‹ Les cures hélio-marines par les voyages en merChapitre 27 sur 27 · DR 0 UE · texte numérisé non relu

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solaire, plus riche, plus active que dans aucune autre région.

Si le rayonnement direct possède une intensité légèrement inférieure à celle des autres lieux par suite de l'épaisseur maximum de la couche atmosphérique, la lumière réfléchie et diffuse atteint en plein océan une intensité plus forte que partout ailleurs (32% de la lumière solaire totale).

Or, cette dispersion du flot lumineux porte électivement sur les rayons de courtes longueurs d’onde, les ultra-violets en particulier, les infra-rouges étant absor- -bés en grande partie par l’eau et la vapeur d’eau.

L'absence totale de végétation contribue encore à donner à cette lumière une puissance actinique plus grande. Nulle part, par conséquent, une lumière plus riche n’est distribuée aussi abondamment qu’en pleine mer.

En plus de son action spécifique marquée sur l’organisme (reminéralisation, élévation du taux calcique, de la phosphatémie) ce bain de lumière, appliqué sur les téguments sans cesse imprégnés par la brise marine, entraine une stimulation permanente de l’organisme et. ne s’accompagne jamais des troubles dépressifs, si souvent observés à la suite des bains de soleil ordinaires.

Cure d’air idéale, cure solaire non moins intéressante et importante, tels sont donc les avantages qu'offrent aux médecins la haute mer.

Son action tonique sur l'organisme est certaine et est dûe aux propriétés vivifiantes de l’air du large, en même temps qu’à cette lumière solaire, extrêmement

riche en ultra-violets et constamment appliquée sur la

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peau maintenue fraîche. Son action sédative est non moins évidente, du fait de la constance et de la régularité de ses facteurs atmosphériques. A ceux-ci s’ajoutent également les bienfaits produits par le calme et le repos, tant physique que psychique, qui résulte des conditions spéciales de la vie’ à bord.

Le climat du large possède donc des éléments thérapeutiques précieux qu'aucune station climatique ne saurait fournir aussi abondamment pour le traitement d’un grand nombre d’affections.

Nous recommanderons vivement les séjours en mer aux surmenés, aux déprimés, à tous les sujets épuisés à la suite de dépression physique ou morale, de chagrin ou même de surmenage.

Le psychiâtre trouvera en mer, en plus des facteurs climatiques tout à fait favorables, des conditions de vie idéales pour le traitement des névrosés.

On conseillera vivement l’embarquement aux convalescents, affaiblis par de longues maladies, aux anémiques, aux chlorotiques.

En outre, la pureté absolue de l’air du large ,la stabilité de la température font de la pleine mer un lieu d'élection pour le traitement de toutes les affections chroniques des voies respiratoires : bronchites, laryngites, coryzas, rhumes, ainsi que pour celui des asthmatiques et des sujets atteints de rhume des foins.

D'autre part, des observations ont rapporté des cas de guérison d’affections cutanées, d’origine nerveuse ou digestive, de rhumatismes chroniques, qui avaient été rebelles à toute thérapeutique : bien plus, par le repos

qu’elles nécessitent, et par les modifications de la nutri-

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tion qu’elles entraînent, ces cures en mer peuvent améliorer considérablement certains cas de diabète.

Quelques contre-indications cependant, pour les sujets atteints de maladie dits diathésiques (goutte, obésité, exalémie, lithiase biliaire).

Enfin les individus atteints d’affections chroniques de l'estomac et de l'intestin, les cardiaques, les artérioscléreux ne seront pas embarqués, de même que les grands cachectiques incapables de réaction, les personnes atteintes de manie, de troubles mentaux ainsi que les épileptiques.

Mais le problème le plus intéressant, et de beaucoup, est celui de l'influence de la haute mer sur les tuberculeux pulmonaires.

Si en effet, elle possède au plus haut degré les qualités du littoral et constitue assurément un lieu de cure merveilleux pour le traitement des tuberculeux chirurgicaux, serait-elle, ex abrupto, l’ennemie des tuberculeux pulmonaires, que tout l’effort médical et social tend à placer dans les meilleures conditions de résistance et de défense ?

Nous ne le croyons pas.

Nous savons, écrit le professeur L. Bernard, que ce qui paraît le plus pernicieux pour les tuberculeux pulmonaires, ce sont les variations fréquentes et rapides des degrés thermométriques, hygrométriques et barométriques, et que de toutes les conditions climatiques, la plus salutaire est le calme et la stabilité de l’atmosphère.

Si le climat côtier est donc tout à fait contraire aux tuberculeux pulmonaires, il n’est pas hardi de penser

que ceux-ci verront s’étendre devant eux, avec de belles

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perspectives d'amélioration de leur état, les horizons infinies de la pleine mer : ce qui caractérise, en effet, le climat du large, c’est la constance de ses phénomènes atmosphériques et la richesse actinique de sa lumière.

Et grâce à l’absence de poussières, de microbes, à la pureté de l’atmosphère, riche en ozone, réalisant une sorte de « gavage d'oxygène » (Dr Loir), grâce aux conditions spéciales de la vie en mer, le tuberculeux pulmonaire sera soumis aux éléments les plus favorables de guérison. |

Dans ce calme nerveux, ses fonctions reprendront bien vite leur activité : étendu sur une chaise longue, durant toute la journée, ne craignant aucun refroidissement, il s’abandonnera au repos total.

L'air vivifiant lui rendra l’appétit qu'il s’inquiétait, à juste titre, d’avoir perdu; le sommeil réparateur reviendra, la respiration deviendra plus ample, la circulation plus libre, le poids du malade augmentera : en un mot, la résistance vitale de l’organisme s’accroîitra.

« Ce remontement de l’état général, entrainera le plus souvent — l’expérience sanatoriale l’a déjà démontré — l’immobilisation ou la rétrocession des lésions pulmonaires (A. Vernes).

Certes, toutes les zones océaniques, pas plus que toutes les époques de l’année ne seront recommandables.

Nul médecin ne songerait à embarquer un tuberculeux pour New-York en plein hiver.

Nous appuyant sur les travaux du Dr Paillard, nous avons tracé un tableau précisant les limites où de longues traversées pourront s’accomplir dans des régions

clémentes.

De tels voyages, dans l’enchantement de la lumière du jour, que suit la douceur de la nuit tropicale, ne représenteront-ils pas pour les malades des cures de

premier choix ?

Vu : Le Président de Thése, Vu : Le Doyen, L. TANON. M, TIFFENEAU.

Vu et permis d'imprimer

Le Recteur de l’Académie de Paris, G. Roussy.

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