M"« CHIFF\RT
Je vous réponds que je suis bien lasse de Victoire.
THÉRÈSE
Elle est pourtant bonne fille; eh bien ! il faut qu'elle ail des ennemis daus la maison; car on ne la ménage paG.
Mme CHIFFART.
Bah!...
THÉRÈSE, Oh! c'est peut-être que la portière l'y en veut, et qu'elle aura monté contr'tlle les autres cuisinières. M""* CHIFFART.
Est-ce que vous sauriez quelque chose .'' THÉRÈSE.
Je ne suis pas faite pour dire du mal d'une camarade, certainement; d'ailleurs, nous sommes amies, et^ comme elle oublie souvent, je lui prêle tout ce qu'elle a de besoin; mais, elle rend fidelleraent !
( 22 ) M°'« CHIFFART.
Vous ne voulez pas lui faire du tort, c'est bien, Thérèse, mais, qu'est-ce qu'on dit d'elle dans la maison?
THÉRÈSE
Air : Voilà la manière.
Ça me fait d' la pein', Mais on dit dans 1' quartier,
Qu'elle fait sans gèn' Danser l'aus' du panier.
On dit que toujours Les voisin's chez ell' font bonn' chère ,
Et qu' tous les huit jours EU' donne un pot d' graisse à sa mère.
Je ne peux pas croire "\
A ces propos-la ; f ^^^
Mais faut ben qu' Victoire l
Fass' queuqu' chos' comm' ça. /
M^e CHIFFART, à part.
J'en apprends de belles ^ est-ce tout ?
THÉRÈSE
Je n'ose pas vous dire le reste.
M^ie CHIFFART.
Voyons, voyons.
THERESE
Même air:
On dit dans le mond' Que c' bon monsieur Chiflfart ,
Bien loin qu'il la grond' La traite avec e'gard.
Que d'vant votr' époux Eir sait s' contrefaire de sorte ,
Qne ça n' S'rait pas vous Qui pourriez la mettre a la porte.
Je ne peux pas croire \
A ces propos-là , f r .
Mais , faut ben qu' Victoire l
Fass' queuqu' chos' pQ^r ça. /
M"' CHIFFART.
Ah! je n'oserais pas la mettre à la porte; nous verrons... je la renvoie demain. C'est décidément un mauvais uet que celte fi 11©.
THÉRÈSE
Madame n'aura pas cette peiue-Ià ; car sa mère lui a trouvé une place , et elle va quitter madame.
M^e CHIFFART.
Elle compte, sans doute, me laisser dans l'embarras! Quel dommage que vous soyez placée! Thérèse; car, vous êtes une bonne fille !
Victoire rentre et porte le café dans l'intérieur.
THÉRÈSE
Ah! madame; je ne me plais pas beaucoup chez Mme Goblot.
Mme CHIFFART.
Eh bien ! c'est dit , Thérèse , si ça vous convient , voilà le denier à Dieu. ( Elle lui don?ieb francs.^ THÉRÈSE , après quelques façons.
Je suis bien contente d'entrer chez vous; mais, ne diles rien à Victoire que je n'aie prévenu M^n^Gcblot; car les maîtres mih'ilent toujours des égards.
M"»" CHIFFART.
C est bien , c'est bien, Thérèse , elle n'aura son paquet que demain ; d'ailleurs, j'en ai besoin ce soir.