer, sans dépasser les bornes des oonvenanees, jusqu'à quel point peuvent être fondées les prétentions sur lesquelles on s*appuie aujourd'hui pour intenter au duc de Hodène le téméraire procès dont je ne tarderai pas à parler.
Mo déliant de mes propres forces, j'ai eu souvent recours aux Dauphinois qui s'occupent de questions de cette nature, et si j'en excepte M. Alfred Bougy, tous se sont prononcés contre l'origine royale. J'ai entre les mains un grand nombre de lettres qui m'ont été adressées, mais je n'indiquerai pas même les noms des personnes qui les ont écrites, pour ne pas les exposer aux sollicitations de certains membres de la famille de Crouy-Chanel et aux coups de boutoir de M. Sarrut.
Je désire avant tout rester complètement dans le vrai ; je ne ferai aucune dillicultc de reconnaître les erreurs qui auraient pli ruï'chapper dans l'analyse d'une (piestion complexe qui, depuis 74 ans, a donné lien à un cerluiu nombre d'épisodes, ou dans l'appréciation de faits sans importance en France, mais qui, en pays étranger, pourraient avoir leur signification, et j'éviterai les personnalités et les persilllages adressés à toute autre personne qu'à celles qui ont pris ou prendront l'initiative à mon égard.
Au moment où nia brochure venait de paraitre, commençait à Modéne un épisode a^sez curieux se rattachant au but poursuivi depuis une vingtaine d'années par un membre de cette famille, le trône de Hongrie. L'homme qui se dit au« jourd'bui bérilier de la couronne des Arpad est M. François- Clande-Aoguste de Crooy-Chanel. Son histoire est toute une odyssée, en partie racontée par M. Germain Sarrott dans sa BiographiêiuhmmÊ» éijcmr. Cette Notice a été réimprimée dans Iss êriÂU éu Arpad, par Albert Nyary (Paris. 4868, in-8^}. Je nem*écarte pas du programme que je me sois tracé» en empruntant m n'git iHMn l à M. Sarrut, vieil ami de M. Auguste, les principaux ftdts de sa longue carrière. Il
est né à Duisbourg fPrusscj, le 31 décembre 1793, et fut inscril en naissant sur les cadres de rarinée de Condéj lors de la Restauration, en 1814, le Ministre de la (îuerre, fondé à croire que ses services militaires reniuniaicnt ù l'époque de su naissance, décida qu'il était susceptible d'être admis dans Tannée avec le grade de colonel : il avait vingt ans; deux ans après il fut nommé chevalier de Saint-Louis.
Plus tard, en 1831 , il se mêla, mais sans caractère ofliciel, aux affaires de Grèce. En 1823, il prit une part active à des négociations ayant pour but rétablissement du frère du roi d'Espagne sur le trône du Mexique, et prêta son concours à Don Miguel. Il fonda uoe immense opération financière; tomba, d'une iiante position de fortune, dans un état plus que gêné; Alt compromis et arrêté à l'occasion de pluneurs affaires poliliques, et finit par se trovrer réduit à une pension de trois mille francs que lui fait Napoléon m, sur sa cassette privée, en récompense d'anciens services.
Tel est, sinon linventeur, au moins un des acteurs du procès de Modène, qui aurait des chances de succès si la témérité devait conduire an succès. Peut-être a-t-U voulu suivre l'exemple de son cousin. S'il faut en croire M. 6. Sarrut, le nom de Croy aurait été tacitement reconnu au chambellan de Napoléon I*' par le duc d'Havré, mais ce nouveau Croy voulait être seul descendant des Arpad. Il soutenait que les prétentions des princes de Croy le troublaient dans sa possession; la vue de leurs armoiries le metlait en calî ro, et il les fit gratter sur les panneaux des voitures jusque dans les remises des princes de Croy (4). Il prit donc l'offensive contre ceux qu'il appelait des usurpateurs. Les diverses phases de cette longue instance ont été racontées dans ma précédente brochure.
(1} D'après Michel Neander fp. 1). Orbis terrœ, cité par Menestrier {Origine des; armoiries, p. 238', les quatre fasces de gueules de ces fameuses armoiries n'présenteraient le terroir de u II<Higrie, roi^eàtre dans beaucoup d endroits, et les quatre fa<;ces d'argent symboliseraient ie Danube, le Drave, le Nisae et la Save.
Le procès de Hodène • eommencé le 48 octobre 4863. M. d'Arptd de Hongrie, marquis d*Esle, prince de Crouy- Chand, ainsi qo'il se qualifie, a fait assigner devant le tribonal rarchtdue François d'Autriche, ex-dac de Hodène. Comme descendant direct et légitime de Béatrix d'fiste* fenmie d'André II, roi de Hongrie, il demande à ce qu'on lui accorde le titre de marquis d'Esté. Il soutient que le duc, dans la famille duquel la maison de Modène est tombée en quenouille dans le XYUI* siècle, n'y a aucun droit, par ce qu'il descend dn bâtard adultérin, Guillaume, dit Obizio II, fils d'Ano. CoDirairement au droit établi par Frédéric Barberou88e, Obizzo H recueillit en 1364 la succession de son père, qui défait appartenir à Béatrix d'Esté ou à ses représentants.
M. de Crouy-Chaoel soutient qu'il n'y a jamais de prescription en matière politique. Il a dû attendre, pour mr, que le terrain fût déblayé, c'est-à-dire que le duché de Modène fût annexé au royaume d'Italie. Il a pris pour aide-decamp le baron Albert Nyary, écrivain hongrois plein d'activité. Il est soutenu par le parti unitaire et dans quelques sphères gouvernementales où l'on voudrait rendre impossible le retour du duc de Modène. en minant jusque dans ses fondements le principe de la légitimité sur lequel reposent ses droits héréditaires.
On clierchc à fuirc ressentir jusqu'en Aulrirhe le contrecoup du procès de Modène, dont on voudrait Taire une étape pour arriver en Hongrie, ou « la préface du drame « qui se dénouera par la con>lilulion de l'unité italienne et « la reconstitution de i'aulonomie hongroise, d'après M. Sarrut, mais qui pourrait bien linir comme celui dont lut victime Dmilrl-Samolzvanetz dans le XYIl*" siècle. On voit qu'une question généalogique est devenue une question d'équilibre européen. Si les personnes qui ont coopéré à la Généalogie de 4 790 revenaient au monde, elles seraient bien étonnées du succès de leur œuvre.
Le Fonoro du 47 octobre contient une leUre de M. de
Orouy-Cliaiiel dans laquelle on remarque celte phrase : « Ce procès portera le dernier coup au traité de Villnfranca. «f suspendu encore par un lil à celte prétendue légilinn'té. t La Strega du 2."> novcnjhn! reproduit une protestation à un article du Morning-Adveitiser |)rétendanl que M. de Crouy- ( llinnel est un des mille instruments secrets dont Napoléon lli se sert pour arriver à son but.
La Monarchia ilaliana, du 2 février i86i, contient un manifeste à l'empereur d'Autriclie d'une audace rare. Une pareille lettre ne j)eu( être écrite que par le souverain d'une nation de cinquante millions d'ànies ou par M. de Crouy- Cltanel. Celle déclaration de guerre, donl la conclusion est que la maison de Habsbourg doit être rayée de la carte des grandes puissances, se trouve reproduite à la page 20 du TOlurac de M. Sarrui dont il va être parlé.
Ce procès a pris dans le nord de l'Italie de vastes proportions. La plupart des journaux, notamment le Pâmro, la Smga, VEeko d^itaUa, la JfoiMtrMta imKmut, la GntlH ufeimk, publient de nombreux artieles en fareur de M. de Crouy-Cbanel ; quelques-uns font le plus grand éloge des qualités du coeur et de l'esprit de ce vénérable vieillard, auquel Tun d'eux applique l'expression de vérin ptrêmmifiÊ, Plusieurs brochures, de nombreux suppléments, traitent de cette question bnUante. M. Veratti défend la eause du due de Hodène avec une raison, une logique et une modération qui contrastent avec la vivacité de Tattaque. H a traité contradictoirement avec MM. Nyary et de Vecchi tout ce qui se rattache à la bâtardise d'Obiûo IL La discussion de ce fiiit sortant du cadre que je me suis tracé, je ne m'en occuperai pas davantage.
Les rédacteurs du journal le Diferuore ne se sont pas laissé effrayer par le nombre de leurs adversaires. Ils savent que l'opinion de la majorité des feuilles publiques ne représente pas toujours Topinion nationale, et se rappellent qu*en 1848 les neuf dixièmes des journaux français étaient opposes à la candidature du prince Louis-Napoléon Bonaparte. Us ont
pris en main la cause du duc de Modénc, et ont traite la question, dans une série d'articles, avec une grande élévalion d'idées. Ils font remarquer, dans le numéro du 21 mai 1864, que rilalie ne peut ^voir aucune sympathie pour un prétendant. Il heorte les idées et les vues, soit des hommes qui aiment ou regrettent Tancien régime, soit des partisans du gouvernement actuel, soit des personnes qui désirent une fonat républieaiiie.
Les défenseun do doc de Modène, résidant aajoord'lnii en Aotriehe, ont sontènn rineompélence do tribonali saisi de la demande. M. de Crooy-Cbanel el ses adhérents, poar donner ft la caose un caraelère esaenUellenent politique, ont prié MM. Mancini et Cassinis, anciens ministres, et Tecchio. ancien président de la Chambre des Dépotés, de soutenir la demande. La cause a été plaidée à raudience du 9 mai 4864. Après la déluré des débats, on cherchait à établir par la voii de la presse, qu'en vertu de la légitimité, le marquis d'Esleest aussi duc de Modéne, de Ferrare et de Reggio, et que son triomphe en Italie et en Hongrie est nécessaire è Napoléon III et à Victor-Emmanuel.
Le 9 juin 1864, le tribunal a rendu un jugement d*incompélence. A moins que cette décision ne soit réformée en appel, ce qui est très peu probable, M. de Crouy-Chand devra donc plaider en Autriche.
Ha brochure, qui venait d'être imprimée au moment où commençait le procès, a donné lieu, pendant la durée des débats, à diverses réfutations. Celles que j'ai opposées aux assertions erronées de M . Nyary ont clé réunies dans une brochure de 96 pages in-S", émanant de la plume de M. Vcratti, et publiée A ^fodéne chez Foliani, sous le litre suivant: Di alcuni documenti relafiri ad Obizzo IF d'Esle.
Le 20 mai, M. Germain Snrrut faisait paraître à Turin, chez Schiepatli, une brochure de 11)^ pages in-S". remarquable surtout par (III fr(V> i^raïul nomlirc de fautes d'impression, intitulée : Les fih d'Arpad et leurs détraclturs, avec une épigraphe tirée de l'Évangile de saint Jean, à l'adresse
de ses futurs sujets de Hongrie : Cognoêceiis veritatem, et iyritas lil/erabit vos. Je réponds à ceUe citation par un passage de l'Ancien Testament. Ce pamphlel csl d'une faiblesse extrême, coHinie arguinenlalion ; il n'énonce et par conséquent ne combat qu'un très petit nombre des preuves apportées par moi à l'appui de mes assertions ; en revanche, il est très fécond en hors-d'œuvre, en digressions et en épisodes péniblement amenés. On dirait qu'il a été fait à tant le rôle d'écriture, et qu'on allouait de plus une prime pour chaque gros root. On y mentionne le dac d*Abrantès et le 18 brumaire ; le maréchal Lobau et les pompes qu'il fit jouer sur la place Vendôme (autant ▼audraît remonter au déluge] ; les polémiques de ranleor avec le maréchal Qaosel à propos des affÛres d'Alger ; l'éloge du maréchal de Saxe par Thomas, et rartide de la ileetw iet Deux Monda, du 1* mai 4864, relatif ao même sujet, ce qui permet à H. Sarmt de ttkt un nouveaa rdle d*écrilare ; la biographie de MM. Ollivier père et fils, etc. Tout cela est assaisonné d*aménités de mauvais goût, telles qu'on doit s'attendre à en rencontrer sous la plume de celui que Vapereau, dans son DkUoimain étt Cml m pmra mt t caractérise ahisi : € Beaucoup de ces no- « tices. malgré la devise : Justice, Térité, impartialité, tour- « nent, selon l'opinion politique des personnages, ou selon « leurs relations avec les auteurs, en panégyriques ou en « pamphlets. » Vapereau pouvait même ajouter après le mot jmoiiiM^, ce membre de phrase encore plus explicite. « le nombre des exemplaires pour lequel ils souscrivaient. » A quelque point de vue qu'on examine son œuvre, on peut dire à M. le démocrate sodalisle qui siégeait sur les bancs des montagnards en 4848, que c'est la montagne qui enfante une souris.
M. Sarrut m'écrivait ces mots le S6 janvier 4864 : « Je c suis loin de ne pas reconnaître que dans votre brochure « vous êtes resté à mon égard dans les limites de la con- «( fratemilc littéraire. Soyez convaincu que si je rqirends < la plume, je ne m'écarterai pas de la ligne que vous avei
« tuifis. » Je dflfaif iii*alleiuire i an réniltat opposé. . /. Je B6 mit ni socialiate. ni adalatenr de It généalogie dont M. Serrai s*est fait un des plus ardents championi.
Une question d'histoire est devenue pour moi nne question personnelle, et je reprends aussi la plume, pour répondre aux assertions erronées et aui insinuations calomnieuses de M. Sarrat. Je dois, pour plus de clarté et de précision, le suivre pas à pas ; oelte nianière de procéder amènera des coupures et de brusques transitions, défauts inéTîtablesdans une réAilation ayant pour but de faire justice des assertions de son adversaire.
Je disais, à la page 39 des Arpod, qu'un examen plus complet de la Généalogie de 1790 permettrait d'augmenter le nombre des preuves combattant son authenticité. D'autres personnes peuvent avoir intérêt à se livrer à de nouvelles rcrherches. Je ne tiens pas à prolonger indcfiniment les débals ; le silence desparties intéressées me détermine, pour If moment, à ne pas pousser plus loin mes investigations. Je reste sur le terrain de la discussion, parce que j'ai la conviction d'être dans le vrai. Comme je ne suis Tinslrumenl de personne, j*; ne piU)lierai le résultat d'un nouvel examen et je no forai un pas en avant, que si de nouvelles attaques viennent mettre en doute ma bonne foi et la sincérité de mes éludes.
M. Samit soutient (p. 12) que let cartnlaires ont été envoyés d*Amiens à la eommîssion do Sceau des litres, lorsque M. de Crony-Ghand demandait rautorisalion de porter le titre de prince, et il conclut & Tautlienticité des dnq pièces soumises à cette commission. D'un autre cdlé, on m'alBmie rexactitude des renseignements suivants, complétant ceux qui se trouvent à la page 36 des Arpad. La copie authentique faite par Jean Gudefer, par ordre du chapitre, et signée le S9 novembre 1638, déposée dans les archives de la Préfecture, ne mentionne pas les quatre obils relatifs aux Crouy- Chanel de Hungrie, si ce n'est par intercallalion ou en marge. De plus, une autre copie en deux volumes faite en I737et 1738, du Néerohge, qui est à la Bibliothèque dAniiens. nerdate d'aucune manière les obils en question, qui ont été nécessairement rédiges postérieurement à l'année 1737. On ne les trouve que dans les rejpstres intitulés : (Atrtularium VI, Nécrologe 33, cl Neeroloçiwn en écriture moderne, lesquels sont pleins d'intercallations de toute espèce d'écriture, et de ratures, le tout sans signature ni légalisation ; des feoil-
leU onl élc coupés cl d'autres njoulés. Ouc proiiveiil de semblables documetUs, même quand ils ont passé sons les yeux du rapporteur, cl surtout quand ils soat en conlradiclion avec d'autres copies j)liis régulières?
On reconnaît la faiblesse de l'argunientalion de M. Sarrul à ses déclamations furibondes qui portent dans le vide. Je signale de graves irrégularités, il me répond par ce sophisme : « C'est outrager tout à la fois le ministre de la justice, le « Conseil du Sceau et l'honorable rapporteur. » Ce|)endanl le Conseil du Sceau s'est déclaré incompétent, et a rejeté la demande du requérant. « sans qu'il soit besoin d'examiner la « généalogie du demandeur, ni la sincérité des documents « produits. » Si une pareille logique est volontaire, elle prouve la faiblesse de la cause; si elle est involontaire, clic trahit la faiblesse de raTOcat.
Les qualifications nobiliaires ou princières mentionnées par erreur dans VAbnmmek in^pirial, ne m'exaspèrent pas, eomae le dit M. Sarmt (p. 15) ; elles me font sonrire. Une de ces coqaiUes a figuré pendant plusieurs années, notamment en 1857, 1858 et t859, immédiatement après mon nom, dans les Àbnanocht Impériaux, Le compositeur a Aiit précéder d'une particule le nom de M. Meitton, notaire, qui n'avait aucune prétention nobiliaire, et plaisantait le premier de cette superfétation. Cette distraction du compositeur n*a eu pour résultat ni d'attirer sur M. Metllon les poursuites du Purquet. ni de changer son état civil.
Il en est de même pour le titre de prince donné à H. de Crouy-Chand. Un expéditionnaire a copié le brevet délivré à Rome, où l'on est si facile en matière de titres, et Timprimenr de VAhnmuu Impérial s'est conformé & la note qu'on lui a remise. Comment tout cela'peut-il régulariser une filia- ' lion hypothétique?
Ma brochure généalogique n'est pas le résultat d'une « adroite suggestion » du due de Modéne ou de ses représenlants, comme le prétend H. Sarrut à la page t2. Je n*at qu'une seule raison à donner, mais die est évidente comme
la clarté du soleil pour tout autre que pour mon contradicteur, qui a la naïveté d'indiquer, à la page 52, un fait qui (Irnipnt sa premit^re assertion. Ma brochure, terminée depuis longtemps, quand on a invcntr le procès de Modènr, « a clé « inséTêcinexUnso, dans lejournal hebdomaire de Monléli- « mar, du 25 juin uu 5 septembre 1863, j> tandis que l'assignation envoyée i)ar M. de Crouy-Chanel au duc de Modènc, porte la date du \ 2 octobre suivant.
M. Sarrut. oubliant sa première assertion, démentie par lui-même un peu plus loin, écrit à la page 45 que je suis Thomme de i)lume des i)rinces de Croy. C'est à lui, moins qu'à tout autre, à faire d<s iillu>ions de celle nalure. Il doit se rappeler que ce n'est pas lui. homme de plume, ayant pris ses mesures parce (ju'il connaissait la situation, que M. Krautz a fuit cniKliimiier en I8G2 au paiement do la somme de 2.817 francs pour le prix du papier ayant scni à rimpression des F%(m éTArpui (1). Mais que lui importent deux contradicUoos de plus ou de moios. Il peut appliquer à la logique et ao boa sens, avec lesquels il est brouillé, cette phrase du synode de Reims, qo*il eite à la page 60 : « Bée ad nos toUieUudo non pertîÊiti» » FraBehement, il ferait
mieux de déposer sa plume et de planter ses chom si
toutefois U a un champ pour les planter.
Mon cootradicteur, dans le tableatt8énéak>giqae joint aux FiU dCArpad. dit qn*Étbabeth de Hongrie, fille d*André III, mourut en odeur de sainteté. Sainte Elisabeth de Hongrie était bien fiOe d*André II, eonme il le fait remarquer; la confusion entre une sainte et une bienheureuse, toutes deux filles d'un André, et portant le même prénom, était facQe. M. Sarrut en commet lui-même une de même nature, sur le
(1) Gazette des Trihunaui' du 92 juin 1862. l'n mol très piquant, que je m'abstiens de répéter pour ne pas faire de personnalité, a été dit à cette occasion.
compte de la même personne, en lui donnant pour mère Agnès d'Autriche qui, d'après les Bollandistes. n'èlail que sa marraine. La confusion que j'ai commise n'a pas plus d'importance que celle dont il est coupable lui-mèine. On voit qu'il écrit pour remplir des pages et non pas pour discuter ^é^i('usement. La question est uniquemmt de savoir si André III a laissé un lils, Félix, duquel descendraient les CrouvCiiancl. A la liste des huit auteurs que j'ai cités à la page 7 des Arpad, et qui tous ont répondu non, il faut ajouter les Bollandisles CVie dElisabettiJ, et Brenner (Uùtoirt ties RévoUttioM de Hongrie, 1739. 3 vol. in-4°).
J'ai menlionnc. mais d'une manière dubitative, à la page 7. les prétentions des princes de Croy, qui se croient issus des Arpad, et j'ai écrit ceci : « lis ne possèdent aucun titre régu- € Jier et authentique constatant cette illustre desceDdance. 4 menlloniiée pour la première fois dans an diplôme de « 4186. » Je ne suis donc l'apologiste d*attcune généalogie ni d'aneone famille; je vem faire seulement de rhistoire vrmm et consdeneieuse, el noo pas des volumes à la Sarmt. L*aecusatlon de légèreté mentionnée à la page 98 de sa brœhnre, tombe done d'elle-même.
Je suis obligé de suivre mon conlradieleur sur un terrain complètement étranger au sujet que j'ai voulu traiter. Qu*lm* |)orte an succès de sa cause la question de savoir si ou non j'aunib dérogé en exerçant un siècle plus tôt les fonctions de notaire f II aurait bien mieux valu quMl réftatât mes argumenis dont il n*a pas parié, parée qu'il se sentait impuissant i les conUwtlre. Je veux cependant le suivre pas à pas et Aure justice même de ses divagations. M. Sarrut prétend que comme je traitais une question de possession d*é(at, il ne CsUait pas prendre une qualification frappée de dérogeance; il rappelle [p. 2oj l'ordonnance du 4 juin 4668, qualifiée d'arrétdu Conseil d'Ëtat dans les ouvrages spéciaux. Le texte n'est pas conforme à celui qu'il rapporte. L'art. 7 dit : « notaires seront censés avoir dérogé à la noblesse c et exercé une profession roturière, » au lieu de« dérogent
« à la noblesse et exercent, » ee qni est déji une nuenoe. M. Sarrut. qui n*est pas tenu de connaiire à fond les questions nobiliaires, bien qu'il ait pris part à la croisade de Modène pour faeHiler Tobtention du titre de marquis d*Este à son ami, ignore que cet arrêt ne tarda pas à être révoqué, d'abord par des letircs-palenles du mois d'août 1673, portant que les fonctions de notaire de Paris ne pourraient tMre réputées déroger à noblesse, ensuite par un édil de mars 1706, portant que les notaires syndics des villes cl bourgs du royaume pourront exercer sans dérogeance, et par l'cdit do mai 1775, portant que les notaires royaux de& provinces ne dérogeront point, s'ils sont nobles.
De la Roque dit. dans son Traité de la NobUstes que les louctions de notaire ne dérogeaient |)us. Lainé, dans son Dictionnaire véridiquede la Noblesse {première série, tome 2. préface), rapporte que ie président Aliani, dans son certificat du 27 mai 1668. aflirme que les gentiUhommes du Dauphiné ont exercé la charge de notaire sans faire préjudice à leur qualité, ttque leurs descendants ont été confirmés dans leur noblesse sans difliculté par les commissaires du roi. A Modène, où écrit M. Sarrut, et dans les villes voisines, plusieurs notaires appartiennent a des lamiiles comiaies. et en Italie l'exercice des fonctions de notaire n'a jamais été frappé de dérogcance.
Mais ee qni est impardonnable chez M. Sarrut, démoenile soeialiale, eomnM II le dit Ininnéme, e*eat d'ignorer les lois qui ont eonaoeré les grands principes de 1789. L'art. 44 du décret da 4 aoât 4789 estainsi conçu : « Tons les dloyene. « sans distinction de naissance, pourront être admis à tons < les emplois oivik et ndiilaires, et nnUe profession, utile « n'emportera dérofsanee. » Les pononeean de notaire aui armes de Fhmce ont en, du reste, pins d'éclat q«e ne le suppose mon contradicteur. Ils figurent parmi les Misons des quartiers de plusieurs malsons sovfcrnines de TBorope : je veux parier de ceux de Jean Bubon, notaire i Bourges sous Louis XL De finbou de. la BnurduisiAres, sa pnlile-IUIe.
descendent Gabrielle d'Esirées et César de YendAme; Disa-
belh de Vendôme, fiUe de César, mariée h Charlcs-Amédée de Savoie, duc de Nemours, Ait mvre de Marie de Nemours, qui épousa Charles Emmanuel H, duc de Savoie. C'est, d'elle que sont issus d'abord la duchesse de Bourgogne, et ensuite le roi actuel d'Italie, le comte de Chambord, les enfants de Louis-Philippe, l'empereur d'Autriche, les Bourbons d'Espagne et de Naplcs, le roi do Saxe, et la reine de Portugal.
M. Sarrut, à défaut de raisons sérieuses, m'adresse le reproche de n'avoir pas fait suivre mon nom de ces mots : Notaire à Montélimar. Si j'avais publié un ouvrage de jurisprudence, j'aurais signé : « Président de la Chambre des « notaires, » car je remplissais, pour la seconde fois, ces honorables fonctions. Le choix de mes collègues, qui ont bien voulu m'appelerà présider la Chambre, réfute suflisamment Tinsinuationqui se trouve h la page 98 : si « j'avais eu la vue « trouble, » j'aurais eu peut-être recours, comme lui, aux Bougy de la Sorbonne, qui n'ont pas éclairé la question. Mais, Dieu merci, j'ai la vue assez bonne pour voir clair, malgré les Bougy, dans la Cénéalogie de 1790 !
M. Sarrut me blâme d'avoir |)ris le titre de haron en pubUant une brochure sur une question nobiliaire ; pourquoi lui-même signe-t-il seulement : « Ancien représentant du peu- « pie, » sans ajouter : Ancien étudiant en médecine et ancien principal de coUége ? Il ne faot pas se désarover soi-même, et j'ajouterai : il faut être conséquent atee ses principes. En parlant, p. S8 et 78, d*un litre qu'il conteste, il passe sons silence une partie de ce qu*ll sait. Mon père Ait fait pri* sonnier de guerre à Torgaa peu de temps après aToir été nommé baron (5 juillet 4813), il ne put donc pas se faire délivrer les lettres-patentes q» doTaient reprodîire son blason, et corroborer la concession d'on titre i raison duquel il avait reçu deux lettres d'avis, signées par le prince de Wagram et le prince de Caaibacérès. Comme en vertu de la Charte de 4814 il devenait baron de l'anden régime, il n*a pas deasaudé de lettro»*palentM, dont le droit de sceau est
assez élevé. S'il les avait sollicitées, cllrs lui auraient été délivrées, par un ministre de Louis XVHI, ù raison d'un titre légalement et irré vocablement concédé par Na|>oléon \", alors dans la piénilude de sa puissance, elavec ce correctif: « Pour prendre rang du 5 juillet 1813. »
M. le républicain Sarrut, en donnant quelqoes détails relatifs ù mon père en termes dont je lui sais gré, laisse percer le bout de rorcille. fî parait avoir été guidé surtout par le désir de faire savoir au public que son frère ainê porte, lui aussi, un titre nobiliaire 'conrrdô |)ar Napoléon J'aime mieux, par politesse, attribuer buiilicur qii'éprouve l'enneini des distinctions bonorifiqucs d'annoncer (ju'il est frère d'un baron, bonheur qui lui fait un peu manquer de mémoire, que mellre sur le compte de sa mauvaise foi, le silence complet (ju'il ii ^-ardé sur : \° l'expédition en forme de l'acte de naissance de mon père, né à Valence en 1780, et celui de mon grand-père, né dans la même ville en 1741, qu'il a vues de ses propres yeux. Sur ces deux pièces on donne au père du nouveau-né le titre contesté. De plus, il était héréditaire, comme attaché ù un fief que mon grandpère a possédé jusqu'en 1789. Ce titre lui a été reconnu à rassemblée des états-généraux tenue ù Romans, en 1788. Il figure à la page 43 du procès-verbal imprimé par Cachet, à Grenoble, en 1788, in-4« de 139 pages (réimprimé en 1864, Paris, Dîdot et Dentu), et à la page 8 de l'arrêté des trois ordres du Viyarais, assemblés à Privas le 47 décembre 4788 (Valence, imprimerie de Tiret, in-4^de34 pages}, où mon grand-pére siégea à canse de la baronnie de Comas, mentionnée dans divers ouvrages, et en dernier lieu dans le Dktioimair$ du Fwfêg de Goordon de Genouillac (Paris, 4868). Nul n'était admb h siéger dans leS rangs de la noblesse s'il n'avait fait, aux commissaires, les justifications exigées. Aucun des membres de la famille Chanel ne siégea parmi les gentilshommes dans l'assemblée de Romans.
Malgré l'affirmation de M. Sarnit (p. 78J, battu sur tous les poînit, mémo les plus éunngers à la généalogie des Crauy*
Digiti^uo by Googlc
Chanel, je suis donc en règle et plus qu*en règle avec la loi» et jenecrnins ni M. te Proeureur Impérial, ni M. le Procureur Générai, ni tous les membres de la Cour dont il me menace à la page 62, pour avoir osé dire, contrairement à son avis, que le jugement rendu par le tribunal de Grenoble, en 1839, sur requête, à l'insu des princes de Croy, sans aucun débat conlradictoire, conlrairemenl à deux arrêts de la Cour de Paris et un arrêt de la Cour de cassation, rentre dans la classe de ceux, ((iri n termes de palais, on dil avoir été surpris à la religion du tribunal.
J'attends la <' répression » dont parle M. Sarrut, et je l'attendrai longtemps, car on dédaignera, bien qu'il ait eu soin d'en adresser un exemplaire aux i)ersonnes auxquelles il me signale, ce que, par euphémisme et j)our rester poli, je veux bien appeler sa r^^alton. Messieurs du Parquet ne cunduenl pas pour lui, mais bien contre lui, souvent et vigoureusement ; il prétend que le total des années de prison auquel il a été condamné dépasse quarante ans. C'est un chiffre imposant, bien qu'il soit le résultai de délits de presse.
Je m'associe pleinement à tous h's éloges décernés par le journal VAigh, cité par M. Sarrul. à M. Jules Ollivier, que j*ai eu l'honneur de connaître. Le soleil lui-même a ses taches, et rbomologation de la Généalogie de 4790 en sera une pour riiiitorien qui a laissé «ne réputation de wienee eriltiiQe si justement méritée, i moias qu'une question politique ne se soit abritée derrière une généalogie. M. Sarrut doit le savoir beaucoup mieux que moi : je n'aurais par conséquent rien à lui apprendre si je metlab le pied sur ee terrain glissant, et si je tenta» de reebereher les molift du jugement de 4839 en dehors des principes du droit, ce que je n'ai pas l'intention delblra.
Quant à rallnsion que M. Sarrut peut avoir renfermée dans cette phrase : < Le major Coslon était donc noble, et il resc teranoUe; mai» il n'a pas transmis de titra nobiliaire, » je lui demanderai quel est eelui des deux qui mérite répithèle de nabie dans la sens élevé du mot s edni qui-, poussé parles
circonslances. défend aujourd'hui la caij>t' de la jusiite el de la véritr, (jui tv^l uu>>i celle d'un prince exilé cl délrùné, mois dans riiiU rrl duquel n'a pas élé écrit un ou\ruge imprimé plusieurs mois avant le commcncemenl du procès; ou celui dont la bonne foi est loin d'être évidente, dans ce Iripolage qu'on appelle revendication du lilre de marquis d'Este.el que je qualifierais plus éuergiquement encore, si je suivais M. Sarrut dans ses écarts de style. Il sait qu'une grande questimi d*iBlérét péeuniairese cadie derrière la reïendiealion de te tili%. ta rédamatkMi jidieiaire d'une groise 8001016 d'argent, solvant les ans ; d'une partie do domaine privé, suivaot les antres, ootammentles lî&dacteors delà SingUf de Modène, du 4 noveodire 4863, suivrait de près le gain du procès pendant aiyourd'hui.
Je reprends la réftilalion de la brochure de M. Sarrut. J'ai, comme il le dit à la p. 38, c la prétention d'avoir étu- « dié la question que je veux élucider »» et j'ajouleque je la connais beaucoup mieux que lui. Les raisons qu'il donne sont inadmissibles pour l'espèce dont il s'agit. Elles ne peuvent s'appliquer qu'au cas où un ministre, poor un motif quelconqoe, n'ayant pas pu délivrer one commission relative à une nomination déjà faite, son successeur répare cet oubli ou cette négligence. Mais pour M. Chanel la question est toute autre. Un brevet, vrai ou supposé, a été fait ù la date du 20 mars 4642, a été signé à cette date par Letellier. nommé ndnistre le 40 avril 4643, et au bas de ce prétendu brevet, on n inscrit, «non avant qu'vn ministre entrant en fonctions ait pu le n'gner, la mention suivante que j'ai copiée sur le registre de 1790: « Je, commandant pour le roi dans « leforldeBarraiilx, certifie que M. Laurent de Chanel m'a <v remis, le 18 avril IGi2, la présente commission, etc., en « suite de quoi je l'ai mis en possession de ladite charge. *y Fait au fort Barraulx, le 18 avril 1G42, signé Lacoste. » C'est, comme on le dit vulgairemeol, baptiser un enfant un an avant sa naissance.
J'ai eu entre les mains une copie du certilicat délivré en
1820 par ThoiiH', notaire à Crépol. duquel il résiiltail qu'on ne connaissail pas dans le pays l'existence de Pierre Robin, qui aurait été notaire ù Crépol de 1621 à 1670. et qu'on ne retrouvait pas ses minutes. M. Sarrul publie un cerliGcat. délivré en 1821 par ce même Tliomé, constatant qu'il a trouvé dans une maison particulière (qu'il ne nomme pas des minutes cl actes d'un nommé Robin, notaire à Crépol, à la date du 28 décembre 1630 et autres dates.
Ce certificat dont j'ignorais l'existence est encore UDe des lHiarr«ries de cette affaire. Comment If . Thomé, qui affirme l'année précédente le contraire de ce qu'il certifie en 4824 , ne donne~l-fl pas le nom de la maison particulière où se trouTent ces actes, et n*entre-t-il dans ancon détail sur limportance et le nombre des minutes qu'on recherchait avec un si grand soin, et dont il avait primitivement nié l'existence f Etail-ee pour rendre toute vérification impossible? On serait tenté de le croire.
Je li'aimis en avant {Àrpad^ p. 37) que comme une hypothèse le nom de HooUnet. Outre toutes les présomptions déjà énoncées, et desquelles il résulterait qu'il est l*auteur de la Généalogie, jepuisiyouter ce qui suit. Il Ait envoyé, en 4785 et 4786, dans une province éloignée, afin de se procurer tous les actes nécessaires pour démontrer que la famille dauphinoise qui l'y envoyait était une branche cadette d'une très ancienne maison du pays où il se rendait . Le point de suture, qu'on reportait à 1600, était très difficile à établir, à cause d'une légère différence de noms. J'ai eu entre les mains, il y a peu de jours, une série de lettres énonçant toutes les difficultés qu'il a dû surmonter, et les sommes qu'il lai a fallu payer. Sa mission a été fort coûteuse, mais couronnée d'un beau sucrés, puisqu'il a rapport<^ une centaine d'actes ou d'expéditions authentiques dont le plus ancien remontait ù l'année 1070, et a réuni les éléments qui ontserNi à obtenir, quelques années plus tard, un arrêt du Conseil d'Etat. Moulinet avait donc une spécialité généalogique. En outre, le registre de 1790, et d'autres documents relatifs à la généalogie
qui 00118 oecope, ont été, assure-t-on, retrouvés chez sa veove, décédée à Paris peu de temps avant le jugement de 1839. Pourquoi Moulinet ourafMl eBlevé de Gronoble tontes ces pièces 8*il D'avaii pas joué an rdie actif dans tovt ce qui a préparé l'anrét de 4790?
Pour Juger des lUts de cette natore, il ne fliat pas perdre de Yue que les fiox exécvtés dans le bat de se donner ane position iiobfliaire, étalent traités avec beaacoap d'indnlgencearant 4789. On créa en leur faveur, en 4703, une jundiction particulière appelée Oumbn ib fArinuA^ qui ne condamnait qu*à une simple amende.
M. Sarrnt prétend que tout ce que j'ai écrit* ou à peu près, a été dit en 4821 . Je suis aases sûr du contraire pour n'être pas de son avis; mais je lui répondrai que tout ce qu'il affirme, ou à peu près, a été condamné en 4824 et en 4823. Poisqo'il veut ressusciter ce qui a été anéanti, pourquoi ne pas vouloir qn*on rappelle les motifs qui ont amené cet anéantissement ? Le principe rat jwUeaia pro veritate habetur, subsiste dans toute sa force et a condamné MM. Chanel à quitter le nom de Groy.
M. Sarrut (p. 45) se méprend élrangcmrnt sur les causes qui ont amené la publication de ma brochure. J'ai voulu faire une élude relative à un des faits, sinon les plus éclalanls, du moins un des plus curieux de noire époque. Les Mémoires imprimés en 1821 dans l'intérêt des princes de Croy, m'ont été communiqués dans ce but par une personne complètement étrangère à celte famille, et qui porte un des noms les plus honorables el les plus honorés de la province. M. Sarrut, ne pouvant détruire mon argumentation, se jette à côté delà question, et bat la campagne en parlant de révélation de choses intimes (il pouvait dire imprimées), et de tripotage intermédiaire. Il lance l'injure, qui retombe sur lui, parce qu'elle ne peut atteindre ni les princes de Groy, ni la personne qui m'a communiqué des Mémoires imprimés, et dont la position et riionorabilité n'ont rien à souiïrir de pareilles diatribes; ni moi-même qui ai voulu protester, au
nom de la Yérilé et de la dignité de rhistoire, contre tme iianrpatîon qu'on ne saurait trop blâmer en présence des procès de Modène et de Peslh.
Depuis quand s'arroge-l-îl le droit d'wiger qu*on soumette au bon plaisir de M. le démocrate sodaliste les publications qui touchent aux prétentions généalogiques de M. de Crouy-ChanelT Croit-il que la quallÛcation qu'il se donne soit auflsi un brevet de Directeur général de la censure ? Pourquoi et aux Trais de (|ui va-t-il passer des mois entiers à Modène, où ii prend part aux articles virulents publiés dans les journaux de Modène. Milan et Turin ? £stce ainsi que sa démocratie applique les principes d'impartialité ? Veut-il mettre en pratique ce précepte de Danton : « De l'audace, encore de l'audace, et toujours de l'audace, » cl procédfT par voie d'intimidation
Il écrit le mol tripotage, caractérisant si bien le rôle qu'il joue depuis quelques années dans toutes ces réclames jîénéalogiques. Veut-il, en sa (|ualil«' d anii du prince, se servir de ce prétendu titre pour battre monnaie? Prend-il la Hongrie pour le Péroir' Pense-t-il que la (iénéalogie de 1790 puisse devenir, entre les mains d'un membre de la société Crouy- Chanel et C.ompa^tiie, d('.> lettres de mar(|ue permettant de donner la cliasse aux mares d'or du duc de Modène? Estce lui qui, à l'avenir, sera eliarjîé de guetter la victime que sa haute position ou sa fortune désigneront ù des agressions et à des convoitises, et sur lesquelles il s'abattra comme un oiseau de proie (1) ?
(1) La Gazette des Tribunaux du IG juillet 1864, qui me parvient au moment où ma Iwochore était déjà sous presse, consacre quntre colonnes au compte-rendu du procès de Modène 11 résulte de l'analyse de la procédure due à M. Mongis, conseiller à la Cour impériale de Pans, et du texte du jugement du 9 juin, que M. de Crouy-Clianel n'clamait dans le principe le titre de marquis d'Kste.' atn; lou$ les droits y attachés, cesl-à-dire un certain nombre de millions. Plus tard, et par exploit du 12 janvier, le demandeur a restreint sa demande & la reconnaiasaoee
Il sait à quoi s*en tenir relativement à la Généalogie de 1790; on lui a eommnniqué d'autres doenments authentiques complétant sa démolition. Il y Aiil allusion à la page 60. D'antres écrivains pourraient prendre part 'aux débats, pour enpéeher k Tavenir des tentatives analogues à celle de Hodëne, ou pour arrêter sur le bord du prédpice ceux qui seraient tentés de suivre Texemple des condamnés do Pesih. Ils ne se laisseront pas iiifluencer par la crainte des pamphlets d'en Danton littéraife, d'un démocrate son'alisie qui va de Parts à Modène réclamer pour son... ami le litre de marquis. On dédaignera ces menaces cachées derrière de pressantes sollicitations, comme le parquet de n renoble dédaigne ses révélation* en ce qui me concerne. On rira de ce Don Quichotte de généalogies sophistiquées, qui, l'injure à la bouche, dit, comme les sectateurs de Mahomet : « Croyez. . . ou sinon. . . » Oui, Monsieur Sarrut. vous avez tous les droits possibles à donner des brevets de jongleur (p. 11 .... mais aux vrais jongleurs seulement; cl vous avez ton de vous plaindre ip. 97), de ce qu'on ne vous oppose pas <' (juelque <lélni(icur laborieux et de bonne foi, •< qui veuille bien se grandir jiis(|u'à la hauteur d'une dis- '< cussion sérieuse. * Le mol Ircteau. (jue vous ave/ écrit a la paj^e \ 1 . ne lerinincrail-il pas mieux la phrase, et n ai-je pas le tiroif de nous adres>(T des paroles sévères, pour répondre a une prétendue réfutation, si pauvre dans le fonds el si violente dans la forme ?
M. Sarrut (p. -34 nie deuiande pourquoi je ne|)arlcpas « de la (ommission nommée par M. le Préfet de risère. « qui avait émis l'avis que les titres présentaient un caractère
de son droit au titre de marquis d'Esté, pour éviter l'exception
d'infomp.'toiicf alisolue, ratiorip. mnlfrùr. Cotlo restriction do la demande est-elle détinitive dans 1 esprit de M. de Crouy-Cbanel, ou n'a-t-elle été faite mie momentanément, par suite de la
crainte d'une exception ti incompétence absolue? L'avenir nous l'apprendra, M Sarrut p.irl.iil. r»u mois de niar^, de la demande éventuelle d un assez grand nombre de marcs d or.
c d'aulheBlidlé irréensable. » eC il prodame ma légèrelé < pour n'avoir paiàm'aeeaaer delà plus iiuigDe mauvaise foi.»
Il apparlleut à une certaloe école, je ne dirai pas d*liislorieiM, mais d'éerivaîns, discutant sur ce qu*ib ne connais» sent pas et n*ont pas même lu, prenant les dames de la haPe pour la Muse de Thlstoire, et remplaçant les raisons par des diatribes. La commission dont il parle était composée de MM. Robin, Pn^anon, de Montai, Mu OUMer, Docoin, Pilot et Groiet. Elle était uniquement char|$ée de constater Torigine, l'état et l'authenticité des registres de diverses natures et provenances, trouvés à Paris, après le décès de la veuve Moulinet ; quelques-uns furent déposés au greffe de la cour et du tribunal» d'autres dans les archives de la Chambre des notaires.
Quant au registre de 4790, qui porte le numéro 41 de la collection, la commission reconnut qu'il avait un caractère irrécusable d'authenticité; que c'était bien le même document dont la rédaction remontait à 1790, et sur lequel on avait transcrit à celte époque les actes et titres présentés par MM. Chanel, cl brûlés par eux en 1793; que c'était le dernier des qiiaranlc-un volumes delà série, le même qui avait été enlevé en 1790. peu de temps après le moment où on avait commencé à y faire des transcriptions, et que ce registre devait être joint aux quarante premiers.
On ic voit, cette commission, en ce qui coiu rmc le registre en question, était chargée seulement de savoir s'il remontait réellement h 1790, et si la signature qui figure à la suite de Tarrét était bien celle du greffier, M. Perrier. Qu'importe, dans une discussion généalogique relative à des faits qui remontent à six siècles, un épisode si insignifiant et d'une date si récente? Il faut être aussi à bout de raisons sérieuses que M. Sarrut. pour en faire l'objol d'une accusation de mauvaise foi, pour y voir un thème à gros mots et un outrage envers les membres de la commission dont les « fils doivent faire respecter la nièmoire, ^> lorsque les membres vivants ne se croient pas outragés. Il devrait être logique, et ne pas insulter (p. 84) la mémoire d'un con
seillur iHi i'iirk'iiiciii dont le seul lort a clc de ne pas picndrc au sérieux l'arrêt de 1700; à moins que la phrase adressée aux cendres d'un mort ne soil UQC tenlalivc dlnti* midation a l'égard de ses hériliers.
M. Sarrul ne veut pas qu'on porte la main sur l'arche qui renferme, non pas la loi de Dieu, mais la généalogie qui
doil délivrer les Hongrois de la tyrannie de rAutriehe
et le dne de Modéne d'ane partie de 8»mmte§ d'or. A défaut de châtiments que Dieu infligeait aui infidèles, il lance des iDjinres qui prouvent la faiblesse de sa cause, ou éerft des naïvetés paradoiales de la force de celle-ci : c Ceux qui nient € la filiation du prince de Crouy-Chanel. connieltent le délit « dMnsolenee autant contre S. S. Pie IX, que contre l'empe- « reur d'Autriche, l'empereur des Françab. etc. , que contre < Auguste de Hongrie » (p. 98)* Continuez vos paradoxes, et ijoutes qu'Auguste de Hongrie, comme vous l'appelez, commet le délit de conriisanerie et de servilisme envers l'empereur d'Autriche, en liusant insérer dans les journaux italiens que la maison de Habsbourg doit être rayée de la carte dés grandes puissances, que sa déchéance est une nécessité sociale, et en servant de prétexte h une conspiration à raison de laquelle la cour de Pesth vient de prononcer cinq condamnations à mort.
L*asslndlation des Chanel aux Rohan et la substitution d'un nom à l'autre dans la devise si connue de la* maison '< qui ne voulait être que Aohan », suivant l'expression de .M. Sarrut (p. G7). manque complètement d'exactitude. Les Rohan. qualifiés de cousins du roi, ont été ou sont comtes de Porrhoët et de Rennes, barons de Lanvaux. princes de Léon, ducs de Montbazon, ducs de Rohau-Rohan, princes de Montauban, de Maubuisson, de Guéménée et de Soubisc. marquis d'Annonay, ducs de Bouillon, etc., etc. MM. Chanel peuvent-ils en dire autant? Les vieux auteurs parlent très souvent des Rohan, mais jamais des Chanel.
Les Rohan ont occupé les plus hauts emplois dans l'église, dans l'armée et dans la diplomatie; la Généalogie des
Chanel ne mentionne, comme iiluslralion. qu'un prétendu archevêque d*Embrun. Jean (oublié, et pour cause, par toits I6S historiens), qui aurait assisté, en 4308. au mariage de son neveu. On le voit, eetle préleliUeuse eomptraisoB des Ghtnel aux Rohan ne résiste pas au plus léger examen.
Le baron Nyary, dans ses diverses Con^Uœtiimi publiées è Modène, revient eonstamment sur des Ails élucidés par les discussions précédentes. Dans celle qui porte la date du S8 janvier 4864, Il dte, sans doute dè seconde ou de troisième main, le huitième volume de VBiâktin de la mÊiam de B»hmulmifm (ou de Sonabe, qui a fourni des empereurs & l'Allemagne), dans lequel on parle de plusieurs personnes qui ont eu simultanément le titre d*évéque dans lo même diocèse. Il tire de cette amertion la conséquence illogique, en contradiction avec tous les documents connus, que Jean de Crouy-Chand doit son titre d'archevêque d'Easbrun à une circontance de cette nature (1). Je lui répondis : {Di oleunt doeuntienti, p. 63), que sur cette (|uestion il valait autant citer le' Koran ou les œuvres de Confucius, que VBiiloin ds la maism d§ Somb», Comme il ne comprend quele magyar, il a pris ma phrase au sérieux, et il m'accuse sans sonrrillt r, rians sa Confutazùm du 47 juin 1864. de confondre le célèbre historien Rhaumer avec le Koran et Gonfocius. J'avoue que je suis amfimdu de son ignorance sans égale.
M. Nyary est venu se jolcr on aveugle dans une polémique dont il ne connaît pas le moindre élément, soutenue dans
'1 Dans 1*^ mov(^n-rii!(\ iorsmic Icî vni\ du i liapilre étaient parta^ée« sur le choix du candidat, ou lorsque le souverain pré- Hontait à la nomination du pape un autre candidat que celui du chapitre, chacun dVnx était désigné par le mol ekctus; celui qui recrvail ses bulles du pape était sonl appelé epigropus ou rtrchiepùcopus. Dans l'acte de 1308, Jeun de Crouy-Chaoel est appelé plusieurs fois arehiepiscopue Ebrodunende, bien que le cartiilairi' d Knilirun. 71/1' existe encore, ne mentionne ni sa présentation, ni sa nomination.
vote langue (|u'il ne connaît pas ddvantagc. Ce qui le prouve. c*esl la fausse intrrprélalion tic ma réponse (raduilc par M. Vcratli. dans laquelle je dénionlrais qu'en 1308 Guillaume de Mandagot. et non pas Jean de Oouy-Clianel était archevêque d'Embrun ; j 'ajoutais ceci : « Clie cosa oppone
cgii a questc pi-ovc ? La C$es''hirhtc dcr Ihhenstaufm : con « altrellanla ragionc potrcbbe citare il Corano c le opère " di (lonfucio. » On le voit, l'obscurité de celle phrase ne peut résulter que de Tignoranec de la langue italienne. 11 m*accuse aussi de fausser les textes, et me fait dire le contraire de ce que j'ai avancé, nolammcni en ce (|ui concerne la leHre éerile par Lesdiguières. Mon conlradicieur hongrois ne comprend pas mieux le français et faUemand qoe i'ilaUen. On peut s'en convaincre fadlemeiil par les citations q« setronfcnt dans ses articles, telles qaecêlle-ci : € Lesdigniéres en ayait ftkiOBpédir mir h ehaeup », pour nBpOitr fMT U tkamp.
Dans sa OmfiOaxfmê M Î3 j inno w , il écrit : € Ghes- « cbichle der Hohenstaosen» an lien decGeschichte» (histoire). Le préfixent, qui entre dans la composition d'nn très grand nombre de mots, et indiqoe la réunion, la pluralité des choses exprimées par le radical, ne prend d'A dans ancon dialecte germanique. Quant à l'auteur de riKiiosrs ds Imnmiêoniê Bo h m ti mf^ (4)» M. Nyary l'appelle tantôt Rheumer, tantôt Rhaumer,aolieude Raumer,cequi estd'aulant plus impardonnable dies un auteur ayant la prétention de savoir raliemand, que ce nom, très po|Mtaira de Taolre côté du Rhin, est en même temps un substantif qui veut dire un instrument servant à percer, nettoyer, évider, et celui qui crause, cure, nettoie. On le voit, pour soutenir une polémique, soit contre M. Veratti, soit contre moi, il est constamment olil%é de recourir à un interprète ou à un traducteur;
(1) Ce nom signifie hauti roehen. Voyes Pott, Die ptmmen* funnsn, p. 372.
c'est donc rendre impossible (oulc discussion sérieuse. Malgré son ignorance des faits qu'il veut élucider, il a la prétention de connaître les hommes et les choses ; il parle tantôt de ma hardiesse el de mon imperturbabilitc en présence des ' démentis de M. Sarnit appuyés sur des preofes écrasantes. tamAt du triste speelaele offert par un gladiatav désarmé et déeoora^. Tielime des instigations de M* Veratti.
Quant à la brochure de M. Sarrut, que son ignorance de la langue Ihmçaise ne loi permet ni de comprendre, ni d*apprécier, il en parie en ces termes, traduits leituellement : t Le Uvre historico-critiqoe que vient de publier c M. Sarmt, sous quelque aspect qu'on le juge, est une des « plus savantes productions de la critique moderne et de la € littérature française. » Pium France, qu'on a si soorent appelée le centre des lumières, des sciences et> des arts! Quelle triste idée de ta littérature se feront à l'aTcnir les étrangers qui auront la bonhomie de sVn rapporter ou certificat de M. Nyary, et de considérer le Tatras indigeste de M. Sarrut comme un modèle de critique, de style et de bongoiit! Quelle humiliation pour les Tliiers. les Lamartine, les Henri Martin, les Guisot, les Villemain, les Maury. si l'étrange opinion formulée par M. Nyary, opinion qui prouve jusqu'à quel point il pousse l'application du système d'admiration mutuelle, trouvait un seul écho en dehors du cercle si étroit et si aveugle des adulateurs fiNNul même de la Généalogie de 1790 !
J'ai apporté toute la bonne volonté possible à comprendre commenl M. Sarrut peut concilier le rôle qu'il joue, avec sa déciarniion de principe : « Je suis démocrate, déniocralc '< pratique, démocrate chrétirn. » J'ai relu plusieurs fois les pages 1 1 et 12 des Filg d'Arpad, dans lesquelles il écrit qu'il est adversaire prononcé des privilèges, elsiirloiit des privilèges héréditaires, mais qu'il n'en professe pas niuins un culte religieux pour la famille, pour cette transmission du nom, qui lie les générations entre elles par une solidarité de sentiments et d'honneur. Il m'a été impossible de me rendre compte com-
ment M. Sarrui coDciliaii ses principes avec sa ligne de
conduite.
QuoIIp (iiiïércnce y a-t-il onlre un liomiiic qui se déclare partisan du droit monarchique et aristocratique, voulant que son paNs soit gou\erné liérédilairemeni par les membres successifs d'une même famille, et que les titres soient héréditaires, et M. Sarrut, démocrate pratique, un des adversaires les plus énergiques de la royauté, des titres et des privilèges de naissance, mais déclarant bien haut que tant qu'il y aura des blasons et des titres, la famille de Crouy- Chanel aura droit h ceux de Hongrie; posant dans ses ouvrages la candidature de son protégé au trône de Hongrie, comme chef de la dynastie chanélienne, alors qu'il a sape pendant si longtemps celui de Louis-Philippe, et se rendant à Modcnc pour revendiquer, au nom de M. de Crouy- Chanel, le titre de marquis d'Esté, en vertu d'un principe aristocratique dont le point de départ remonte à six siècles, et teriit la eonéqQonee de la saissaiiee fllégilime d'un ancêtre de son adversaire. Cette manière de raisonner rappelle le fameux : c Prenez mon ours » dn vaudeville de Scribe, VOurs a U Pëcha, qui a dd égayer la jeunesse de mon contradicteur.
Si c le tort de la démoeralie a été d*avotr laissé usurper « un droit, là ou H n'y avait de sacré que le fait; d'avoir « laissé sobslilneron droit A an titre », pourquoi H. Sarnit, démocrate pratique, prend-il tant de peine poor ehereher à démontrer qne M. de Crony-Chanel est prinee de Hongrie et marqnb d'Esté f Que ferait de pins nn partisan do droit divin t Je le prie de vouloir bien s'expliquer plus clairement, et de dire aussi pourquoi il a défigoré deux vers qu'il emprunte à la cinquième satire de Boileau en substituant le nom d'Astolfe à celui d'Alfane (p. 70). A-t-il la prétention de corriger l'auteur du Lutrin f
M. Sarrut reproduit textuellement, à la page 79. une phrase écrite par moi dans les Affâ; « Pour permettre an « prince Henri de tenir un rang en rapport avecsa positioB,
« on l'a prié d'Hcci plc r un<' pension d'un nombre irès res- « pcclîibic de llorins. » Sans préoccuper de savoir si j'ai écrit que la pension avait clé ou non atceplée, ce qui ne ressort nullement de mon récit; il m'accuse de dénonciation, maïs n'oublie pas d'envoyer un exemplaire de son pamphlet àH. le Procureur Impérial, auquel il signale mes prétendues catomnies; il parie du r6le odieax que je joue, du comité du Salm pobUe, et m'applique eelte cilelîoti :
Et des têtes coupées,
A cet enfant cruel servirent de poupées.
Il cherche, mais vainement, à faire de Pindignation à froid comme des acteurs de dernier ordre dans les mélodrames « mort-nés » d*aateni« Inconnus. Pour stimuler une colère qui lui fait défaut, il entremêle ses phrases de gros mois, comme on caporal iostmcteur embarrassé dans les explications qu'il donne i ses soldats. Il oublie que les journaux ont raconte, il y a quelques mois, sans croire désobliger en rien M. le duc de Luynes, qu'il s'était inscrit pour une somme de cinq cent mille francs en téte d'une liste de souscription, dont le produit était destiné à acquitter les dettes du beau-prre de ViV le comte de Cliarobord. Croit-il que la léte du noble duc soit moins solide sur ses épaules que l'année dernière ? Je pourrais lui citer d'autres exemples de dons volontaires et politiques qui ont eu lieu depuis 1830, et à raison desquels le Gouvernement, qui en avait connaissance, n'a jamais sévi. S'il pensait que ma révélation ou ma dénonciation à 80 exemplaires, relative pcut-élre seulement à une oiïre, fui accueillie par les «faiseurs de zèle des " Parquels autrichiens», cl donnât lieu à des enquêtes clandestines, l'aurail-il reproduite tcxtuellenicnl dans un ouvrage imprimé en ltali(\ où il a reçu une grande; publicité? Poser la question, c'esl cvideninit iil la résoudre. Les accusations de M. Sarrut tombent d ellcs-nièmcs : il lui suflisait de me signaler le péril par une lettre conUdenlieile, s il avait récl-
lemeoi craint un danger pour quelqu'un. Je me serais alors fah un devoir de lut répondre ce que je lui dis aajoard'Iiiii : qoe le fait en question m*a été raconté par mie personne honorable qui a voyagé en Autriche ; qu'elle a pu être In* duite en erreur ; que je ne suis pas allé sur les lieux pour le vérifier, parce que m'occupant d'une question généalogique j'ai alliiché très peu d'importance à celte offre de pension. J'aurais même ajouté que, <l'après ce que j'ai appris récemment, M. Henri de Crouy-Chanel. satisfait de sa position en Hongrie, désapprouve le procès de Modène, et que son ' frère Auguste est seul en rapport avec les membres du Comité européen.
Je ne veux pas aller plus loin sans protester hautement, et avec toute l'indignation que fait naître en moi le procédé inqualifiable de M. Sarrut, contre ses injustes accusations. Il espère, au moyen d'une dénonciation calomnieuse, faire peser sur l'auteur d'une phrase inoffensive toute la responsabilité morale encourue par lui, prétendu républicain, inféodé à une cause nobiliaire et mouarchique, et par H. Auguste de Grouy-Chanel. Je veux parier do procès Jankor Somagy. à raison duquel la cour martiale de Pesih a prononcé. Ie3 jnniet 4864, cinq condamnations à mortel trois à la réclusion (quatre accusés ont été acquittés faute de preuves). M. Sarrut, dont Torganisme distille le fiel avec tant d'activité, savait très bien, lorsque le 90 mai 1864 il a lancé cette accusation contre moi, que le procès en question était commencé dtpms pri$ é$ êm» mm. C'est le résultat de la publication des FiU é^Arpoi (1864), des Droùê éu ilrpod(186S), de divers ouvrages de cette nature, émanant d*auleurs hongrois, et de pienées secrètes fbmeBlées dans le but de rétablir une monarchie héréditaire dont H. le démocrate socialiste voudrait peut-être devenir le ministre. Ce malheureux procès est dû uniquement à ces diverses causes, et à une ambition d'autant plus blâmable, qu'elle n'a aucune raison d'être, et non à ma brochure, qui n'a pas franchi la frontière de Franee avant les premiers jours de l'année
C'est sur vous, aclif propagateur d'assertions erronées, d'allirmalions sans cesse démenties par l'Iiistoire, metteur en scènes de tentatives révolutionnaires (je ne dirai pas monarchiques, parce qu'elles n'ont pas pour base l'hérédité. . que doit retomber le sang qui va couler, si l'empereur d'Autriche ne daigne pas étendre sa clémence sur les malheureuses victimes égarées j)ar vos écrits. Ne croirail-on pas que la phrase suivante, empruntée à la Correspondance générale de la prêtée, et reproduite par plusieurs journaux, notamment le Journal des Débais (1), a été écrite pour servir de réponse à vos accusations : « Telle est la terrible fin de la « pitoyable conspiration mise en œuvre par des tètes exal- « tées et par des imposteurs, en faveur de l'aventureux « prinee de Crouy-Chanel, qui prétendait à la couronne de « Hongrie. »
(0 Numéro du 10 juillet 1864, 2* page, 5' colonne.
M. Sarral. en parlant de Kossuih» chef de rémigralion hongroise, dit (p. 59) que ce républicain est anlagoniite de tontes prétentions monarchiques. Les idées de Kossulh paraissent eependani modifiées. Un ex'H>ffieier de la légion hongroise au service du roi d'Italie m*affinne ce qui suit, au moment où féeris ces lignes. L*Ulttstre émigré, dans un manifeste reproduit par divers journaux, notammentlUniMUo, de Milan, en 1 86S. sous le litre de CetifUirtttim teuMmiis. proclamait la nécessité de la forme monarchique constitutionnelle, et rompait des lances avec M. Hom. qui lui faisait remarquer rineompatibililé du système monarchique avec iesysitime fédéral. Pourquoi non eontradicteur s'étonnel-il de ce que j*ai écrit que H. de Crouy-Chanel avait eu des rapports et des pourparlers avec Kossulh. Tiirr« Pulsaky et d'autres chefs de l'émigration hongroise?
M. Sarrut (p. 48 et 83) me reproche « ma maladrene et « mon incontestable inhabileté ; » mais je le reconnais, quant à ce. pour mon maître, et môme pour un grand maître. Qui donc robligeait à révéler aux personnes qui les
ignoraient deux épisodes de la Nie de M. de ('rouy-Clianel, esquissés dans les Droits des Arpad, \). 00, G8 el suivantes (1), el surloul à citer le National, cl le Journal des Débats (il pourrait ajouter la Gazette des Tribunatuc) du 5 septembre 1832. Il parle (p. 93 « de ceux que je tue d'un « gros pavé. » Quant à lui, il ne les lue pas avec un pavé, il les écrase maladroileinent sous une niasse de |)loinb; mais comme il parait avoir agi aussi avec peu de discernement, il u droit au bénélice des circonstances atténuantes.
M. Sarrul, en isolant de tout ce qui le précède et l'explique celte répartie spirituelle d'un avocat au Parlement : « Rien n'est plus faux, mais rien n'est mieux prouvé, » appliquée A la Généalogie de 1790, songe aoi Bobèche et aax Brunet qui ont égayé sa jeunaue. li n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et il ne comprendrait pas mieux cette phrase, restée célèbre, de H. Berryer : « Je € n'en sais rien, mais j*en suis sûr, » si elle deraiC être interprétée contre le sjfstème qu'il défend. J*en sois ftcbé, mais pas pour M. Berryer, qui traiterait à bon droit de Bobèche et de Brunet ces sourds dont parle rÉrangile.
La preuve qu'il ne s'écoula que dÙD^uft jours entre le dépéi des actes présentés à la Chambre des Comptes et . Tarrét, résulte du texte même de l'arrêt transcrit par M. Sarrot. p. 197. ligne 4 de la première édition des FUt d' Arpad. L'acte de remission (remise) des titres en communication originale est du 9 mars, les conclusions du Procureur Général ont été données le et l'arrêt rendu le S9 mars. M. Samit parait douter de ce qu'il a écrit lui-même. Quantà la premreque la demande de MM. Chanel fut d'abord
{1) La préface est de M. Sarnit, le surplus du volume a été compost* par M. Albert Nyary, baron de .Vyarefjyhaza. Une des bizarreries du procès <le Modène, c est qu il est intenté par un Français à un archiduc d'Autriche, devant un tribunal italien, et qiie les articles écrits par deux Français et un Hongrois, y juueut uu gtànd rùie.
rqelée à la Chanl»re des Comptes, on peut la trovrer dans la noie de M. de Slnardt mais il n'y a pas d'arrél de rejet ; 00 dut, eomme on le fait dans des dreonstanees analogoes, jondir It Unmm, se retirer en présence d*un rqet probable, et revenir à la charge en faisant valoir l'argument énoncé dans les derniers mots de la note manuscrite.
Je ne connaissais pas le certificat transcrit i la page 86. Il constate que MM. de Crouy-Cbanel pauaimipaitr avoir une antique et illoslre origine, et que l'opim'on publique i cet égard étant le résultat d*une possession constante, elle n'est pas susceptible de contestation. A mes yeux, il ne signifie absolument rien. Les personnes qui Ponl signé n'affirment rien; elles l'ont entendu dire peot^^tre à des parents ou è (les amis de MM. Chanel. Les motspassmt pow n'ont pas été écrits sans intention, au lieu du mot «oui. Ils parlent d'une possession constante etimniémoriale ; cette aHirmalion des signataires, dont plusieurs sont étrangers à l'arrondis» sèment de Grenoble, ne peut pas détruire les actes qui existent ni en créer qui n'existent pas.
D'autres enfin certifient que MM. Chanel sont géncrnlemenl connus sous les deux noms réunis de Ci-ouy-tJianel ; que personne n'a jamais cru possible de les leur contester, etc. îl est évident qu'on ne pouvait pas leur contester, avant 17^K). uti nom qu'ils n'avaient jamais porté: mai"; en 1820. ce ooni donnait lieu à de très vifs débals dcsiuil les tribunaux, .l'ai eiilie le> mains, moi aussi, beaucoup de lettres émanant de personnes très versée> dans riiistoire de la pro vince, el (|ui prolestent coiilrc une pareille usurpation, ('onmie elles sont conlideniielles, je me confornierai ù ce (|ui a eu lieu en 1820, et je ue les publierai que dans quarante-quatre ans, si
Pas uii des actes de l'étal civil antérieur à I T.S'J jusqu'à l'époque où la généalogie vraie bifurque dans la direction de In Hongrie, ne contieul le nom de Crouy. Il en est de même de certains actes de procédure qui existent encore, et dool je pourrais, au besoin, représenter les pièces originales.
Bolimmeiit celles qui sont rdalifes à un procès inlaiilé en 1746 par M. Ravii-Domas, médecin, pour obtenir le paieneuf dp ses honoraires. Le non de Crony ou Croy ne figore pas dans les actes notariés passés de 1750 à 4790 par MH. Chanel.
M. Borel d'Hanterive, secrétaire de TÉcole des Charles, qoi publie XAximwn dit la JVîpMmm U Fhme$, cité comme témoin dorant la Cour d'assises de la Seine dans Taffaire Conty de la Pommerais, disait an Président que lorsqu'il répondait à une personne dont la signature était précédée d'un titre, il donnait toujours, sur l'adresse de sa réponse, le litre en question, lors même que cette personne n'avait aucun droit h le porter. II aurait cru faire une impolitesse en le lui refusant. M. Alfred de Bougy, dans une lettre qu'il m'a écrite, s'exprime ainsi : « Vous me déniez le ib, « peu m'importe; mnis mol, procédant d'après la politesse € parisienne, qui n'est pas, paratt-il. celle de Montélimar « ou de Carppnirns. jV me dis, etc. » Beaucoup de gens font comme MM. Rorel d'IIauterire et de Bougy. Puisqu'à Paris les titres et les particules sont devenus une simple affaire de courloisip, j'aurai soin de me conformer, même dans cette brochure, aux usages parisiens, et de ne plus discuter à l'avenir les questions généalogiques.
Le comte de Montalivet, né i\ .Sarrcguemines, et dont la famille était de Valence; le comte Français, né dans l'arrondissement de Vienne, et qui habilail Nantes avant la Révolution; M. Ollivier, conseiller h la Cour de Cassation, né dans l'arrondissement de Valence, inscrits des premiers sur le certificat du 19 juillet \HiO, avaient connu à Paris, sous Napoléon I". M. Chanel nommé chambellan sous le nom de comte de Croy. Comme MM. Borel d'Haulerive et de Bougy. ils auraient crn être impolis en refusant de signer le cerlillcat qu'on leur présentait. Il suffît de trois ou quatre noms comme ceux-là en téte d'une liste, pour obtenir ensuite des milliers de signatures.
Les premières personnes qui ont cédé aux désirs de M.
Chaoei. se rappelaient aussi que, quarante ans auparavant, on certificat de noblesse constatait le contraire de ce qu'on certifiait. A cette époque, il y avait trois catégories d'oflîciers : 1° Ceux qui étaient admis à l'École militaire après avoir fuit leurs preuves légales de noblesse en produisant les grosses des notaires détenteurs des minutes les copies colialionnées, c'est-à-dire les copies de pièces représentées et rendues aux parties, comme le registre de 1790, ne pouvaient pas servir; de quelques formalilt s (|irello.s eussent été revêtues, et de quelque époque qu'elles fussent dalccsj ; 2° ceux qui devaient l'épaulelte à de longs services ou ù une action, d'éclat, ou qui étaient employés dans certains corps de troupes légères : on les désignait sous le nom d ofliciers de fortune, c'est-à-dire de hasard ; et 3" enfin ceux qui appartenaient à la riche bourgeoisie. Ces derniers, après avoir servi pendant quelques années comme cadets, pouvaient être nommés ofliciers en produisant un certiiical de noblesse. Celte pièce était signée par quatre gentilshommes, chevaliers de St-Louis, et revêtue de l'empreinte, sur cire, de leurs armoiries. On certifiait que la personne à qui on la délivrait « était fils d*nD tel, écuyer, virant noblement, et < d'une telle, noble, dont le fils était par conséquent geu- « tilhomme, comme issu de parents nobles. »
Gomme ces attestations étaient très souvent données i prix d'argent ou arracbées par l'importunité, un arrêt du Conseil décida en 478S que les certificats de noblesse seraient défivrés par Cbérin, ce qui occasionna de très vives prêtes^ tations de la part du tiers-état.
J'ai sous les yeux une pièce de cette nature, signée à Cbomérac (Ardèche), le 8 décembre 1766, par Louis-François, comte deBalaïue de Montréal, Jean-François-Hercore de Rocbesauve, Alexandre de Bénéfice baron de Cheyius, et Georges-Honoré Leblanc, délivrée à Etienne Aureille Deribes, mort sans enfant, capitaine d'artillerie, et dont le père était qualifié de bourgeois dans différents actes que f ai entre les mains. Si je ne craignais de froisser la soscep-
Ubilité des ramilles, je pourrais dler d*aatres exemples pareils, dont j*ai une conoaîssance perMumelle. Les certi*ficats de noblesse tolérés par suite d'one entorse faite à la loi, proavaient donc que eeux à qui on les remettait étaient rotoriers. Que doit-on penser de ceux qui ont été délivrés à M. de Crouy-Chanel, et qui sont en contradiction manifeste avec tous les actes non suspccls qui les concernent? La similitude qui existe entre M. Aurcille Deribcs et MM. Chanel est trop conipièle pour que le doute soit possible.
TI résulte, soil de Wilmanach du Dauphiné (ij, soit du Grand Vocabulaire français, publié par une société de gens de lettres ( 2) , soit du Répertoire de Jurisprudence de G u yot (3) , que les Chambres des Comptes avaient dans leurs attributions la surveillance de tout ce qui se rattache aux questions financières, et qui est aujourd'hui du ressort de la Cour des Comptes; de plus, elles recevaient les hommages, aveux et dénombrements des vassaux du roi ; elles enregistraient les édils de création et suppres>ioii d'oflices, de concession de privilèges et octrois aux villes; les actes concernant les réunions et aliénations des domaines du roi, les lettres de nataraiité, légitimation, dons, pensions, gratifications, modérations d'amendes, prélatioas, etc. , et enfin iestilresd^éreclion de terres en dadlé8-|Niiries, marqninls, oaaMés, baromiies, haoïe justice, et les lettres d'anobUssenent» confirmation et réhabililaiion, qui ne devenaient parfaites et définitives qoe lorsque cet enregistrement avait ou fien.
La Clianibi« des Comptes statuait aussi mur les diflicnllés relatives aox anoblissements «t éreetioM de terres en fiefs Uttifis. Avant la Révélation de 4789, les nobles et les prêtres étaient exempts de la taHIe, qii retombait tant entière snr lea rotmiers; les gentilshommes payaient llmpét do sang.
fl) Grenoble, 1788, p. 99.
[9] Paris, Panckouke, 1768. 30 volumes in-4*.
rs; Paris, 1784-1785, 17 volnnes in-4P.
uiymzea by GoOglc
et se ruinaient souvent au service du roi, qui ne pouvait leur donner que des appoinlenienls dérisoires. Comme ' chaque paroisse était imposée pour une somme fixe, répartie entre tous les habitants en proportion de lu valeur de leurs biens, lorsque des familles ou des domaines roturiers devenaient nobles, il y avait nécessite de traiter avec les paroisses, et de leur payer une indemnité pour tenir lieu du supplément de taille dont les habitants allaient être surchargés, (icux-ci, par l'entremise de leurs délégués, avaient le droit d'intervenir et de vérifier les actes de ceux qui réclamaient la qualité de noble et les privilèges y attachés.
La traoscriptioii obligatoire des actes dont il vient d'être parlé, avait po«r bot de permettre aax parties intéressées d*eB prandre eonnsiasanee. C'est ptr sôite do oe prindpe que les aetes iranslttifii de propriété imnobilière n*ont aujourd'hsi d'effet i Tégurd des tiers que do jour où ils ont été transcrits i la conservatioo des hypothèques. Un acte notarié est valable eoire les parties contraetantes dès qu*il a été signé ; des lettres de ooUesse eoBstataient la volonté do souverain d'aeeorder une distinetion bonorifiqoe ; mais ces pièces ne peuvent pas rester A Tétat latent : la transeription ou enrogistrement doit compléter leur effet; aqjoord*hol, par suite du même prindpe, un décret est dépourvu de toute loroe légale» tant qoll n*a pas été promolgoé au Bulkim du Loii, Or, de même qo*un acte de vente, entaché de nullité parce qu'il a été consenti par une personne qui n'était pas propriétaire de l'immeoble allénéi ou qui n'avait qu'un droit résoluble, n'est pas validé parce qu'il est transcrit au bureau des hypothèques, de même des titres nobiliaires, émanant d'actes suspects, en contradiction avec ceux qufse trouvent dans les archives publiques et privées, et de nature A porter atteinte aux droits des tiers, ne sont pas validés parce qu'ils ont été transcrits sur les registres d'one cour, compétente pour opérer cette transcription dans un intérêt public, mais impuissante à faire que ce qui était faux devint vrai, et iooom|iétente lonqu'cJle prend sur eUe de
sanctionner une prétention en attribuant ù MM. Chanel un nom qui avait toujours été la propriété exclusive des princes de Croy. étrangers à l'insfance. Cette transcription et cet arrêt ne pouvaient servir aux Ciianel que de point de départ pour prescrire le nom de Croy; et d'après l'ancienne et la nouvelle jurisprudence, et notamment un arrêt de la Cour de Cassation du 10 mars 1841, la prcî!>criplion en matière de noms et d'armoiries n'était acquise qu'après une possession de cent ans.
Voilà pourquoi je disais {Arpad, p. 13), que cet arrêt était U teul é» « fmun rendu par une Cour incompétente. La Chambre des Comptes transerirail les actes de certaines fluiiilles nobles, vennes d*inie antre provînee, eomme ceux des Barjac, do Vifarais, dont la copie se trouve dans le même volume que celui des Crouy-Chanel; elle déclarait qu*il résidtait des pièces produites que ces familles avaient le droit de jouir des honneurs et prérogatives accordés i la noblesse; mais M. Sarrut ne citera pas un mvI autre arrêt aceordant à un bourgeois reconnu comme te! par la noloriélé publique, et la qualité de noble, et un nom qu'aucun memlire de sa famille n'avait pris ou porté depuis un siècle ou deux, même en s'en rapportant aux actes fournis par lui à l'appui de sa demande. Voilà pourquoi, si Ton en croit la tradition, Tarrét de 1790 avait été fortement épiti^ afin que la sauce fit passer le poisson.
Les Parlements étaient seuls compétents quand il s*agissait de nom. d'état civil et de filiation. Deux arrêts rendus par le Parlement de Paris, les 1" février 178t et 31 juillet 1783, mirent fin aux procès intentés par la maison de Créquy h la famille Lejeune de la Furjonnière, et par la maison de MoU' tesquiou à la raroilie de Bonibène. La première de ces instances offrait quelque analogie avec celle que les Crouy- Chanel ont soutenue contre les princes de Croy ; il n'est pas inutile d'en dire quelques mots.
MM. Lejeune de la Furjonnière, issus d'un valet de chambre de Louis XII, anobli par ce monarque, venaient
de prendre le nom de la maison de Créquy, dont ils portaient depuis longtemps les armes, aux couleur s près (4). Us n'avaient pour eux ni la possession d'étal, ni la notoriété publique; jusqu'aux derniers temps qui avaicnl j)r(cédé le procès, aucun membre de leur famille n'avait porté le nom de Créquy. Leurs prétendus droits étaient uniquement fondés sur un acte suspect de U78. d'après lequel Jean le Jeune, qui habitait Tours» a?ait conduit chez im notaire de Paris dnq personnes, originaires de Picardie, qui ayaient dédaré entre antres clioses, que ledit Jean le Jeune < est issu, de c par père, de eenx de Créquy, dont il porte encore de « présent les armes, fors qu'il y a différence de couleurs. » Cet acte aTait été. peu de temps après, reconnu sincère par le Bureau d'élection de Tours. MM. Lejenne faisaient aussi ressortir ce moyen, qu'ils STaient toiyours porté, à quelque nuance près, les armes de la maison de Créquy. Treflbard, avocat du marquis de Créquy, rappelait l'opinion des auteurs héraldiques, dont l'avis est que la resseinblanee, et même la conformité des armoiries, ne signifie rien relativement à l'origine des familles. L'arrêt du Parlement ordonna aux Lejenne de ne plus prendre à l'avenir le nom de Créquy, qui dut être effacé dans tous les actes où il avait été inséré indûment.
La question d'armoiries était de la compétence du Juge d'Armes : d'Hozier, après avoir acqub la preuve que les Lejenne avaient depuis trois siècles un créquier dans leur blason, décida qu'ils porteraient à l'avenir di gueula au eréquier tratM d'argent.
La Chambre des Comptes était également incompétente
'1] Les Créquy, connus depuis l'année 967, doivent leur nom
à un villafre de Picardie. Leurs armes sont : d'or au créquier arraché de gueules. Le créquier est un arbre sauvage et épineux dont 00 se sert dans le nord pour faire des baies. Ce mot vient de Arwefte, prune grecque, en allemand; eriàk en tudesqne; hrikon en danois; erlçiM en picard.
en matière de dérogetnce oo d'omission de qualifications nobles. J'ai en récemment entre les mains les papiers d'one des quatre familles nommées par M. Serrât à la page-Or Les difficultés è raison desquelles elle étaiten instance devant la Chambre des Comptes» portaient sur la forme d'un hommage à rendre à raison d'un flef qu'elle possédait. Un aTOcai éminent. consulté dans cette affaire, fit un Mémoire que j'ai sous les yeui ; il démontre que les questions nobiliaires, et spécialement celles qui concernent la dérogeance et l'omission de qualités, ne sont point du ressort de la Chambre des Comptes. Il ajoute que si elle prenait sur elle de juger. « son arrêt n'aurait d'exécution que jusqu'à contredit; que € les commissaires du roi chargés de la vérification de la € noblesse et les généalogistes n'y auramit point ou peu « d'égard; que le roi seul, siégeant dans son conseil, pou- « Tait relever des actes de dérogeance, etc. » Cet avis fui suivi, et la famille obtint. le 8 septembre (789, un arrêt du Conseil d'État conforme à sa demande.
Les principes précédents sont conformes à l'arrêt rendu, le 25 février 1823. dans l'affaire des princes de Croy contre le comte de Crouy-Clianel, par la Cour de Cassation, dont presque loiis les membres, ù celte époque, avaient fait leurs études avant la Révolution de 1789, et connaissaient le droit ancien. (>cttc question de compétence de la Chambre des Comptes avait été longuement discutée devant ces éminents magistrats. Ils rendirent un arrêt dans lequel se Irouvcntles phrases suivantes : « Attendu que l'affaire j)r( >en!ail une « question d'état, exigeant une communication au ministère € public; qu'il y avait bien un Procureur (iénéral près la «r Chambre des Comptes, mais que ses fondions étaient Uwi- « tées par les atiributions spéciales confiées à ces juridictions; m qu€, tut U$ fHÊtHimê éditai, il n'y avait que les Procureurs « Généramx prèi bt ParlmmU avec lesquels ces matières tt puiimi itrê €ompétmnmi ef irrévocablement jugées ; « attendu, d'ailleurs, qu'en supposant même que les prréis « de (790 eussent pu légalement juger la question, ils ne
uiyiii^ca L/y GoOglc
« pourraient former de litres irrécusables vis-à-vis des « tiers, efc. la Cour rejette (<). » On le voit, ceux que M. Snrrul appelle «mes souffleurs » sont les quinze ou vingt conseillers qui ont rendu cet arr(H, et dont l'opinion a une tout autre valeur que celle des adulateurs de la Généalogie de 1790.
M. Jules Ollivier fut chargé par le tribunal de Grenoble défaire un rapport sur la requ<'lr présentée par MM. Chanel, qui voulaient faire ajouter à racle de naissance de trois membres de leur famille le nom de Crouy. Il devait donc épreover de grandes difficultés pour reconstituer l'œuvre bédée eu 4790. et détruite par iei arrêts de I8S4 et 49)3. La seieace de rhistorien et l*liabtteté d« juriste ne pouvaient ehanger des rêves en résiliés ni modifier les principes dn droit. Auaai le jugement dn S4 mars 4M. dont la longoenr est proportionnée A eelle de la Généalogie des prélendos descendants d'AtHia. foumirai^'il matière à plus d'une observation. On y remarque notamment cet «fÛMb, contraire A la vérité, puisqu'A partir de l'année 4500 environ, le nom de Crooy ne fignre snr aucun des actes prodnfts en 4790 par MM. Chanel : t Attendu que cette dénomination « de Grouy-Chanel ae reproduit dans tous les antres actes « qui étabÛssent la filiation des exposants, de dogré en de- € gré. et sans interruption, circonstance ipii établit sufli- « samment en leur faveur la possession légitime du nom < patronymi4|ae de Crony-Cband. »
D'autres irtHmibi paraissent être en contradiction entre eux, tels sont les deux suivonls. dont le premier donne un démenti formel à l'arrêt de la Cour de Cassation, que
( 1 } On trouve cet arrêt dans presque tous les reeudls de jurisprudence, notamment dans le RetÊtml général dti Mb 9t mrriu pour l'année 1823, 1. 1. p. 282.
Devint la Cour de Puis, on appelait Répertoire de M. de Crouy-Chanel les exçMttions en forme de ses aetsf délivrées par le greffier, et reliées sous forme de volume.
M. Ollivier ne pouvait pas ignorer: « Attendu que Tancienne « Chambre des Comptes du Dauphiné a toujours exercé « dans cette province une eonpétenee eidinive et soove- « raine sur ce qui concerne la térificaHtm du Uint de no* « biâue, ^armoiriest filiaiion, H iouUi f«f puitwiu dê mm$ € H iwnomturattttèhoia à lapouutim ^état^aà Vétai
« eteti det famlkt
« Attendu» en fait, que la reoonnaisBance de l'aulfaenticilé
« actuelle des titres produits par les «posants (t)
« rend inutile l'esamen de la question relative à la compéf- < tence eielusive et souveraine des Chambres des Comptes, « en ee qui concernait la vérification des titres de noblesse, « d*armoiries, de la filiation, d'attribution de noms et sor- « noms se rattachant & la possession d*état et à l'état dvil « des familles. »
Outre que le premier de ces aUmdui est contraire à la doctrine proelamée par la Cour de Cassation, il contient de graves erreurs; c étaient les oommissaires du roi qui jugeaient itiUi, et m dernier ressort, toutes les questions relatives à la vérification des titres de noblesse. Il n'y avait qu*Hn moyen d'échapper aux jugements des commissaires, c'était de s'adresser au Conseil d'Ëtat, qui, présidé par le roi, pouvait rendre des arrêts de réhabilitation ou suppléer à des litres de noblesse absents ou irréguliers. Les questions d'armoiries ne pouvaient être tranchées que par le Juge d'Armes, dont la charge avait été créée par un édit rendu en t615, ci n'a été supprimée qu'en <790.
Qnand M. Jules Ollivier veut pénétrer plus profondément dans la cause, il confond les questions d'él.il et de filiation avec l'effet produit par l'enregistrement ou la transcripUoo
(1) Encore le fameux registre de 1790: l arrAt rendu par la Cour de Paris, en 1881, avait entendant i i lé que le volume appelé H^ertoirê ne pouvait pas suppléer à la production des titres.
sur les registres de la Cour. Il cite un concordat intervenu le 8 juillet io6i, entre le Parlement et la Chambre des (lomples, concordat confirmé par un édit de mars 1585 et de mai 1588, desquels il résulterait, d'après le texte du jugement de 1839. que la Chambre des Comptes devait juger souverainement, en dernier ressort, sans appel, et à l'exclusion du Parlement, les questions de privilèges et enregistrement de titres de noblesse, et que plu.sieurs arrêts ont été impétrés par des membres du Parlement. Mais on remarquera que l'cdit de 1588 s'applique aux questions de privilèges et d'enregistrement de titres, et non pas aux questions de vérifications de noblesse, d'armoiries et de tiliation, qui étaient exclusivement du reSi.orl des commissaires du roi, du Juge d'Armes et des Parlements. Les conseillers au Parlement faisaient enregistrer leurs titres à la Chambre des Comptes, comme aujourd'hui les magistrats font transcrire leurs aetes i Ui eonservatioii des hypothèques ; mais l'arrêt de 1790 poovail être anoalé, soit à la requête dei eommunas, aiee lesquelles les Chanel n'avaieiit pas traité, soit a la requête des eommissaires chargés de la vérification do la noUosse, soit enfin à la requête des familles dont les Chanel a?aient usurpé le nom et les armoiries. De plus, les généalogistes des ordres du roi n'auraient eu aucun égard à Tarrêt de 4790, parce qu'ib n'admettaient aucune copie coUationnée.
Un eiainen plus approfondi du Tohimineui jugement de 18S9, ferait certainement découvrir d'autres erreurs au point de vue du droit historique; cette décision est impuissante à ressusciter la généalogie condamnée par les arrêts de 4891 elde 4893; comme l'arrêt de 4790, elle n'aura d'efl^Bt que jusqu'à contredit des parties intéressées à la faire annuler {les princes de Croy). Si on ne se pourvoit pas devant les tribunaux par voie de tierce oppoMtion ou de toute autre manière, le jugement de 4839 servira de point de départ à la prescription centenaire, qui valide toutes les irrégularités de cette nature. On voit, par ce qui précède.
que je n'ai rien exagéré en disant que l'on peut difficilement s'expliquer ce jugement au point de vue du droit, et qu'il rentre dans la classe de ceux qu'en termes de palais on dit avoir été surpris à la religion du tribunal. M. Sarrul voudrait que la magistrature défendit d'oflice la généalogie qu'il patronne; il prétend, à la page 08, qu'il n'a ni mission, ni volonté d'éveiller les susceptibilités endormies du Parquet; mais il a grand soin cependant de faire parvenir aux personnes qu'il cherche à rivtiUer, un exemplaire de ses
Mon contradicteur parie, à la page 97. des t petitom» « de ma diatribe, à laquelle ne s'abaisse pas le due de « Modène, » parce que dans on acte d'buissier celui qui le signifie désigne le demandeur sous le titre de prince, comme s'il dépendait d*un huissier de concéder des titres et des droits. « n lui semble entendre, dit-il, Joseph Bow^rte « engageant le Blmtdel impirial, M. Belmonlet, à ne pas « être plus bonapartiste que lui-ménte. » Mon contradicteur ne Toit pas la poutre qui est dans son œil; c*est à faii, uniquement à lui, que peut s'appliquer l'espression de BkiM\ et. dans Tintérét de la cause qu'il Tout servir, il ferait bien de modérer un excès de zèle qui lui est préjodicîable.
Sans la publication des ¥iû iTArpad, espèce de défi jeté à l'opinion publique du Danphiné, je n'aurais pas songé i étudier des prétentions qui, au premier abord, me paraissaient si invraisemblables. Sans le procès de Modène, ma brochure tirée à 80 exemplaires seulement aurait passé inaperçue. La conséquence de la revendication du litre de marquis d'Esté a été la mise en lumière de tousi^ démentis donnés par l'histoire à la Généalogie de 1790, démentis que j'avais signalés presqo à huis-clos. La réponse de M. Sarrut, s'il n'a pas voulu jouer son vatout au moment où allait être rendu le jugement de Modène, a été une grave imprudence. Il c>t maladroit de se suicider indirectement en tirant quelques coups de fusil contre un ennemi que l'on est impuissant à combattre, à moins qu'on ne soU décidé à marcher léle baissée a la mort.
Une répUqoe en provoque forcément une autre, et ces débats éclairent de plus en plus l'opinion publique. Alors se réalisera le luœ faeta est inscrit sur le frontispice de ma brochure. M. Sarrut. qni ferme syslémaliquement les yeux à la lumière, aura comme (lerniêre ressource celle de faire disparailrcde ses pampiilets toutes discussions sérieuses, de les remplacer par des phrases dans lesquelles il est passe maître, et qui dispensent, même les dames de la halle, de donner des raisons bonnes ou mauvaises. Telles sont celles-ci adressées en 1862. dans les Droits des Arpad (p. 1 1 et 22), h des criliques de la Généalogie de 1790 . « Les forbans du « monde liltéraire le savent bien, el ils ont gagné leur « salaire en conscience. Comment voulez-vous que je m'ac- « croupisse assez bas pour me mettre au niveau de ces « malheureux?. . . Les calomniateurs se sont traînés un peu
« plus bas dans la fange, et ils continuent leur œuvre
« Depuis lors, de nouvelles attaques se sont produites avec « an eynUme de mauvaise foi et de perfidie à donner à re- « gretler de n'avoir pas affaire aoi braW el aux spndassins « du moyen-Age. » H pourra ami s'inscrire en faux contre l'hisloire on la relhire mi umm CkmuU^ en mellant pour épigrapiie sur chaque Tolome ; « Hors la Généalogie des c Croay-Glianel, il n'y a d'hisloire ni vraie, ni possible. »
L'excès de zèle est presque toujours fatal. Le rédacteur de la Généalogie de 4790, Moulinet, on tout antre, aurait beaucoup mieux servi ceux à qui il voulait être agréable en les faisant descendre de moins haut. Tantôt cet excès prête au ridicule en exi^ranl les faila, comme ce passage de la lettre de Jéhan Chanel qui a, sinon inventé, du moins perfectionné la strangulation. Il écrivait en 4553 (1) qu'à la bataille de Janara il avait tué dûe-j^l Maures. « dont deux « étranglés de ses pieds et de ses maine. » Tantôt il dépasse le but en voulant trop proavefi comme le 9iiimm mis à la
(I) Lu FiU d'ArfOd, par M. Ssrrot, p. 63.
suite de l'expédition du traité fait en 1279 avec les habitants de Braslole i l), (le vidimw , écrit en 1790, est suivi de celte attestation qui fait corps avec la pièce : « Le présent a été « extrait. . . sur son propre original au bas duquel est sus- « pendu un sceau sur cire, lequel, maigre sa vétusié, laisse « parfaitement distinguer qu'il est fascé d'argent et de gueuUt « de huit pièces, etc. » Or, on sait que c'est Franquart qui proposa le premier, en Hollande, en 1623, d'indiquer, dans la gravure, les émaux et les métaux par des lignes et des points. Cet usage, relativeiiieni moderne, n'a jamais existé pour les anciens sceaux, dans lesquels on indiquait seulement les ligures et non les couleurs. L'assertion mise à la suite de l'acte est donc démentie par l'excès de zèle de celui qui l*â écrite. WmwpmmOio ioku.
On découvre toujoun de nourelles biiarreries se rattaebaot à la Généalogie Moulinet. L'eipéditlon de Taete de dont je viens de parier* a été vendue, le 29 juin 4864, & m colUetiommtr de Paris, par un libraire bien eonnu de cette ville, avec quatre-ringts autres pièces relatives à la famOlede Crouy-Chanel (en tout quatre-vingt-une), et qui se composent de brevets, états de service, lettres ministérielles et lettres intimes, extraits d'actes de naissance, mariage et décès, et enfin vingt expéditions sur parchemin légalisées et vidimées en 4790, et visées par M. Périer (père de Casimir Périer). L'examen attentif de ce dossier permet d'expliquer Vattmiii du jugement de Grenoble, relaté ci-dessus et déjà «ompoitf par l'imprimeur au moment où j'écris ces lignes. Dans les extraits de baptême de Jean-Claude Chanel, ne le 26 avril 1717, et dans relui do Claude, né le 10 décembre 4741 (grand-père et père du chambellan de Napoléon I*', qui a laissé seulement une fille), extraits délivrés en 4790 par Jean-Baptiste Hélie, curé de Saint-Hugues, vidiméspar
(1) Même ouvrage, p. H5 et 196.
MM. du Port Roux et de Lagréc, et signés par Moulinet {{), le père du noureau-né est appelé simplement Chanel. Sur deux autres expéditions de ces mêmes actes de baptême, délivrées en 1839 par le Maire de Grenoble et légalisées, le père du nouveau-nc est appelé Crouy- Chanel.
Voilà donc deux expéditions authentiques du môme acte qui sont différentes. Il est présumable qu'elles ont motivé cet « attendu que la dénomination de (irouy-Chancl se repro- < duit dans tous les autres actes qui étnblissenl la filiation « des exposants, etc.. » cl ont contribué à faire obtenir le jugement du 24 mars 1839. ordonnant d'ajouter le nom de Crouv sur les actes de naissance de trois membres de la famille Chanel, autres que ceux dont je viens de parler, et dont deux ont laisse une postérité masculine. M. Sarrut. mieux que toul autre, doit savoir à quoi s'en tenir, el sur ces anonalies, el sur les causes qui ont décidé un des membres de Ift famille 4 se priver de cet important dossi^. Anons-nons voir se renoa?eler la fablç do Pliénix, qui renaît de ses cendres, et ressnsdtera-t-on tons les originaoK q|i*on a dit avoir été Mlés en 47937
r La signature de Moulinet était «ne superfétation. Elle prouve la part qu il a prise dans tout ceci. On assure que cet mtrépide gtoéalo^ista eut celui qui révéla, en 1788, à une ' famille obscnrn des onviron»; de Grenoble, qu'elle avait une illustre origine dont elle ne se doutait même pas. Voyez la Biographiêdu Damphiné^ par M. Rochas, t. ii, p. 447.
lY
Un Grenoblois auquel M, Sarrut donne fp. 71) un brevet de docteur ès-scicnce héraldique, est intervenu dans la polémique contre celui qui écrit ces lignes et contre « l'ex- « tyran de ModAne. » siiivanl l'expression dont il se sert. C'est M. Alfred Bougy ou de Bougy. car il a publié divers ouvrages sous chacune de ces deux dénominations. Le ton de la lettre adressée à M. Sarrut et destinée à être rendue publique, m'autorisait à user de représailles à son égard, et j'abusais peut-être de ce droit. Je viens de recevoir une ledre de lui, portant la date du 4 juillet 1864, m'nnnonçaut « quM n'a pas encore lu ma brochure, et qu'il ne la con- « naît que par ouï-dire. » Il ajoute (ju'il retire complètement les termes qui ont pu nie blesser, qu'ils sont dijs à une rédaction hative, et qu'il pense que Je serai désarmé par ce meàeulpû. J'ai donc cru devoir eiTacer de mon manuscrit tout ce qui était personnalité contre lui et signaler seulement les erreurs qu'il a commises en défenduit la Généalogie de la famille de Crony-Chanel, m'éionnanc de ce qu'il
eriiiqaait et jugeait un ouvrage « qu'il n'a pas encore lu. » Peut-é(re est-ce un nouvel usage qu'on voudrait introduire à Paris, bien qu'il ne soit pas encore en vigueur à OmUéli' mar et à Carpentras. Il permettrait de se soustraire à un travail, et de réclamer le bénéfice des circonslances atténuantes à raison des bévues nombreuses qui en seraient la conséquence inévitable. L'aveu de M. Alfred de Bougy est sa meilleure excuse, et franchement il avait grand besoin de le faire.
Il qualifie Chorier « d'assez piètre écrivain liéraldisanl du '< XVII'' siècle. » Chorier cl Guy-Allard sont cependant les deux hisforions qui ont le plus contribue à tifor de l'oubli et il conserver tout ce (pli se rallaclie à rhi>loire cl à la ^'énéalogie des familles du Dauphiné. Ils ont laissé de nombreux ouvrages dans lesquels on ne peut se dispenser de puiser abondamment toutes les fois qu'on veut traiter un sujet historique ou nobiliaire. Les erreurs et les omissions de Chorier sont beaucoup moins nombreuses que rallinne M. de Bougy. qui prête à ce chroniqueur toutes celles qu'il u commises lui-même dans une lettre de quatre pages.
Le bibliothécaire de la Sorbonnc cherche à éreinter Chorier, en Taccusant à tort d*avoir passé sous silence, parce qu'elles n'avaient pas payé l'arlîde, des familles dont il n*a pas iu trouver le nom dans hNMimn, ou que Théraldisie a eu raison de ne pas mentionner. U ne fait pas preuve de modestie, en disant qo*il s*ocenpe « d'un immense travail « relatif anx devises et cris de guerre de la nobles^ fran- « faise, qui lai a (bumi l'ooeaaion de constater nne bonne « partie des omissioni vi>lontaires ou involonlaires, covpa- < Mes on Innocentes de Gborier. > U est aulrenent plus dHBcile de réunir, compulser, lire, analyser, critiquer et coordonner des doeumenis épars ça et Ut, rcfloontant souvent à cinq on six siédes, que de compléter, en paroonrant les pages des Nobiliaires, las listes des devises déjà réunies en volume par divers auteurs, noianunent par Paolo
Giovio (1;, Claude Paradin (2). Camilli (3), Heneslrier, du Cange, Graodmaisoa (4), Radowiiz (o), et en dernier lieu Cohen '6). ancien coUègae de M. de Bougy à la bibliolbèque Sainle-Geneviève.
Dans sa letire h M. Sarrut, le défenseur des Fils d'Arpad cileau hasard, oulrc celui de Crouy-Chanel, vingt-six noms de « nol>l('s dauphinois qu'on chercherait en vain dans le • Nobiliaire du Dauphinc. ■> Il ne s'informe, ni si les familles dont il parle sont d:Mlpllin()i^es. ni si elles étaient nobles en 1671, date de la publicaliuii de l'uuvrage qu'il incrimine, ni si elles figurent dan^ 1 ouvrage qu'il attaque/ 11 pense que son alîinnaiion doit suthre.
On trouve, en effet, dans le Nobilinire en question les noms suivants, que M. de Bougy afiirme ne pas y ëtie. Les Attuard, appelés Estoard, par Guy-Allard, ligurenl dans Chorier à la page \ . sous la torme|5/war(i 'qu'on prononçait Esluard dau^ le XVII' sirtie;. et dont le nom latin, mentionné ù la suite du nom français, était Esioardus. Les ÂMtuard^ marquis de Murs, habitaient la Provence. — Les Uwêîon de Chabrillant iigurent à la page 397. — Les ib la Omr, à la page 21 3. — Les Grutt, a la page 302. — Lei iê la Cù^ à la page 212 (il y a même deux ramilles de ce nom). — Les Coitoiing it Fmignan, à la page 244. el les la Croix de SarnUYallitr, à la page 244. — Le nom de Kfil!iofi d» la Colomhiin est mentionné & la page 288 du St^lémma à VEitot politique, imprimé en 4678.
Le savant bibliolliécaire de la Sorbonne... par la grice de M. Sarrut, aecuse très sérieusement Chorier, qui éerivait
(1) Dialogo deU'imprese militari ed amoroie, ld59.
[2] Devise.'i Ju'roiques et embUmet. 1557.
;3) Imprcse illustri, 1586.
;4) Dictionnaire héraldique» 1853.
{5j Dtmm dur MtUMten.
(6) Ûfii dê gu9m dtt Etats de r^urope, publié en 1862, sons le pseudonyme de comte de C..., in-ls, Iw psges.
— Sien i67<, d'avoir passé sous silence la famille Jubié, anoblie sous Louis XVI pour avoir popularisé la culture du mûrier, el donl les armes sont un miirior dr sinaple chargé de six vers à soie d'argent. De plus, je lui ferai remarquer ce qui suit : Les Périer, de Beaurepaire, aujourd'hui transplantés dans le Forez, ont 'été anoblis au plus tôt sous Louis XV. —Les Pirier, de Vizille, qui ont su acquérir plus lard la noblesse du talent, et dont le nom est écrit dans Thistoire. n'en ont pas d*aatre à revendiquer. — Claude Périer, père de Casimir, greffier en chef de la Chambre des Comptes, n'avait pas, en 4790, les vingt ans d'exercice vonlns par la loi pour acquérir la noblesse. — Les Crogatiê Yaugrand n*ont été anoblis qu'après 1674. Il y avait aussi des Croxat en Beauoe. — Les Mfaeomte étaient éteints depuis longtemps ; Chorier les a passés sous silence comme les Roussillon et les Beauvoir, depub longtemps disparus ;— la branche des Orlff, du Graisivaudan, venue de Savoie, était éteinte ou an moment de s'éteindre; la branche savoisienne (marquis de Saint-Innocent} leur a succédé; — les Gadagne étaient étrangers au Dauphiné ; une famille de ce nom, tombée en quenouille dans les d'Hostun, est venue dllalie à Lyon à la An du XV* siècle; une autre est venue de Vintimille dans le Gomtat en 4352. Le titre de duc, qui lui avait été conféré par le Pape en 4669, loi a été confirmé par Napoléon III en 4864. — Les Piolene n'ont quitté qu'en 4739 la Provence . pour venir en Dauphiné. — Les SaUmuart, originaires du Porex, étaient à peine établi<; dans notre province en 4674. — Les Cosnes de CardantiUe el Cogmt sont fixés en Beaoce depuis le XV" siècle.
Dix-sept noms sur les vingt-six doivent donc disparaître de la liste donnée par M. de Bougy. Sur les neuf restant, si. au lieu de ma modeste bibiiotlièque. j'avais à ma disposition tes cent mille volumes que M. Rougy, par ses fonctions, est chargé âc conserver, mais pour lesquels il agit parfois comme il l'a fait à l'égani de ma brochni e. j'en écarterais certainement sept, appartenant à des familles inconnues comme no-
Mes en Diophioé en 4671 , on qui n'étaient pas domieiMées dans eetle 'provinee ; car on dirait que M. de Bongy a pris ees noms an hasard. Ce sont les suivants : Bernard ét Lamriin; nom inconnn, si ce n*est pas la famille de Bernard de dise on des Bernard de la Cardonnière, mentionnée par Cborier à la page 404. Il y avait dans la ProTenee ei dans le Gomtat des Bernard de Laosière et de Volvent, qui af aient quitté le Dauphiné dans le XV* sîède. — Anrlt; encore inconnu : il y avait des Burle, seigneurs de Saint- Paulin, dans la Savoie ou le Piémont, et des Burle Curl»ans, qui habitaient Sisteron (Provence). — Gardkr; nom inconnu : M. Rohert du Gardier, qui siégea aux Etats-Généraux de Romans, en 4788, et dont les petits-fils habitent Arc-en-Barrois (Champagne), n'était pas d'origine Dauphinoise. » Benrys; inconnu : si c'est la famille du jurisconsulte, représentée aujourd'hui par MM. d'Aubigoy, de Lyon, die était du Forez. — Du Vauehi; inconnu : comme la brochure est pleine de fautes d'impression, on a peut-être voulu dire du Vache, nom que Chorier a relaté à la page 568. — Pierret; inconnu : si c'est la famille de Pierre de Hernis, elle est du Languedoc. — Enfin les Dupuy de Bordes, originaires du Comté de Foix, ne sont venus en Dauphiné que sous le règne de Louis XV. Comment ce « piètre héraldisant de Chorier » ne l'avail-il pas prévu pour être agréable ù M. de Bougy qui aurait bien fait de substituer le mol prophétisant à celui d' héraldisant?
Les vingl-six griefs de ce dernier contre Chorier se irouvenl réduiLs à deux, et encore faudrail-il, pour les maintenir, qu'il démontrât que l'une de ces deux familles (d'Abel de Chevalet), qui était dans une position très peu fortunée, avail fait réellement ses preuves aux commissaires du roi, CH 1066, avait trailc avec les habilanls de la commune relativemenl à rindeinnité h leur payer, et que la nécessité de vivre n'eut pas contraint quelqu'un de ses membres à exercer un emploi qui dérogeait ; et que l'autre, dont l'anoblissement était récent, qui habitait Cirenoble, que sa posi-
tion niellait fortémeni ea rapport avee Chorier, ne TcAi pas prié d« passer son nom sons silence. A eelle époqoe beaneoup de gens aimaient mieux laisser croire è nn ouUi, et perdreméme un quartier de noblesse, que de faire conslaler dans m onrrage spécial la daie d*un anoMIssemenl que les deseendanis pouvaient croire iMaucoup plus ancien. Il est donc impossible d'ndmcitre, comme je l'ai fait remarquer à la page S5 des Arpad, que si Chorier, en sn quolilé de procureur du roi près la commission établie en Dnuphiné pour la recherche des usurpateurs des titres de noUcsset avait vérifié en 1668 les actes de MM. Chanel, comme ceux-ci l'affirment, il eiît passé sous silence les descendants de vingtdeux rois, tandis qu'il mentionne beaucoup de familles obscures et peu fortunées.
M. Sarrul avait besoin d'augmenter la cliart;»' du brûlot qu'il a lancé contre moi, au niomeiit où le tribunal de Modène allait rendre son jugement, il a pensé que le nom, la position el la particule de M. de Bougy produiraient un excellent eiïct en Italie, où il n'existe presque aucun moyen de vérifier des assertions relatives à des généalogies dauphinoises. En théorie, il aurait eu raison si sa cause eût été meilleure ; en fait, il a complètement échoué. Mais on a beaucoup de peine à comprendre (jue M. de Hougy, sans .souci de sa réputation lilU raii c, ail accédé aux désirs de M. Sarrul, en lui adressant une lettre remplie d'erreurs, Pnis()U il travaille à un grand ouvrage sur le> devises, il aurait dû méditer celle d'un savant qui avait une torche ou bougie pour emblème, avec ces mots : ♦< Je m'use, mais j'é- « claire, * et ne |)as user sa renommée, sans éclairer la question. £lle n'est cependant pus nouvelle pour lui, puisqu'il s'en est occupé dans un travail imprimé depuis vingtcinq ans.
Je veux parler d'un article de trente-quatre pages sur Tanden mandement d*AileYard, publié dans le Bulletin de la Sociélé de Statistique de Tlsère par M. Alfred Bougy (qui ' était alors sans particole), et lu par lui à la séance du 7 aoàl
f 889. O analyse éKO» eette lolîee, qii*OD dk éire le leflel, et ée rarliele iaaéré |iar M. iules OUivier, dans la Rtem du DÊHfhiui (I). el du jugement génèalogico-hiBtorique de 1839, le vohime pu^^lié en 1790 (La Ckromiogie] ci les pré- (entions prmcières des Crony-Chanel. Il ajoute, d'autorité, leur nom qui ne figure pas dans le DtelioÊmaindu Dai^kinit de Guy-Allard (2), parmi ceux des dix-neuf gentilshommes qui habitaient Allevardet Saînt-Pierre-d'AUevard à l'époque de la rAnjto» d*i ftux de U58. Il trouvait alors plus prudent de tompUter Guy-Allard que de rompre en visière avec lui. comme il le fait aiyourd'hui pour Chorier.
M. de Bougy, dans sa lettre à M. Sarrul. dit qu'il a remarqué dans ee DictUmain une foule de noms, familles, fiefs, qui ne sont point dans le troisième volume de Chorier. Il a raison au point de vue hisloriquc. mais il a grand tort dans IHitéroi de la défense de MM. de Oouy-Chanel. Guy- AUard, qui u écrit environ quatre-vingts brocliurcs ou volumes, imprimés ou manuscrils sur Thismiredu Djupliinc. nous a transmis les noms des plus pauvres el de.s plus obscures familles nobles qui oui habité la province du XIV'' au XVI !«• siècle; mais il garde, sur les prcicndus descendants de vingt-deux rois, m\ ^ileru o aussi couipicl qu(! si^nilicatif. Il n'y a point de ( j ou\-Cliant'l, ni parmi les cent Ircnte-cinq grnlil>li(>niiMes de l'arrière- ban du < iriiiNi\;uidan de I iOo, ni parmi les icnl quatre-vingt-deux de ci iui de \ ''>iK, ni parmi les lrui> ( enl seize ofliciers « qui ont été diefs ou oui eu de " remploi >» dans les jjuerres de religion de loGO a loDO. ni parmi les familles qui |)OSsédaient en 1339 les six maisoas forles trAllcvard tliateaux tenus eu lief , ni enlîn parmi les cinq cent soixante .inmlilsliommcs qui prélèreut serment à leur nouveau souveraiu lorsque le Daupliioé eut été cédé à
{!) Tome v, p. 185
•2; Pajîcs l'!') et W) du tome 1". imprimé rn ISfvl. Le louie est bous-presse. Cet ouvrage, dont le manuscrit est à la bibliothèque de Grenoble, a été composé en 1684.
la Frmee en 1349. La liste de Guy-Allard mentioiiiie cependant toui les prétendus parents Otmpkkioii des Crooy- Ghand, les Sassenage, les Gommiers, les de Mailles, les de Grolée. les do Peloux, les Guiffray et les Faare on du Fanre. On eiigeaitatttrefois, poorlesprenvesrégniières de noblesse, non-seulement la production des aetes, mais encore la noio* riété et la publicité de la possession d*état. Poor Tordre de Malte, par exemple, quatre gentikhommes de nom et d'armes certifiaient sous la foi du serment que les titres produits étaient conformes à la férilé. Les aetes transcrits sur le registre de 1790 ne pouTaient donc pas suffire pour ehan|^ l'état M\ de MM. Chanel, et M. de Bougy n'est pas plus heureux arec Guy-Allnrd qu'avec Chorier.
C'est le travail relaiifà l'ancien mandement d'Allevard que M. Sarrnt (p. 63) impose comme un autre Evangile, parce qu'il feint d'ignorer que chaque membre de la Société est seul persoimellement responsable des faits et opinions contenus dans ses articles, ainsi que l'indique une noip mise au verso du premier feuillet. L'impression dans le volume ne donne pas plus d'aulhenlicité à la notice de M. Bougy qu'elle n'en aurait donné «î la mienne si je l'avais lue k la Société ; c'est au public à juger.
M. Sc'irrnt, en parlant de M. de Hougy, reproduit ip. 63; la confusion perpétuelle qu'il fait entre le volume de 1790 et les actes qu'on y a transcrits. Sa prétendue légende de la Dame blanche, de la Tour du Treuil, appliquée à Agnès de Sassenage, dame de Chanel, prouve une seule chose, c'est que M. de Bougy connaît l'opéra de Boïeldieu ; en revanche, il parait avoir ignoré le procès de Paris, terminé par trois arrêts, condamnant le système qu'il défend, soit dans le Bulletin, soit dans V Album duDauphiné, Quant aux noms de Villevieille. Pavillct, Lacroix, de Saint-Pont. Foy-Duprat, mis en avant à la page 66, rien ne dénionlre que ces paléographes aient réellement vérifié les actes généalogiques, et qu'ils n'aieni pas donfié un certifical à la Bougy ou à la Jules Favre. Ce dernier a, au moins, la prudence et la frao-
chise de dire que les « pièces originales n'ont pas passé sous '< SCS yeux (1). » D'ailleurs, c'esl bien le cas ou jamais de répéter cette phrase de Yoilairc : « Les moines ne sont pas « des raisons. »
L*anlori(é imposante des Bénédictins avait Tait admettre, comme Traie etaaihenUqoe, la charte délivrée par Charles- • te^Cbaure, ea faveur da monastère d*Alaott. On en a, plus tard, démontré la famaeté, au moyen de nombreux arguments développéa dans VEum Aitlortgut H eriHqm é$ la Chmru€AUm, par Rabanb (1856), et dans la BmMà^ èê tEenk iu Oiartu (2). M. Bladé a prouvé aussi, en 1868. la fausseté des quatre chartes de Mont-de-Martan, que des hommes habiles et faistmils avaient tenues pour vraies. M. le Conseiller d*Etat Langlais, rapporteur près la commission du Sceau des titres, a pu considérer comme vraies aussi les pièees dont les copies seules lui ont été communiquées; mais ce n'est qu'une opinion individuelle, que tout éerivain a le droit d'eiamlner et de critiquer. MM. Rabanis et Bladé ont fait, dans l'intérêt de l'histoire, une ttuvre de patience et d'érudition. Us n'ont pas dédaigné. « de ramasser ça et là, de tons côtés, le plus petit grain de c mil des balayures de miettes de la table de l'histoire. » Cette phrase bizarre de M. Sarrut (p. 66) peut être traduite ainsi : Faire de l'histoire plus vraie et plus exacte que celle qui provient des balayures du cabinet de l'inventeur de la Généalogie de 4790, et du rédacteur des actes proffculs è l'appui.
M.deBougy, à b page 21 3 de son article sur Allevard f3 ;, invoque l'autorité du /KelMMiatfV manuscrit de Guy-Allard [y AUmard), disant que ce mandement est du domaine do roi, et qu'on y a fait le poptar UmiÊr pour Sa llajesté. en
'1) Us Fih d'Arpad. par M Sarnit, (p. 39 .
(2) 4' série, lome ii, p. !281
(3) Tome 1"' de la collection du BuUetin,
4680. Ensuile il ajoute ces mots « On confectionnait à « ARevard du papier ttmier pour Sa Majesté et c'est le seul « renseignemeni que j\iie pu reetieyiirior l'eiUteocc, peu « longue sans doute, de celle papeterie royale. »
Comme M. de Bougy parait ignorer ce que c*esl qu'iu papier itrrkr, je me faia «n plaisir de le loi eipUquer, il soÏBt de copier la déflailion donnée parles dîclionnaires. Le p«g^ Hrritr est «n registre conCenantle dénombrement de tous les tenanciers relevant d'one seigneurie et le détail des droits, cens et rentes qui sont dûs. La comparution de chaque tenancier est datée, libellée et signée par le notaire, le châtelain ou le commissaire b terrier qui Ta rédigée, ainsi que par le débiteur, s*il sait signer.
Il y avait donc à Allevard. en 4680, une papeterie qui confectionnait des papiers UrrUrs, c'est-è-dtre des actes tout écrits, signés et peut-être contrôlés. Il n'est pas permis d'en douter : M. Sarmt affirme, à la page 63» que pas on seul membre de la Société n'a protesté contre les assertions de M. Bougy ; que la Société a été unanime pour applaudir à son œuvre et le public unanime pour l'approuver, et que nul n'osa faire une observation à haute voix dans la crainte d'être atteint parle ridirtilc. Les afllirmations tranchantes de M. Sarrul s*appliqueiit nou-seulemenl aii\ pages de cet article consacrées n MM. de Crouy-Cliancl, mais encore au passage rclalif à la dislraclion de M. Bougy, qui est donc aujourd'hui une véi ilc liisloriquc incontestable, victorieusement demoniréc envers et contre tous, parles sophismes de mon contradicteur.
Oui sait si ces intelligentes papeteries n'ont pas confectionne aii<si des généalogies? M. Sarrut p. 44 dit. en parlant de ( ('lie (le 1790, qu'il aime niieiiv attribuer « ceremar- •< quable travail »à Moulinet qu'aux liénédictins, ses vénérés maitrcs; je préférerais, moi, pouvoir l'attribuer aux usines d'Allevard qu'à Moulinet.
Si je ne craignais pas d'exciter, je ne dirai pas la verve, — elle lui fait défaut, — mais les gros mots de M. Sarrut, je
lui propoierait «ne explication bien Minple. En 4680, oa refaisait le terrier d'Alle?ard, coamit on refait le cadastre à des époques plus ou moins éloignées ; M. Bougy a pris le scribe pour anè papeterie ; U n'a lu aux nembret de la Société que des fragments ou une analyse de sa Notice, ou s'il Ta loe tout entière. Tennui et la chaleur aidant (c*étai| le 7 aodt), les membres présents n'ont pas tardé à s'endormir profondément.
En ce qui me concerne. Je dirai à M. de Bougy< que ce qu'il appdie les cornes de mon blason et qu'il a cherché inulHement dans le NoHUain de Chorier, y figure h la page 138. Je veux parier des armes de la famille de Bouvier de MottUneyran, branche aînée de Bouvier de Cachard. qui posaédaii la baronnie de Durtail et Comas (Ardèche), et dent la dernière descendnole a épousé, en 168:^, Claudr François deCoston, mon quatrième aïeul, major de la ville de Valence* et plos tard chevalier de Saint-Louis. Les Bouvier, connus depuis le Xlll* siècle, ont habité le Dauphiné jusque vers 4660. Ils avaient des armes parlantes : de gueules à trois rencontres (têtes vues de facet de bœuf d'or ; ■ h partir de looO, elles furent écartelces avec celles des Montmeyran (d'azur, semé de lleurs de ils d'or) pour rappeler que cette maison tombée en quenouille dans leur famille. Si quelque lioiigy de l'époque eût voulu faire le plaisant à l'égard des Bouvier, ceux-ci lui auraient probahlemeni répondu que les tètes de bœuf ou de taureau, considérées comme emblème de force( l j figuraient dans un grand nombre d'écussons, et que la famille Leszcynski (qui a fourni un roi
{l) Chez les anciens peuples, la corne était un symbole de
iraisssoee, de richesse, ae force et de dignité souveraine anquel » Bible fait de fréqiiontos allusions Ps. 60. v. 6; Moïse, Bacchns, Serapis, Jupiter Aninion. Alexandre-le-Grand que les Arabes appellent pour ce motif Dsoul-Karuaiu, deux cornes), et beaucoup d'autres dieux, héros et snuverains de l'antiquité, «ont représentés avec des cornes. Ce symbole existe encor»- »ous la (orme de la corne d'abondance. Si Al. de Bougy veut
è la Pologne et une reine à It France), avait po«r armes one téle de bœuf ou de buffle.
Malgré ropinion de M. Sarrat rdativement à la dérogeance dont était frappé le noiariatt PonaoB de BoQTier. notaire à Curson, ftat compris an rang des noMes 4fo mandement de Clériea. dans la réfision des fens de 4138; et André de Bouf 1er, aussi notaire, justifia de sa noblesse an Parlement de Grenoble en 4491 . Leurs descendants obtbirentt en 4 667, des commissaires da roi, on jugement de maintenue de noblesse. Beaucoup d'antres familles dn Daupbfaié. notamment les de RIpert, de Leissins, Martin de Monlorsier, Amanld de Pragentid, Cbevalier de Sinard. Grégoira de Bonebet et de la Gâche, de Magnin, et les Durand de Châteaudooble et de Ponlaïqard, lurent maintenus dans leur noblesse sous Louis XIV, bien que certains de leurs membres eussent été notaires (4). Cborier (9) dit « qu'autrefois ie notariat n'était pas seulement compatible « avec la noblesse, mais qu'il en était un légitime principe € et un solide fondement. » Peut-être aussi le notariat étaitil à cette époque' ce qu'il devrait être uniquement aujourd'hui, une magistrature volontaire, reposant tout entière sur la confiance des familles, qu'il faut mériter, et non solliciter, et qui doit rester pure de toutes ces spéculations conduisant ceux qui s'y livrent plus sooTent à la ruine qu'à la fortune. Mon but, en complétant "ce que j'ai écrit à la page 14. est uniquement de démontrer à M. Sarnit combien sont corn-
s'occuper /sérieusement du l)lason, il acquerra la conviction que presque toutes les ligures qu on y roncontrc, et surtout les armes parlantes symboliques et coaimémoralives, sont emblématiques et avaient primitivement une signification sérieuse. Je me suis attaché à la déterminer dnns un chapitre de mon ouvrage sur l'Origine des noms propres, qui ne lardera pas i paraître.
(1) Répertoire dr j\ir\<iprHdence de Guyol, t. xil, p. 113. ;2i Histoire du Dauptuné, t. i, p. 864, et t. il. p. 193.
plexes les questions de celle nature, car je sais très bien que je n'aurai pas maille à partir avec les commissaires royaux ou impériaux relaliverncnl à ces vieilleries historiques.
M. de Bougy n"a i)as trouvé dans Chorier la mention de la baronnie de Cornas, parco rpi il a cherché en Dnuphiné ce qui est en Vivarais. Le nom de ce (îef. très connu par la qualité de ses vins, figure ;» coté de celui de ma famille dans divers ouvrages, notamment dans le Dictimmmn i§ Ut Nobleste de la Chenaye des Bois (1 ), dans le NobiliainwÊiitirMt de Saint-Allais (2), et dans \c DietionnttinieiFiefêétOovrdon de Genouillac (3). Quant à mon nom, il n'est pas dans Chorier, parce qo'à Tépoqae où l'anlear éerMl, mon dnqidème afeol était arriré depuis pea d'années d'oneprovinee éloignée pour remplir les fonetions de major des ?ill« et dtadeUe de Valence. Il ne se croyait pas Dauphinois, on on ne le considérait pas comme tel. Je n'ai pas d*alllear8 la prétention de remonter anx Arpad. ni même à l'époque des croisades. Je tiens seidement à démontrer qne ma position est régnliére et légale.
Les armes de mon quatrième sieiil ont été blasonnées dans VArmarMi» HaiipAtM, dressé en 1698 par ordre do roi, et dont Toriginal'est déposé ft la BlbUothèqoe Impériale. Biles sont d'asor à trob tronçons de pique (fers de lance) d*or* Son fib, pomrse conformer aux recommandations de sa mère Lonise de Bonvier de Hontmeyran, les a réanies aux armes de celle-ci, avec lesquelles elles sont ce qu'on appelle parft en blason. Je n'ai pas besoin de donner des conps de cornes pour attaquer la Généalogie de la famille des Crony- Chanel, comme le dit M. de Bougy dans une lettre qui contient presque autant d'erreurs que de mots, je romprais plutdl des lances avec lui, si cela était nécessaire ; mats une plume suffira pour faire disparaître de ce document toutes les fables dont on a voulu rembeUir.
1) Paris. 1770 A 1786, 15 vol. in.4».
i2] Paris, 1814, tome p. S81.
3; Paris. Denlu, 1662.
Je ne veux pas déposer la plume sans répondre ù une phrase duns laquelle M. Snrrut (p. 96) parle de mon ignorance, de ma paresse et de ma mauvaise foi, à raison des doutes très sérieux insérés à la page 35 de ma première 'brochure, relaliTement à la portion delà généalogie coin* prise entra las années 4835 et 1308. Il m'engage à lire les pages i^l et smvantes de la prébee des Draiu du Arpad, J*ai revu ploslears fols ce passage, et je n'y ai rien tron? é (|ui fél de nature, ni à modifier mes aaserlions, ni i infirmer celles que M. Veraiti a développées dans denz des trois brochures qu*il a publiées (4).
M. Sarmt prétend qu'André III épousa en secondes noces Sibylle Cumane, qui donna naissance à deux fib, Pélix et Mare, de qui seraient issus les Grouy-Chand et les Groy de Pieardie, dont il aflBrme que la postérité est éteinte. Il s'appuie, dit-il, sur l'autorité d'Imboff et de Gapellarî, et sur les «êtes produits en 4790.
M. Veratti cite le texte de ces deux auteurs, et fait remarquer que tous les deux ne parlent pas d*André III, mais d'un de ses oncles, portant le même nom, frère de Béla. lils d'André II (mort en \ 935) et de sa première femme Gertrudc. Cei onde épousa Sibylle Cumane, de laquelle il eut un (ib, Marc, ancêtre des princes de Croy. Or, comme cet André, oncle, fils d'André II et de sa première femme, n'avait pas pour mère Réalrix d'Esté, qui était la seconde femme de son père, M. Auguste de Crouy-Chanel, qui se dit issu du niuri de Sibylle Ciiin.ine, n'aurait, même en adniellant la réalité de la lilialion qu il invoque, aucun droit au titre de marquis d'£sle, puisqu'il ne descendrait pas de Béatrix d'Esté.
De plus, ces deux auteurs ne mentionnent que Marc et ne nomment pas Félix, son prétendu frère, auteur des Crouy-
\] Di Alcum docnmênti, p. 14. iniomo ad aUvne
p. 21 et 67.
duuiel. CapeUwi (1), en raltaeliant les Croy de Picardie à Marc, dit qu'André, frère d*£Uenne (le Posthame] — t Ao- « drea. fratello di Slefaoo, iiato da Andréa 1I« » — épousa Sibylle Cumane, etc., comme le rapporte Imboff. Ce dernier (S) raconle comme une (àble, d'après Ponlus HeuteruSt qu'André II, mort en 4S35, eut de êaprmiir$ ^cmti Gertmdê, trois iils, parmi lesquels se trouvait André. Celui-ci épousa Sibylle, fille de Pierre Cuma&e, sénateur vénitien, et eut pour fils Marc, qui passa en France vers 4266. Il ijoute que le silence des hbtoriens hongrois condamne ces assertions, et transcrit un récit de Bonfinius (3), auteur dans lequel on rencontre une histoire ayant de la similitude avec la première. Elle est relative à Etienne, fils du roi André II et de sa première épouse, princesse d*Esle, né el élevé en Italie après sa mort, el qui épousa Thomasina Maurocena, de Venise, de laquelle naquit André- le-Vénilien. U termine en disant : Sed ea hue non quêdrat.
Si à ce chaos, déjà presque inextricable, on ajoute les nouvelles diûicultés insurmontables résultant des actes produits en 1790. notamment du partage passé le 9 février 1282 entre Félix el Marc, en présenco de JUioiil de Clernjont. seigneur de Nesle, connétable de France, jjien qu'en réalité il n'ait été nommé connétable que trois ans après (1285). du traité passé en 1279 entre Félix de Crouy-Clianel el les habitants deBraslole,bicn que son grand-père , Etienne le Posthume, né au plus toi en 1235. neût que 44 ans (4j
(L) CampidogUo Vmeto. manuscrit conservé à la bibliothèque
de Saint-Marc de Venise. Voir Veratli, p. 14.
^2) .\otitia hnperu, lib. 5, cap. 13. p. 374.
,3) Rerum L'ngaricaram décades. Dec. 2, iriil., lih. 9.
(4; Félix maria son petit-fils Pierre, en 13t)8, avec Agnès de Sasséna^^e. En ne donnant que quinze ans à l'époux , le grandphe de son grand-père n'aurait eu aue cinquante-huit ans de
S lus que lui; cinquante-cinq ans seulement si ion admet làge e dix-huit ans.
iùttf
quand son petit- fils allait conlracler des actes en Dalmalie. on est bien obligé d'admettre comme l'expression la plus complète de la vérité historique, l'opinion des dix auteurs cités à la page 7 de ma première brochure, et à la page \i ci-dessus, auxquels il faut ajouter encore Spanyik (I), et en conclure forcément qu'André IH n'u laissé qu*une fille, Elisabeth, morte en odeur de sainteté.
On le yoU, pas un auteur, même ceux dont le témoignage €11 invoqué par M. Sarrot, ne parie de Félix, prétendu antêm dcf Croay-Chanel ; un seul, Pontos Hentems, dont fassertion est dénuée de preorei, et regardée comme , Inexacte par les hisloriena qui le citent» parie de Mare. Mon contradicteor, fidèle à son système, ne craint cependant pan d'écrire ces lignes (2) : « Le fait le plus surprenant c'est « rwMnnRtftf qui existe entre tous les écrivains qui étâUis- € sent, sans conteste, la filiation des frères Félix et Mare
< de Sibylle Cnmane et d'un André de Hongrie qui les font
< se réAigier en France. » C'est toujours la mise en pratique du principe c de l'audace, etc., » et des gros mots. Que lui importe? Ne dit-Il pas à la même page cette autre éoormité : « Il a fallu le procès soutenu entre les Croy-d*Havré « et les Crouy-Cbanel pour que la situation des deux fa- « milles ait été exactement fixée et que la propriété du c Sanyuit regum Bmgarim soit restée aux Crouy-Chanel à « l'exclusion de tous autres. >
Il pense sans doute, comme le baron Nyary, que l'histoire, fourmillant d'erreurs, toutes les fois qu'un auteur ou une cour impériale sont en contradiction avec la Généalogie de 4790, on doit s'empresser de rectifier l'histoire et de refaire les arrêts. Les fondateurs de la religion des Saints des derniert jours, Salomon Spalding et Joseph Smith, ont modifié l'Ancien et le Nouveau Testament pour les mettre en
1; Historia pragmaiicn regm Uungafim. PeAtb, 1844, p. 181. 3j Les Droits dss Àrpad» p. 34.
barmoiiie avec la bible de Mormon, révélée miraculeusemenl par un ange en 4823. Est-ce cette similitude dans la manière de procéder qui aurait donne à quelques plaisants ridée de chercher à faire passer M. Sarrut pow un apôtre de* Mormons 1 Ou bien ceile charge est-elle due à la supposition qu'il voudrait faire jouer en Hongrie, à la Généalogie de 1790, un rôle analogue à celui du prétendu livre sacré des Mormons, en Amérique, écrit sur des plaques d'or en caractères inconnus, et que trois adeptes de Smith ont vu une seule fois, en 1823?
On m'a demandé pourquoi je tenais à répondre à la brochure de M. San ut, en allaqiiant des personnes que je ne connais pas el contre lesquelles je n'ai et ne puis avoir aucune espèce de grief. M. Sarrut, comprenant sa faiblesse, impuissant à comballre de front, pour remplir une centaine de pages considérées par lui comme un supplément de plaidoyer destiné au tribunal de Modénc. a du déplacer la question et se lancer dans la voie des personnalités et des expressions blessantes. 11 a pu croire aussi que cette manière d'agir serait un moyen d'intimidation suOisant pour l'avenir, et une épée de Damoclès suspendue aur la léte des perMnnea qui voudraient prendre part à la polémi<|tte.
J'étais donc obligé, on de rester sous le coup de ces accusations d'ignorance, de paresse, d'insigne mauvaise foi, de jonglerie et d*insoieiice, alors que j*avais la conviction intime, partagée par beaucoup de personnes instruites et désintéressées dans la question, d'être complètement dans le vrai, et d*avoir devant moi un adversaire procédant beaucoup plus par voie d*intimîdation que de discussion historique ; ou de répondra à ces attaques, afin que le public pAt juger définitivement, pièces en main, celle question généalogique, devenue presque une question d'équilibra européen. Or, comment réfuter les rares objections et me disculper des nombraoses accusations émises par M. Sarrut, sans revenir sur le fond même du sujet, l*étudier de nouveau, l'élucider encore davantage, afin da montrer au pnblie de quel céié se
(roave la vérité, et quel est celui des deux qui patronne l'erreur?
Je le répète une dernière fois, je laisse les personnes complèlcmcnt en dehors d'une discussion purement généa-* logique. Je me fais un devoir et un plaisir de reconnaître la parfaite honorabilité des divers membres de celte famille, dont plusieurs ont contracté de brillantes alliances, occupent ou ont occupé des grades élevés dans l'administration, dans Tarmée, dans la marine et dans U diplomatie. Si les renseignements qu'on me donne sont exacts, comme j'ai tout lieu de le croire, M. Augnslc (loCrdiu-Chancl, que je doii comprendre dans la déclaration qui prccède. même après avoir lu in eximsoww ancien arrêt dont M. Sarrut m'a révélr r(>\i>lcnce et la date, puisque je ne reux faire aucune personnalité, en intentant le i)roi i s de Modéne, aurait agi contrairemenl aux idées et aux sympathies de ses i)arents; mais je ne suis pas eu mesure de démontrer ce que je crois être vrai.
Je n'ai donc aucune espèce de grief contre les membres de cette famille. Mais je demanderai à mon tour quel grief avait le cliamhellan de Napoléon b"" contre le duc de Croy, le duc d'IIavré el le prince de Ooy-Soire, auxquels, après avoir usurpé leur nom (c'est la Cour de Pari^ qui Ta déclaré), il intenta un procès sous le prétexte que leurs prétentions lui portaient ombrage, puisque les Crouy-Chanel seuls descendaient des rois de Hongrie ; contre lesquels il publia de nombreux articles dans les journaux, divers mémoires injurieux supprimés par arrêt de la Cour, et dont il Insultait les ancêtres qu*i! prétendait en outre être bâtards? Queb griefs M. Sarrut a-t-il contre les ducs el princes de Croy actuels, qu*il affecte d*appeler les Croy franco-allemands (réservant le titre de prince pour M. Auguste Chanel), quand il fait imprimer (1) des insinuations très blessantes contre
(1) Lu FUi â^Arpad tt leurt DHraeteun, p. 45 et 46.
eux, et celte phrase copiée texluellemenl : « Ils ne peuvent « remonter à Mnre de Hongrie, frère de Félix, par une « raison fort simple, c'est que la lignée de Marc s'est éteinte, « peut-être par un crime, que nous n'avons pas à recher- € cher ; » et enfin quand il prétend qu'un journal a intuhé kbm MM. en disant que le chef de la famille de Crouy- Cfaaael a reeonna Ut inUt d'ane famille rivale, à laqaeÛe ils fareni contestés awe tueeèt par le chef des frais descendants d'Arpad (t ) ; ai-je, moi aussi, jamais vonlu affirmer et démontrer antre chose, sinon que MM. de Ôroay-Ghanel ne descendent pas des anciens rois de Hongrie? Il est frai que je Tai démontré sans dénaturer les faits, et sans prendre • le contre-pied des arrêts rendus en 482t. en 4823 et en 4830, arrêts auxquels mon contradicteur fait dire tout le contraire de ce qu'ils ont décidé. Si le journal en question a insulté le bon sens, c'est en supposant qu'il puisse y avoir rhmlùi, nMKmrmmt partant^ entre la maison des ducs et princes de Croy et la famille Chanel.
Quels grieft M. Auguste de Crouy-Chanel a-t-il contre S. A. I. et R. le duc de Modène, pour chercher à lai enlever le titre de marquis d'Bste, avec fous bs droits y attachés, etpour donner un immense retentissement ù rillégilimilé de la naissance de Guillaume, dit Obizzo II. fils d'Azzo, qui vivait il y a six cents ans? Quels griefs a-t-il contre S. M. TEmpereur d'Autriche pour publier, dans les journaux officiels d'Italie, le manifeste inqualifiable reproduit dans Let Fili d'Arpad et Uun détracteurs (p. 20], dans lequel il Taccuse de ne se maintenir en Hongrie et en Italie que par la terreur et le gibet, et proclamer que la déchéance de sa maison est une nécessité sociale, et que ses droits à la couronne de Hongrie ne reposent quc'sur une illégitimité avérée par l'histoire ? Enfin, lorsque par suite de tentatives dues en grande partie à la publication de divers écrits, notamment
;l} Les Droit* des Àrpad, p. 1^.
Les droit» des Arpad (p. 163j. où se Irouve cette phrase de M. Sarrut : « Les hommes d'action de I mmigration et un <( grand nombre dans Tintérieur ont-ils proclamé le prince H de Crouy-Clianel chef de l'insurrection hongroise? Jeré- •< ponds OUI, et je le prouverai ; pour cela il me suffira de « publier le travail que je relire des mains de l'imprimeur. » cinq condamnations à mort ont été |)runoncées par la Cour martiale de Pesth, pourquoi M. Auguste de Crouy- Chanel. au lieu de rentrer en lui-même en voyiinl les funestes conséquences, non pas de questions nobiliaires ou héraldiques, mais politiques et révolutionnaires, et de chercher à empêcher refTusion du sang de quelques malheureux, égarés par des assertions trompeuses, qu'il dit avec beaucoup de oïlYeté mir agi «oui itUdUfmeê tt mm Htmnitmmt, et d'employer un langage et des eipressioiis inspirées par le désir ardent de réparer le mal fait, sinon par lui, du meins en son nom, dans une lettre qu'il appelle le dernier et paternel avis d'un vieillard, adreuée & l'Empereur d'Autriche, reproduite émsVEeonùmktê dê 2Wln, du H juillet 4864.
parle-t-il encore « de son despotisme sanguinaire de
« ses méfaits,.... de Timmolatenr de cette noble pa-
« trie de cette couronne souillée par le contact d'un
« despotisme sacrilège de l'heure suprême de la|di-
« Tine justice, qui sonnera bientét pour lui, et que la srale € rédpiscence pourrait encore détourner de dessus sa « tête? »
Ne vaudrait-il pas mieux que M. Auguste de Crouy ■ Chanel c bien qu'il proteste hautement contre l'imputation € calomu'euse d'être un prétendant conspirateur. » tùi vu dans cet événement déplorable autre chose qu'une nouvelle occasion de faire de la fantasia, et eût cherché à réparer des malheurs dont il était le complice, en suppliant purement et simplement le chef de TÉlat d'user de son droit de grâce» au lieu de récriminer si violemment contre lui 7
Montélimar. 35 juillet 4864,