‹ Les crustacés, les arachnides et les insectesChapitre 34 sur 85 · LE TROISIÈME ORDRE DES CRUSTACÉS · texte numérisé non relu

LE TROISIÈME ORDRE DES CRUSTACÉS

Les AMPHIPODES. (Amphipoda. )

Sont les seuls malacostracés à yeux sessiles et immobiles , dont les mandibules soient , ainsi que celles des crustacés précédents, munies d’un palpe ; j les seuls encore dont les appendices sous-caudaux , toujours très apparents, ressemblent , par leur forme étroite et alongée , leurs articulations et leurs bifurcations ou autres découpures, ainsi que par les poils ou les cils dont ils sont garnis, à de fausses pattes ou à des pieds nageoires. Dans les malacostracés des ordres suivants, ces appendices ont la forme de lames ou d’écailles ; ces cils ou ces poils paraissent constituer ici les branchies. Beaucoup offrent., ainsi que les stomapodes et les læmodipodes, des bourses

AMPHJPODES. Il 5

vésiculaires, placées soit entre les pattes , soit à leur base extérieure, dont on ignore Dusage.

La première paire de pieds y ou celle qui correspond aux seconds pieds-mâchoires , est toujours annexée à un segment propre, le premier après la tète. Les antennes, dont le nombre, à une-seule excep- . tion près ( les phronimes ) est de quatre , sont avancées, s’amincissent graduellement pour se terminer en pointe, et se composent, comme dans les crustacés précédents, d’un pédoncule, et d’une tige unique, ou accompagnée au plus d’un petit rameau latéral, et le plus souvent pluriarticulée. Le corps* est ordinairement comprimé et courbé en dessous postérieurement. Les appendices du bout de la queue ressemblent le plus souvent à de petits stylets articulés. La plupart de ces crustacés nagent et sautent avec facilité, et toujours de côté. Quelques-uns se trouvent dans les ruisseaux et les fontaines, et souvent réunis par couples, composés des deux sexes; mais le plus grand nombre habite les eaux salées. Ces crustacés sont d’une couleur uniforme, tirant sur le rougeâtre ou le verdâtre. Ils pourraient être compris dans un seul genre, celui

Des Crevettes. ( Gammarus. Fab. )

Que l’on peut partager d’abord , d’après la forme et le nombre des pieds , en trois sections.

i° Ceux qui ont quatorze pieds, tous terminés par un crochet, ou en peinte et au nombre de quatorze.

1 l6 ‘CRUSTACÉS

2° Ceux dont le nombre des pieds est encore de quatorze, mais où ces organes, ou les quatre derniers au moins, sont nautiques et simplement natatoires.

3° Ceux qui n’ont que dix pieds apparents.

La première section se partagera en deux.

Les uns (Uropteres, Uroptera. Latr. ) ont la tête généralement grosse, les antennes souvent courtes et simplement au nombre de deux dans quelques-uns, et le corps mou ; tous les pieds, la cinquième paire au plus exceptée, simples ; les antérieurs courts ou petits, et la queue, soit accompagnée au bout de nageoires latérales, soit terminée par des appendices ou pointes élargis et bidentés ou fourchus à leur extrémité postérieure. Ils vivent dans le corps de divers acalèphes, ou méduses de Linnæus, et de quelques autres zoophytes. Ici, comme dans

Les Phronimes (Fhronima. Latr. ) ,

Il n’y a que deux antennes (très courtes et biarticulée.s ); ; la cinquième paire de pieds est la plus grande de toutes, et terminée en pince didactyîe; les appendices du bout de la queue sont au nombrede six, et en forme de stylets, alongés, fourchus ou bidentés à leur extrémité; l’on voit six sacs vésiculeux entre les dernières pattes. Il paraît qu’il en existe plusieurs espèces, mais qu’on n’a point décrites d’une manière comparative et rigoureuse. Celle qui a^ servi de type est

Le Phronime sédentaire ( Cancer sedentanus , Forsk. , Faun. arab., p. 95 ; Latr., Gener. crust. et insect, I, 1 1 , 2, 3. ) se trouve dans la Méditerranée, et se loge dans un corps membraneux , transparent, en forme de tonneau, paraissant provenir du corps d’une espèce de beroë.

Le Phronime sentinelle de M. Risso (Crust. , II, 3. ) vit dans l’intérieur des méduses, formant les genres équorée et géronie de Péron et de Lesueur. Une autre espèce, selon M. Leach , a été observée sur les côtes de la Zélande.

Là, les antennes sont au nombre de quatre; tous les pieds sont simples ; la queue a , de chaque côté de son extrémité, une nageoire lamelleuse ou foliacée, dont les lames sont acuminées ou unidentées aubout.

A MPH1P0DES.

il 7

Les Hyperies. (Hyperia. Latr. )

Dont le corps est plus épais en devant 5 dont la tête est occupée, en majeure partie , par des yeuxoblongs et un peu échancrés aü bord interne ; dont deux des antennes sont aussi longues au moins que la moitié du corps , et terminées par une tige sétacée, longue et composée de plusieurs petits articles (1).

Les Phrosines. (Phrosine. Risso.)

Semblables, pour la forme du corps et celle de la tête , aux hyperies, mais dont les antennes sont au plus de la longueur dë cette partie, de peu d’articles en forme de stylet, ou terminées par une tige en cône alongé (2).

Les Dactylocères. ( Dactylocera. Latr.)

Dont le corps n’est point épaissi en devant 5 dont la tête est de grosseur moyenne, déprimée, presque carrée, avec les yeux petits; et dont les quatre antennes, fort courtes et de peu d’articles, ainsi que dans les phrosines , sont de formes diverses : les inférieures étant menues, en* forme de stylet, et les supérieures étant terminées par une petite lame | concave au côté interne, et représentent une cuiller ou une pince (3).

i Les autres (Crevettines; Gammarinœ . Lat. ) ont toujours ! quatre antennes ; le corps revêtu de téguments coriaces, élastiques , généralement comprimé et arqué; l’extrémité | postérieure de la queue est dépourvue de nageoires; ses appendices sont en forme dé stylets cylindriques ou

(1) Cancer monoculoides , Montag. , Trans. , linn. Soc., XI, 11, 3 ; — Hypërie de Lesueur , Latr., Encyclop. méthod. , atl. d’hist. nat.

! cccxxviii, 17, 18; Desmar. , Consid. , pag. 258.

(2) Phrosina macropthalma , Risso, Journ. de phys. , octob. 1822 ; j Desmar. , ibid. , p. 2595 Cancer galba , Montag, Trans. linn. , Soc. jj XI, n, a.

(3) Phrosina semilunata , Risso , ibid . y Desmar. , ibid. La tige des antennes inférieures présente deux ou trois articles , au lieu que, dans les phrosines , e,lle est inarticulée. Ici encore, les articles des pédoncules des mêmes antennes sont plus courts.

Il8 CRUSTACÉS

coniques. Deux au moins de leurs quatre pieds antérieurs sont le plus souvent terminés en pince.

Les bourses vésiculaires , dans ceux où on les a observées (les crevettes. Lat. ); sont situées à la base extérieure des pieds , à commencer à la seconde paire -, et accompagnées d’une petite lame. Les écailles pectorales renfermant les œufs, sont au nombre de six.

Tantôt les quatre antennes, quoique de proportions différentes dans plusieurs, ont essentiellement la même forme et les mêmes usages ) les inférieures ne ressemblent point à des pieds et n’en font point les fonctions.

Un sous-genre, que nous avons établi sous la dénomination

D’Ione (ïone.),

Mais uniquement d’après une figure de Montagu ( Oniscus thoracicus , Trans. , linn. Soc., IX , ni , 3 , 40 ? nous présente des caractères très particuliers et qui l’éloignent de tous les autres du même ordre. Le corps se compose d’environ quinze articles, mais que l’on ne distingue que par des incisions latérales , en forme de dents. Les quatre antennes sont très courtes ) les externes , plus longues que les deux autres, sont seules visibles, lorsque l’animal est vu sur le dos. Les deux premiers segments du corps sont pourvus chacun, dans la femelle:, de deux cirrhes alongés, charnus, aplatis, semblables à des rames. Les pattes sont très courtes , cachées sous le corps et crochues. Les six derniers segments sont munis d’appendices latéraux , charnus, alongés, fascicuîés, simples dans le mâle, en rameaux dans l’autre sexe. On voit aussi, à l’extrémité postérieure du corps, six autres appen-r dices simples , recourbes , et dont deux plus grands que les autres. Les valves abdominales sont très grandes, recouvrent toute la partie inférieure du corps , et forment une espèce de réceptacle pour les œufs. Ce crustacé se tient caché sous le test de la callianasse souterraine , ety forme sur l’un de ses côtés une tumeur. Montagu a conservé en vie, pendant plusieurs jours, ce crustacé, qu’il avait retiré de sa demeure. Les femelles sont toujours accompagnées de leurs mâles , qui se fixent solidement sur leurs appendices abdominaux, à

Page 1