SCENE XIV
THÉRÈSE, VICrOIRE.
THÉRÈSE , apportant du beurre sur un plat. Tenez, mamzelle Victoire, en voilà une liyre, pre- Les Cuisinières. 3
nez ce qu'il vous faut... Tiens, vous avez du monde!. •• fallait donc me dire ça, je sui^ libre, monsieur dîne en ville, elvous pensez bien que madame...
VICTOIRE
Est- ce qu'on est venu la chercher ?
THÉRÈSE
Nori, elle dîne chez sa tante... ou ailleurs; je no restei^ai pas long-temps dans c'te maison-là , moi , je n'aime pas les allures.
VICTOIRE
Faites comme moi , plantez là la barraque.
THÉRÈSE
Hein?... Vous vous en allez d'ici; est-ce qu'on vous renvoie ?
VICTOIRE
Non, c'est moi qui s'en va. Ils n'en savent rien entore.
THÉRÈSE, à part.
C'est bon à savoir , Madame qui m'a donné mon (Tomple, si je pouvais... je n'aurais que le carré à le traverser...
VICTOIRE
Ah ! cà, c'est entre nous^ Thérèse...
Elle chante en préparant sa soupe et son bœuf.
Air : Elle était heureuse au village.
Vous cl's bonne enfant, v'ià pourquoi ' Je vous mets dans ma conlidence.
Monsieur est toujours après moi.
Quand il finit, madam' commence.
Ils pourront queuqu' jour me r' gratter, Mais de les servir je suis lasse.
THÉRÈSE
Vous faites bien de les quitter Et je me mets à votre jilace.
V'ià un beau bœuf, vous ne mettez pas de persil?
VICTOIRE
Je n'en ai pas, ils s'en passeront. Thérèse, pendant que je vais servir la soupe et le bouilli, tournez mon poulet et veillez à mes épinards, vous serez bien gentille.
Elle sort apec la soupière et le bouilli par-dessus.