SCÈNE m
M"'^ CHIFFART, M. CHIFFART, en pet-en-Vair et en bonnet de nuit , il aperçoit M°* Chiffart baissée près de la cheminée •, il la prend pour Victoire , met son doigt sur sa bouche , et marche vers elle à pas do loup ; il lui donne une petite tape sur la Joue.
M. CHIFFART.
Ma petite Victoire !
M™* CHIFFART, se retournant, et le regardant sans se relever.
Eh bien ! quoi , Victoire ?
W. CHIFFART.
Ah! c'est ma femme. Je n'avais pas mes lunettes.
( // les met. )
M"" CIIIFFART.
Cs n'est pas moi que vous veniez chercher là ?
M. CHIFFART.
N^on , mais je ne suis pas fliché de le rencontrer, Mer o lie.
Air : Je suis modeste et soumise.
Te voyant ainsi , ma chère , Et pelle et pincette en main , Ma foi , pour la cuisinière J'ai pu te prendre soudain, "^a légère camisoUe Et ton petit cotillon , Font de toi , sur ma parole , La petite Cendrillon.
(// riL) Ah! ah! ah!
M""^ CHIFFART.
Vous VOUS en tirez par une lurlupinade , mais je sais ce que j'en dois penser.
M. CHIFFART.
Ah! çà mais où esl-elle donc , Victoire ?
M"" CHIFFXRT.
Elle est.... elle est.... elle n'est pas encore revenue de la halle.
M. CHIFFART.
Ah 1 dame, il y a loin, aussi.
M™^ CHIFFART.
11 y a une lieue, n'est ce pas? \
M. CHIFFART. \
Non-, mais, pourquoi envoyer cette fille à la grande halle, quand elle a les Blancs-Manleaox sous la main ?
M™" CHIFFART.
Voilà bien les hommes! ils ne s'embarrassent pas si l'on économise une pièce de 40 sous sur un mai'ché. M. CHIFFART.
Dis donc , as -tu bien dit à Victoire?... M"" CHIFFART, Vimitint.
Oui, j'ai dit à Victoire ce qu'il fallait lui dire, à Victoire.... Vous en avez plein la bouche.
M. CHIFFART.
C'est que ce dîner d'aujourd'hui est très- important }
ce n'est, pas peu de cliose que de traiter un de nos chefs; je veux que tout soit bien.
M"'^ CIIIFFART.
En ce cas, ne vous mêlez de rien.
]vi. CHIFFART prend li cnfelière qui est au feu , et va pour sortir,