‹ Les cuisinièresChapitre 10 sur 29 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

Les Mêmes, M">« CHIFFART, habillée.

M"* CHIFFART.

Allons, Victoire, il est trois heures ; où en êtes-vous, ma fille ? comment, votre broche n'est pas encore mise?

VICTOIRE

Soyez tranquille, madame, je s'rai en mesure.

M"^ CHIFFART.

Ah! voilà votre mère! Bonjour, M"" Michel.

{J^ictoire met le poulet dans la cuisinière^)

MÈRJÎ MICHEL.

Madame, j'ai ben l'honneur de vous saluer. J' passais par ici; j'ai dit: jVas monter voir ma fille^ et présenter mes respects à madame ChifFart.

M™* CHIFFART.

C'est bien.

MÈRE MICHEL, câlinant.

iVL^dame êtes-vous toujours contente de Victoire?

M"* CHIFFART.

Mais, oui, «ssez... Elle a quelques défauts 5 mais, elle est bonne fille.

MÈRE MICHKL.

Tant mieux, qu'elle vous coutenle , c'est tout c'que j' désire! J' lui disais encore tout à llicure, que quand on a l'bonneur d'avoir de bons maîîies, faul ben s'y l'nir , et u pas changer d' maison pour l'appât de gagner queuque chose de plus.

M""' CHIFFART.

Je suis persuadée que vous lui donnez de bon conseils.

MÈRE MICHEL

Ah ça! vous pouvez lui demander qu'esl-ce que je lui disais quand vous êtes venue. Qu'est-ce que je te disais, Victoire?

VICTOIRE

C'est vrai, maman.

MÈ:RE MICHEL

D'ailleurs, c'est pour elle qu'elle travaille ; si elle fait bien, elle trouvera bien, comme dit c' t' autre.

M^ie CHIFFART.

Victoire, avez-vous fait rafraîchir votre mère?

VICTOIRE

Je ne me permettrais pas sans l'ordre de madame...

MÈRE MICHEL

Je vous remercie, madame , je n'ai besoin de rien.

Mme CHIFFART.

Mais si...

Air : Dans la paix et l'innocence.

Allons servez votre mère , Regardez dans le buffet , Il doit y rester, ma chère , Une cuisse de poulet.

MÈRE MICHEL

Vous êtes bien bonn', sur mon ame , D' moi vous vous occupez trop :

Mais je n' sors jamais, madame, Sans avoir pris tout c' qui m' faut.

Adieu , Victoire I

VICTOIRE

Adieu, maman.

MÈRE MICHEL

Pense bien à tout ce que je l'ai dit... continua à bien

( ^7 ) confenler madame et monsieur Cliiffart, reste chez eux le pins lon-g-tenips que lu pourras: car, pierre qui roule n'amasse pas Je mousse, oomme dit c't' autre. . . Adieu . madame ChifLrt, bieu des choses à monsieur Chiff'art, si j'ose vous prier... souffre-t-il toujours de sa calhari e ?

M""^ CHIFFART.

Non, pas trop.

MÈRE MICHEL

Ah/ tant mieux, car il en a bien souffert l'hiver dernière.

M"" CHIFFART.

Au revoir.

MÈRE MICHEL

Je vous salue, madame Chiffart.

Elle sorL en f lisant la révérence.

M"' CHIFFART.

Adieu, mère Michel. Allous, Victoire, pressez votre dîner. Elle 6orl.

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