‹ Les crustacés, les arachnides et les insectesChapitre 19 sur 85 · ET POURVUS DE PIEDS ARTICULES · texte numérisé non relu

ET POURVUS DE PIEDS ARTICULES

LES CRUSTACÉS (crustacea)

Sont des animaux articulés , à pieds articulés y respirant par des branchies, recouvertes dans les uns par les bords d’un test ou carapace, extérieures

(i) C’^st par F étude comparative et graduelle de la bouclie des crustacés, que Ton pourra acquérir des notions exactes sur les diverses transformations de ces parties et le moyen d’établir une concordance générale , sinon certaine , du moins probable^ entre ces divers organes considérés dans lés trois classes. Les mandibules , les mâchoires et la lèvre sont, au fond , des sortes de pieds appropriés aux fonctions masticatoires ou buccaux , mais susceptibles , par des modifications , de devenir des organes

locomotiles. Ce principe s’étend même au! antennes , ou du moins aux deux intermédiaires de celles des crustacés. En l’adoptant , il sera facile

de ramener la composition de ces organes à un type général. Les arach-

nides et les myriapodes , ainsi que nous le verrons plus bas , ne présen-

teront plus , sous ce rapport, d’anomalie

dansles autres, mais qui ne sont renfermées dans des cavités spéciales du corps , recevant l’air par des ouvertures placées à la surface de la peau. Leur circulation est double et analogue à celle des mollusques. Le sang se rend du cœur, situé sur le dos, aux différentes parties du corps, d’où il revient * aux branchies , et de là retourne au cœur (1). Ces branchies, situées, tantôt à la base des pieds, ou sur les pieds mêmes, tantôt sur les appendices inférieurs de l’abdomen , forment , soit des pyramides composées de lames empilées ou hérissées de barbes, soit des panaches, de simples lames, et paraissent même dans quelques-unes uniquement constituées par des poils.

Quelques zootomistes, et spécialement M. le baron Cuvier, nous avaient fait connaître le système nerveux de plusieurs crustacés de divers ordres. Le même sujet vient d’être traité à fond par MM. Victor Audouin et Milne Edwards, dans leur troisième Mémoire sur l’anatomie et la physiologie des animaux de cette classe ( Ann . des scienc . nat . , xiv, 77 ), et il ne nous manque plus, pour compléter ces recherches , que la publication de celles qu’a faites M» Straus sur les branchiopodes , et notamment sur leslimules, dont ces deux naturalistes n’ont point parlé. *

« Le système nerveux des crustacés, soumis à

(i) Voyez y ci-après, l’ordre des de'capodes.

EN GÉNÉRAL

leurs observations, se présente, nous disent-ils, sous deux aspects très différents , qui constituent les deux extrêmes des modifications qu’il offre dans les crustacés. Tantôt , comme cela a lieu dans le talitre, cet appareil est formé par un grand nombre de renflements nerveux, semblables entre eux, disposés par paires, et réunis par des cordons de communication } de manière à former deux chaînes ganglionnaires , distantes l’une de l’autre et occupant tonte la longueur de l’animal. Tantôt , au contraire, il se compose uniquement de deux ganglions ou renflements noueux , dissemblables par leur forme, leur volume et leur disposition, mais toujours simples et impairs, et situés l’un à la tête et l’autre au thorax. C’est ce que l’on rencontre dans le maja. »>

» Certes , au premier abord , ces deux modes d’organisation semblent être essentiellement différents, et si l’on bornait l’étude du système nerveux des crustacés à ces deux animaux, il serait bien difficile de reconnaître dans la masse nerveuse centrale du thorax du maja, l’analogue des deux chaînes ganglionnaires qui occupent la même partie du corps dans le talitre. Mais si l’on se rappelle les divers faits que nous avons rapportés dans ce Mémoire , on arrivera nécessairement à ce résultat remarquable. »

Ils y ont été conduits par l’étude exacte du système nerveux de divers crustacés intermédiaires.

formant autant de chaînons de cette série, tels que les cymothoés ( 1 ) , les phyllosomes ( 2 ) , le homard ( 3 ), les palémons et les langoustes. Ils se sont aussi étayés des observations de M. le baron Cuvier et de M. Tréviranus. Ils en déduisent cette conséquence , que malgré ces différences de disposition , le système nerveux des crustacés est cependant formé des mêmes éléments qui, isolés chez les uns , et uniformément distribués dans toute la longueur du corps , présentent chez les autres divers degrés de centralisation^ d’abord de dehors en dedans , ensuite dans la direction longitudinale ; et qu’enfîn ce rapprochement dans tous les sens est porté à son extrême, lorsqu’il n’existe plus qu’un noyau unique au thorax (les crabes proprement dits ou brachyures). De tous les décapodes macroures observés par MM. Victor Audouin et Milne Edwards , la langouste serait celui dont le système veineux serait le plus centralisé ; et dans notre méthode , en effet , ce crustacé est peu éloigné des brachyures. Mais il n’en serait pas de même des palémons et du homard; car, suivant eux, les premiers se rappro*cheraient plus sous ce rapport des langoustes que le homard , tandis que , dans notre distribution , ce dernier crustacé précède les palémons , dispo-

(1) Ordre des isopodes.

(2) Ordre des stomapodes.

(3) Voyez pour ce sous-genre et les deux suivants l’ordre des décapodes, ftimilie des macroures.

EN général.

sition qui nous paraît fondée sur plusieurs caractères très naturels.

Les crustacés sont aptères ou privés d’ailes munis de deux jeux à facettes, mais rarement d’yeux lisses , et communément de quatre antennes. Ils ont , pour la plupart (les pœcilopodes exceptés), trois Paires de mâchoires (les deux supérieures qu’on désigne sous le nom de mandibules y comprises) , autant de pieds-mâchoires (i), mais dont les quatre derniers deviennent, dans un grand nombre , de véritables pieds et dix pieds proprement dits , tous terminés par un seul onglet. Lorsque les deux dernières paires de pieds-mâchoires remplissent les mêmes fonctions , le nombre de pieds est alors de quatorze. La bouche présente aussi, de même que dans les insectes , un labre , une languette, mais point de lèvre inférieure proprement dite ou comparable à celle de ces derniers ; la troisième paire de pieds-mâchoires ou la première, ferme extérieurement la bouche et remplace cette partie.

Les organes sexuels, ou ceux des mâles au moins,

,(i) Mâchoires auxiliaires , dans la nomenclature de M.Savigny , du moins quant aux crustacés décapodes. Les deux supérieurs formant, dans les amphipodes et les isopodes , une sorte de lèvre, il les appelle, dans ce cas , lèvre auxiliaire . Relativement aux, faucheurs ou phalangium , genre d'arachnides, il distingue leurs mâchoires, en mâchoires principales , celles qui tiennent aux palpes [faux palpes selon, lui) et en mâchoires surnuméme'raires , celles qui tiennent aux quatre premières pattes. Les pièces des mêmes animaux qu’on a considérées comme des mandibules, sont pour lui des mandibules succédanées . Al’ égar d des scolopendres , il admet deux lèvres auxiliaires.

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