ANIMAUX ARTICULÉS
au nombre de six (1). Chaque article est tubuleux et contient, dans son intérieur, les muscles de l’article suivant , qui se meut toujours par ^ynglime, c’est-à-dire dans un seul sens.
Le premier article , qui attache le pied au corps , et qui est le plus souvent composé de deux pièces (2) , se nomme la hanche j le suivant , qui est d’ordinaire dans une situation à peu près horizontale , est la cuisse ; le troisième , le plus souvent vertical, se nomme la jambe j enfin, il en reste une suite de petits qui posent à terre, ce qui forme proprement le pied , ou ce qu’on appelle le tarse .
La dureté de l’enveloppe calcaire ou cornée (5) du plus grand nombre de ces animaux tient à celle de l’excrétion qui s’interpose entre le derme et l’épiderme , ce qu’on appelle dans l’homme le tissu muqueux . C’est aussi dans cette excrétion que sont
,(r) Hexapodes. Ceux où leur nombre est au-delà de sixs, sont appelés spiropodes par M. Savigny. Je les ai désignes , d’une manière plus précisé V-'&ous la dénomination d’hyperhéxapes (au-delà de six pieds] .
. (2) Dans beaucoup de crustacés , la seconde pièce des hanches paraît faire partie des -cuisses. Les jambes , ainsi que celles des arachnides, sont divisées énndêux articles.
(3) D’après les recherches de M'. Auguste Odièr delà soc. •dJMist. natur. de Paris , 1823 , t. ief , p. 29 et suiv. ) , la substance de cette enveloppe est d’une nature 'pat Lie ulière , qu’il nomme chitine. Suivant lui , le phosphate de chaux forme la plus grande partie des sels des téguments des insectes; tandis que la carapace ou le test des crustacés en offre peu , et abonde en carbonate de chaux, que l’on ne trouve point dans les animaux précédents. D’autres recherches , celles de M. S traus -surtout , démontrent que les téguments remplacent ici la peau des vertébrés , ou qu’ils ne forment point de véritable squelette. Les observations de M. Odier combattent aussi toutes les analogies que Fou avait voulu établir à cet égard.
A PIEDS ARTICULES.
déposées les couleurs sou veut brillantes et si variées qui les décorent.
Ces animaux ont toujours des yeux qui peuvent être de deux sortes; ies yeux simples ou lisses (i)7 qui se présentent sous la forme d’une très petite lentille , communément au nombre de trois, et disposés en triangle sur le sommet de la tête ; et les yeux composés ou à facettés ,. dont la surface est divisée en une infinité de lentilles différentes , appelées facettes , et à chacune dekjuelles répond un filet du nerf optique. Ces deux sortes peuvent être réunies ou séparées selon les genres ; on ne sait pas encore si, lorsqu’elles existent simultanément, leurs fonctions sont essentiellement différentes ; mais dans l’une et l’autre la vision se fait par des moyens très différents de ceux qui ont lieu dans l’œil des vertébrés (2).
D’autres organes qui paraissent ici pour la première fois, et qui se trouvent dans deux de ces classes, les crustacés elles insectes (3) , les antennes, sont des filaments articulés et infiniment diversifiés pour la forme , souvent même selon les sexes , tenant à la tête, paraissant éminemment consacrés à
(1) Ocelli sternmata.
(2) Voyez un mémoire de M. Marcel de Serres sur les yeux compose'» et les yeux lisses des insectes , Montpellier, i8i5 , i vol. in-8°. Voyez aussi les observations de M. de Blain ville sur les yeux des crustacés , consignées dans le Bulletin de la Société philomatique . Nous reviendrons plus bas sur ce sujet.
(3) Et même dans les arachnides , mais sous des formes et avec des fonctions différentes.
ANIMAUX A HT! Cti LUS
un toucher délicat, et peut-être à quelque autre genre de sensation dont nous n’avons pas d’idée , 'mais qui pourrait se rapporter à l’état de l’atmosphère.
Ces animaux jouissent du sens de F odorat et de celui de l’ouïe : quelques-uns placent le siège du premier dans les antennes (1); d’autres, comme M .Duméril , aux orifices des trachées ; d’autres encore, comme M. Marcel de Serres, dans les palpes ; mais ces opinions ne sont pas appuyées sur des faits positifs et concluants. Quant à l’ouïe , les crustacés décapodes ^ et quelques orthoptères ont seuls une oreille visible.
La bouche de ces animaux présente une grande analogie qui, d’après les observations de M. Savigvny (2), s’étend même , du moins relativement aux insectes héxapodes , à ceux qui ne peuvent que sucer des aliments liquides.
Ceux qu’on appelle broyeurs, parce qu’ils ont des
(1) Relativement aux insectes , et lorsqu’elles se terminent en massue: plus ou moins développée , ou bien qu’elles sont accompagnées d’un PTand nombre de poils. Suivant M. Robineau Desvoidy , les antennes intermédiaires des crustacés décapodes sont l’organe olfactif ( Bull, des Scie ne. nai..'mkii8r>.n )> Mais il né cite à l’appui de son sentiment aucune expérience directe. Il semblerait d’ailleurs que, dans les crustacés très 5 carnassiers , tels que les gécarcins et autres , cet organe devrait être comparativement plus développé , et nous observons positivement le contraire. Ses idéjes sur la composition extérieure des crustacés décapodes, supposent l’existence d’un squelette. Mais pour ne pas agir arbitrairement, il aurait dû. commencer par établir la connexion de ces animaux avec les poissons , et ne pas admettre, comme fait positif, ce qui est, au moins, en question.
. (2) Mémoires sur les animaux sans vertèbres. L’idée mère avait été con-
signée, mais sans développement, dans monHist. génér. des insectes.