DES CRUSTACÉS STOM APODES
rement et près de l’anus en pointe. Ses parois sont minces, transparentes et presque membraneuses. Son extrémité antérieure, immédiatement placée derrière l’estomac , donne naissance à trois artères principales, dont la médiane ( l’ophthalmique ) , jetant des deux côtés plusieurs rameaux^ se porte plus spécialement aux jeux et aux antennes mitoyennes; et dont les deux latérales ( les antennaires) passent sur les côtés de l’estomac , et vont se perdre dans les muscles de la bouche et des antennes extérieures. La face supérieure du cœur ne produit aucune artère ; mais on en voit sortir de ses deux côtés un grand nombre, et dont chaque paire, à ce qu’il nous a paru, correspond à chaque segment du corps, à commencer aux pieds-mâchoires, soit que ces segments soient extérieurs , soit qu’ils soient cachés par le test, et même très petits, comme le sont les antérieurs. Au niveau des cinq premiers anneaux de l’abdomen, ou de ceux portant les appendices natatoires et les branchies, cette face supérieure du cœur reçoit, près de la ligne médiane, cinq paires de vaisseaux ( une paire par chaque segments ) venant de ces derniers organes, et qui, suivant MM. Âudouin et Milrïe Edwards, sont les analogues des canaux branchio -cardiaques des décapodes. Un canal central (1) , situé au-dessous du foie et de l’intestin, re-
(i) Voyez les généralités des macroures. On n’a point observé dans les crustacés des ordres suivants, ce vaisseau ni les sinus veineux,- mais le cœur conserve la même forme alongée, et présente aussi les mêmes artères
EN GÉNÉRAL
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coit le sang veineux, qui afflue de toutes les parties du corps. Au niveau de chaque segment portant les pieds-nageoires et les branchies , il jette de chaque coté un rameau latéral, se rendant à la branchie située à la base du pied-nageoire correspondant. Les parois de ces conduits ont paru aux mêmes observateurs lisses et continues, mais formées plutôt par une couche de tissu lamellaire celluleux accolé aux muscles voisins, que par une membrane propre ; il leur a semblé que ces conduits communiquaient entre eux vers le bord latéral des anneaux : mais ils n’osent l’assurer. Les vaisseaux afférents ou internes des branchies , qui , dans ces squilles, forment des houppes en panaches, se continuent avec les canaux bv anchio- cardiaque s , ne sont plus logés dans des cellules, passent entre des muscles, contournent obliquement la partie latérale de l’abdomen , gagnent le bord antérieur de l’anneau précédent , et vont se terminer à la face supérieure du cœur, près de la ligne médiane , en chevauchant légèrement l’un sur l’autre. Le cordon médullaire ri’offre^ outre le cerveau, que dix ganglions, dont l’antérieur fournit les nerfs des parties de la bouche ; les trois suivants , ceux des six pieds natatoires, et les six derniers , ceux de la queue. Ainsi les quatre derniers pieds-mâchoires , quoique
antérieures. Ses côtés donnent encore naissance à d’autres artères correspondantes aux articulations du corps. Voyez , outre le mémoire précité , les Leçons d’Anatomie comparée de M. Cuvier. .
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représentant les quatre pieds antérieurs des décapodes, font néanmoins partie des organes de la mastication. L’estomac des mêmes- crustacés (squilles) est petit, ,et n’offre que quelques très petites dents (1) vers le pylore. Il est suivi d’un intestin grêle et droit, qui règne dans toute la longueur de l’abdomen, accompagné à droite et à gauche de lobes glanduleux, paraissant tenir lieu de foie. Un appendice en forme de rameau, adhérent à la base interne de la dernière paire de pieds, paraît caractériser les individus mâles.
Les téguments des stomapodes sont minces, et même presque membraneux ou diaphanes dans plusieurs. Le test, ou carapace, est tantôt formé de deux boucliers , dont l’antérieur répond à la tête et l’autre au thorax, tantôt d’une seule pièce, mais libre par derrière, laissant ordinairement à découvert les segments thoraciques, portant les trois dernières paires de pieds , et ayant en devant une articulation, servant de base aux yeux et aux antennes intermédiaires; ces derniers organes sont toujours étendus et terminés par deux ou trois filets. Les yeux sont toujours rapprochés. La composition de la bouche est essentiellement la même que celle des décapodes ; mais les palpes des mandibules , au lieu d’être couchés sur elles, sont toujours relevés. Les pieds-mâchoires sont dépourvus de l’appendice en forme de fouet, qu’ils nous offrent dans les dé-
(i) Elles forment deux rangées de stries transverses et parallèles.
EN GÉNÉRAL
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capodes. Ils ont la forme de serres ou de petits pieds; et dans plusieurs au moins (les squilles ) , j| leur base extérieure , ainsi que celie des deux pieds antérieurs proprement dits , offre un corps vésiculaire ; ceux de la seconde paire , dans les mêmes stomapodes, sont beaucoup plus grands que les autres et que les pieds mêmes; aussi les a-t-on considérés comme de véritables pieds, et en a-t-on compté quatorze (i). Les quatre pattes antérieures ont aussi la forme de serres, mais terminées ainsi que les pieds-mâcboires, en griffe, ou par un crochet qui se replie du côté de la tête, sur la tranche inférieure et antérieure de l’article précédent ou de la main. Mais dans quelques autres, tels que les phyL losomes (2), tous ces organes sont filiformes et sans pince. Quelques-uns d’entre eux au moins,, ainsi que les six derniers et pareillement simples des stomapodes pourvus de serres, ont un appendice ou rameau latéral. Les sept derniers segments du corps, renfermant une bonne partie du cœur, et servant d’attache aux organes respiratoires, ne peuvent plus, sous ce rapport, être assimilés à cette portion du corps qu’on nomme queue dans les décapodes; c’est un abdomen proprement dit. Son avant dernier seg-
(1) Les secondes mâchoires des mêmes stomapodes n’ont plus aussi la forme de celles des décapodes. Elles ont la figure d’un triangle alongé et divisé en quatre articles par des lignes transverses. Les mandibules sont bifurquées et très dentées .
(2) Dans tous ceux où les quatre pieds antérieurs sont en forme de serre, les six derniers sont natatoires.
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meot a, de chaque côté, une nageoire composée de meme que celle de la queue des macroures, mais souvent armée ainsi que le dernier segment, ou la pièce intermédiaire, d’épines ou de dents. Tous les stomapodes sont marins , habitent de préférence les contrées situées entre les tropiques, et ne remontent point au-delà des zones tempérées. Quoique nous ayons vu un très grand nombre d’individus , nous n’en avons jamais rencontré un seul t portant des œufs. Leurs habitudes nous sont totalement inconnues; seulement, il est hors de doute j que ceux qui sont munis de serres , s’en servent pour saisir leur proie, à la manière de ces orthoptères , appelés en Provence prégadious ou mantes (i). C’est à raison d’une telle conformité, que ces stomapodes ont reçu la dénomination de mantes de mer : ce sont les cragones et crangines des Grecs. Au témomna^e de M. Risso , ils se tiennent à de grandes profondeurs, sur les fonds sablonneux et fangeux, et s’accouplent au printemps. Mais d’autres stomapodes , ceux de notre seconde famille , moins favorisés quant aux appendices natatoires , ayant d’ailleurs le corps très aplati et beaucoup plus étendu en surface, vivent habituellement à la surface des eaux, et s’y meuvent très lentement.
(i) Quelques autres orthoptères analogues, tels que les pliyllies , ressemblent à des feuilles. Les phyllosoines , crustacés du même ordre , nous offriront les mêmes rapports.
famille des üjnicuirassés. 107
Nous diviserons les stomapodes en deux familles.
Dans la première, celle
Des UNICUIRASSÉS. ( Unipeltata. )
Le test ne forme qu’un seul bouclier, en forme de quadrilatère alongé, ordinairement élargi et libre par derrière, recouvrant la tête, à l’exception des yeux et des antennes, portés sur une articulation commune et antérieure, et les premiers segments au moins du tborax. Son extrémité antérieure se termine en pointe ou est précédée d’une petite plaque, finissant de même. Tous les piedsmâchoires, dont les seconds fort grands, et les quatre pieds antérieurs sont très rapprochés de la bouche , sur deux lignes convergentes inférieurement , en forme de serres, avec un seul doigt ou crochet mobile et replié. Si l’on en excepte les seconds pieds , tous ces organes ont extérieurement , à leur naissance , une petite vessie pédiculée. Les autres pieds , au nombre de six , et dont le troisième article porte latéralement et à sa base un appendice , sont linéaires , terminés par une brosse, et simplement natatoires. Les antennes latérales ont une écaille à leur base , et la tige des intermédiaires est formée de trois filets. Le corps est étroit et alongé, les pédicules oculaires sont toujours courts.
Cette famille se compose d’un seul genre, celui
De Squille ( Squilla. Fab. ),
Que nous partagerons ainsi :
ÎOS CRUSTACÉS STOM APODES.
Dans les uns , le bouclier crustacé est précédé d’une petite plaque plus ou moins triangulaire, située au-dessus de l’articulation portant les antennes mitoyennes et les yeux, ne recouvre que la portion antérieure du thorax et ne se replie point en-dessous latéralement. L’article servant de pédoncule aux antennes mitoyennes, ainsi qu’aux pédicules oculaires, et les côtés extérieurs du bout de l’abdomen, sont à découvert.
Tantôt le corps est presque demi cylindrique avec le dernier segment, arrondi, denté ou épineux au bord postérieur; les appendices latéraux des six derniers pieds sont en forme de stylet.
Les Squilles propres. (Squilla. Latr. )
Ont, tout le long du côté interne de l’avant-dernier article des deux grandes serres , une rainure très étroite , dentelée ' sur l’un de ses bords, épineuse sur l’autre, et l’article suivant, ou la griffe, en forme defaulx et le plus souvent denté.
LaSQuiLLEMANTE(Ch«cerm«^^w,Lin.) Herbst., XXXilï, i ; Encyclop. méth., atl. d’hist. nat. , CCCXXIV ; Desmar., Consid., XLI , 2 est longue d’environ sept pouces. Ses grandes serres ont à leur base trois épines mobiles, et leurs griffes ont six dents alongées et très acérées, dont la terminale plus forte. Les segments du corps, le dernier excepté, ont six arêtes longitudinales, terminées pour la plupart en une pointe aiguë ; le dernier est élevé dans son milieu en une forte carène, ponctué, terminé postérieurement par un double rang de dentelures et quatre pointes très fortes, dont les dents du milieu plus rapprochées; chacun de ses bords latéraux a deux divisions rebordées ou plus épaisses, et dont la dernière finissant en pointe. Le pédoncule des nageoires latérales se prolonge en-dessous et se termine par deux dents très fortes. Elle est commune dans la Méditerranée. La Squille de Desmarets (Risso, Crust., II, 8.), que l’on y trouve aussi, n’a que deux pouces et demi de long. Ses griffes ont cinq dents; le test et le milieu des segments de l’abdomen, les derniers exceptés, sont unis (1). !
(1) ployez, pour les autres espèces, l’article Squille et les planches
FAMILLE DES UNICüIIl ASSÊS.
XCK)
Les Gonodactyles. (Gonodactylus. Latr. )
La rainure de l’avant-dernier article des grandes serres est élargie à son extrémité, et n’offre ni dentelures ni épines. La griffe est ventrue ou en forme de nœud vers sa base, et se termine ensuite en une pointe comprimée, droite ou peu courbe. Toutes les espèces sont exotiques (i).
Tantôt le corps est très étroit et déprimé, avec le dernier segment presque carré, entier, sans dentelures ni épines. L’appendice latéral de ses six derniers pieds est en forme de palette, presque orbiculaire et un peu rebordée; les antennes et les pieds sont plus courts que dans les précédents; l’avantdernier article des grandes serres est garni au bord interne de cils très nombreux en forme de petites épines; la griffe est en faulx.
Les Coronis. (Coronis. Latr.)
On n’en connaît qu’une seule espèce (a).
Les autres stomapodes de cette famille ont le test comme membraneux, diaphane, recouvrant tout le thorax, replié latéralement en dessous, prolongé antérieurement en manière d’épée ou d’épine, et s’avançant au-dessus du support des antennes mitoyennes et des yeux. Ce support est susceptible de se courber en dessous et d’être renfermé dans l’étui formé parla courbure du bouclier. Les nageoires postérieures se cachent sous le dernier segment.
Ces crustacés, très petits, mous, sont propres à l’Océan atlantique et aux mers des Indes orientales. Les griffes des grandes serres n’ont point de den$s; le second article des pédicules oculaires est beaucoup plus gros que le premier, en forme de cône renversé; les yeux proprement dits sont
de l’Encyclope'die me'thod. ; Desmar. , Consid. sur la classe des crust. Il a donné , pl. xlii , une figure détaillée de la squille queue-rude.
(1) Squilla scyllarus, Fab. ; R ampli. , Mus. lu, F.; — Squilla chiragra, Fab.; Desmar. , Consid., xliii. Consultez l’ article Squille de l’Encyclopédie méthodique.
(2) l’article Squille de l’Encyclop. méthod. Squilla eusebia ? Risso.
CRUSTACÉS &TOM APODES, gros, presque globuleux; l'appendice des pieds en nageoire ressemble à celui des squilles et des gonodactyles. Dans
Les Érichthes, (Erichthus, Latr. ; — Smerdis, Leacb) ,
Le premier article des pédicules oculaires est beaucoup plus court que le second; le milieu des bords latéraux du bouclier est fortement dilaté en manière d’angle , et leur extrémité postérieure offre deux dents (i). Dans
Les Alimes , (Alima. Leacb) ,
Le premier article des pédicules oculaires est beaucoup plus long que le suivant, grêle et cylindrique; le corps est plus étroit et plus alongé que dans les érichtbes; les bords latéraux du bouclier sont presque droits ou peu dilatés; son milieu est caréné longitudinalement; chacun de ses angles forme une épine, dont les deux postérieures plus fortes (2).
La seconde famille , celle
Des BICUIRASSÉS (Bipeltata.),
A le test divisé en deux boucliers^ dont l’antérieur très grand, plus ou moins ovale, forme la tête , et dont le second, répondant au tîiorax, transversal et anguleux dans son pourtour, porte les pieds-mâchoires et les pieds ordinaires. Ces pieds, à l’exception au plus des deux postérieurs, et les deux derniers pieds-mâchoires , sont grêles , filiformes , et pour la plupart très longs et accompagnés d’un appendice latéral , cilié ; les quatre autres piedsmâchoires sont très petits et coniques. La base des
(1) Erichtus vit reus , Latr. Voy. Particle Scjuille , la planche ccclïv de Fatl. d’hist. natur. de l’Encyclop. metliod. , et Desmar. , Consid. , XL1V ,2,3.
(2) Alima hyalina , Latr., Encyclop. metliod. , article Souille, et ibid. atl. d'hist, natur. , ccclïv , 8 5 Désunir. , Consid. , xliv , 1.
FAMILLE DES JBICC3IUASSÉS, 111
antennes latérales n’offre point d’écaille; les mitoyennes sont terminées par deux filets. Les pédicules oculaires sont longs. Le corps est très aplati, membraneux, transparent, avec l’abdomen petit, et sans épines à la nageoire postérieure.
Cette famille ne comprend qu’un seul genre, celui De Phyllosome (Phyllosoma, Leacli.),
Dont toutes les espèces sont de l’Océan atlantique et des mers orientales (1).