SUÈDE ET NORVÉGE
Chalet norvégien.
Plusieurs objets curieux attirent dans ce chalet d’une construction élégante. Parmi les productions de la terre scandinave, on remarque, outre les instruments de pêche, des flacons d'huile de sapin, des meubles tressés en osier, des stores sur lesquels sont représentées les principales villes de la Norvége, et une collection curieuse de costumes nationaux. Remarquez les voitures et les traineaux, qui ont une légèreté dont nos véhicules les plus perfectionnés n’approchent même pas. La plupart de ces voitures si élégantes, aussi bien dans la Russie que dans la Norvége ne sont que pour une personne. L'homme du Nord n’est donc pas comme celui du Midi, 1 n’éprouve donc pas le besoin de la société?
Maison de Gustave Wasa.
C'est surtout pour être la copie de la maison habitée par Gustave Wasa, et conservée religieusement en Suède, que ce chalet attire des visiteurs. Les toits sont couverts de mousse, l’extérieur est re-
couvert de petites plaques de bois en forme d'’écailles, et les parois intérieures formées d’écorce de bouleaux. Une des pièces renferme le modèle d’une école suédoise ; la grande salle est assez belle, elle contient divers produits de la Suède, de belles peaux de rennes et un magnifique bloc d’alun cristallisé.
Devant ce kiosque se trouvent deux canons suédois, remarquables ar leur volume ; l’un pèse 14000, l’autre 13000 kilogrammes, eur ouverture mesure 27 et 24 centimètres, et leurs boulets pèsent 130 et 100 kilogrammes.
RUSSIE
Les isbahs (cabanes de paysans russes).
A gauche de la porte d’entrée de l’avenue de Suffren s'élèvent les deux #sbahs qu'ont fait construire M. Gronoff et l'administration des domaines. Elles ont été fabriquées à Saint-Pétersbourg et ont été envoyées à Paris dans 2500 caisses, sous la garde d’une escouade d'ouvriers moujicks qui les ont montées avec une rapidité surprenante. Le bois et l’éteupe sont les seuls matériaux de construction employés.
Une foule nombreuse se presse toujours pour visiter ces élégants chalets qui servent d'habitation aux paysans russes.
Sur le sol russe, sol à moitié féodal où l’homme est encore immobilisé, les maisons sont ainsi toujours deux par deux. La grande est le bien patrimonial, celle où habitent les chefs de la famille ; la petite est destinée aux enfants qui se marient et qui plus tard passeront à leur tour dans la grande.
L’essuie-main, les malles, le poêle, les gravures qui tapissent la chambre ont un cachet tout particulier; parmi elles il faut surtout remarquer l’image sainte qui se trouve dans toutes les habitations russes, et LE Pa rencontre également dans le restaurant. C’est un palladium dont tous les sujets du Czar aiment à se couvrir. Cet amour pour les vives couleurs qui se trouve dans presque tous les objets exposés, fait souvenir que la nation russe est à moitié orientale. Les tapis disposés dans cette cabane ont déjà tous été achetés par les visiteurs : si les paysans russes en ont de semblables il faut croire qu’ils ne sont pas trop à plaindre.
Écuries russes.
Les amateurs de chevaux, et il faut les croire nombreux, à voir la foule qui se presse sans cesse aux portes de cet élégant bâtiment en bois ouvragé, ont largement de quoi se satisfaire. Douze chevaux à la fière encolure, à la robe richement diaprée, aux jambes nerveuses et fines, sont rangés dans une écurie modèle. S’ils ne mangent pas dans une auge dorée comme le coursier de Caligula, ils
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n’ont presque rien à lui envier pour le luxe qui les environne. Chaque jour on peut les voir se promener dans la partie du parc réservée à la Russie. Tout auprès se trouve une collection de voitures dont la richesse et le confortable paraissent fort appréciés des visiteurs. On An surtout les traineaux et les voitures à une personne, qui semblent si légères qu’on ne comprend pas comment elles font pour ne pas se briser dès qu’elles sont en mouvement. Entre l’écurie et la remise, deux lévriers de Sibérie sont couchés dans leur cabane : queile finesse, quelle intelligence dans cette tête allongée, mais aussi comme on y retrouve les traces d’une origine à moitié sauvage.
La tente et la hutte.
Tout auprès se dressent deux tentes non moins dignes d’être remarquées : l’une, faite avec de riches tapis bariolés de toutes sortes de couleurs, est à l’usage des Kirghis nomades; l’autre, plus curieuse encore, est faite d’écorce d'arbre. C’est la demeure primitive de l’homme, et en portant les yeux sur les merveilles aecumulées dans le Champ de Mars, on peut se rendre compte des progrès accomplis par la science et l’industrie.
Après les bâtiments russes viennent les portes Kléber, Suffren et Desaix devant lesquelles on passe pour rejoindre la partie orientale du pare, qui est certainement la plus intéressante. au point. de vue de la curiosité. RE
Mais chemin faisant, nous avons d’abord pour en finir avec la chrétienté occidentale une visite à faire dans un caveau romain :
Les catacombes de Rome.
Rome n’est pas la ville de l'avenir, mais celle du passé. Ne pouvant faire parade des richesses de sonindustrie, elle étale la splendeur de ses souvenirs. Ce fragment lilliputien donne une idée assez exacte des noirs souterrains dont l'immense réseau s/étend sous la ville éternelle. Le long de ces parois étroites sont les columbaria où l’on enfermait les os des martyrs, auxquels ces petits carrés blancs servaient de pierres funéraires. De temps en temps ces longues et monotones rues sont interrompues par des cellules semp:ables à celle que l’on voit ici ; c’est dans ces salles que les premiers chrétiens célébraient le service divin. Les peintures qu’on y voit sont tout à fait semblables à celles trouvées dans le cimetière de Saint-Callixte. Malgré son caractère archéologique cette exposition a le privilége d’attirer la foule, pour laquelle le mot de Catacombes à un irrésistible attrait.