MEXIQUE. — ÉTATS-UNIS. — ANGLETERRE
tout pour les Français peu habitués à ce genre de prédications. Quatre pavillons différents se trouvent groupés à côté les uns des autres dans le parc anglais. Le dépôt de bibles du Palais de cristai se borne à une simple distribution et ne s'occupe pas de la vente : il n’est besoin que de s'approcher, à chacun on remet un petit livre contenant quelques chapitres de lÉcriture sainte ; ces livres sont imprimés en 16 langues différentes. La Société biblique britannique et la société hébraïque vendent des bibles et des traités religieux : dans le kiosque de cette dernière est exposé le plan en relief de la montagne de Sion, de l’église du Saint -Sépulcre et du tabernacle de l’arche sainte. Mais de toutes ces sociétés, la plus intéressante est celle des missions évangéliques, à cause de sa curieuse collection d’objets divers que ses membres ont rapportée de leurs pérégrinations dans l’Inde et Océanie. Les idoles surtout méritent d’attirer l'attention ; ilfaut citer celle de Kaïli, la déesse de la cruauté; celle de Jaggernauth, sous le char de laquelle les dévots indous s’empressent de se faire écraser; celles qui représentent les dix incarnations de Vichnou et celles enfin des îles Sandwich, parmi lesquelles on remarquera le dieu de la guerre, dout l’informe et horrible figure convient bien à cette divinité odieuse. Divers détails de mœurs et de costumes sont également à remarquer, entre autres le bonnet royal fait de plumes rouges et noires et celui porté par les prêtesses. Mais le détail le plus caractéristique est celui qui se trouve à l'entrée : c’est une coiffure de forme curieuse accordée à un guerrier sauvage comme récompense pour avoir tué cent ennemis. Chez les Romains, les généraux n’obtenaient le triomphe que s'ils avaient tué au moins dix mille ennemis : quel est le peuple le plus barbare des deux?
FRANCE
” Nous retrouvons encore ici la France qui a, on ne sait trop pourquoi, un pied dans l'Exposition orientale et anglaise, comme :lle en a un dans le quart allemand.
En face du Cercle international, dont nous avons parlé (p. 22) e dresse une tour contenant un appareil électrique qui projette 2 soir, les plus vives et les plus pittoresques clartés, des clartés vresque lunaires, sur les allées du parc qui Pavoisinent.
Plus près encore du pont d’Iéna, un pavillon de métallurgie :
Les forges et fonderies de Petin Gaudet et Cie. Ce pavillon fait pendant à celui des forges de Châtillon et de Commentry qui occupe
. Pautre côté de l’entrée principale.
On notera comme un des plus heureux indices de nos progrès industriels lempressement que met le public à étudier les travaux de nos grandes usines. Nous avons vu la même curiosité à propos du Creusot. Les visiteurs les plus étrangers à l’art métallurgique
semblent vouloir en pénétrer les secrets lorsqu'ils regardent si attentivement ces énormes blindages dont les navires s’habillent aujourd’hui pour se protéger contre les boulets. Les ateliers de Petin et Gaudet ont exposé à côté de ces blindages essayés et reconnus impénétrables, les fragments de boulets écrasés contre cette solide cuirasse à peine effleurée d’une empreinte et les modèles de 43 navires ainsi revêtus. Signalons aux amateurs le Frédéric- Charles, frégate prussienre, et ie Sphinx, canonnière égyptienne à deux tours.
C’est une véritable exposition guerrière que celle de ces fonderies. Elle abonde en produits belliqueux, canons en acier fondu, série de boulets les uns sphériques, les autres cylindro-ogivaux, également en acier fondu, tournés et martelés. Mais ce qui doit rester surtout des diverses impressions que peut faire éprouver cette visite, c’est un sentiment d'admiration pour la puissance toujours croissante de l’industrie qui arrive à façonner ainsi le fer comme une matière malléable pour en faire ensuite la charpente la plus résistante et la plus compacte de presque toutes nos œuvres, des maisons et des armes, des ponts et des chemins de fer, des meubles et même des statues.
Nous avons devant les yeux en sortant de ces pavillons deux belles fontaines, l’une de Durenne, l’autre de Barbezat, et plusieurs groupes en fonte de fer, de Durenne, parmi lesquels nous remarquons pour la beauté de l'exécution :
Un chien défendant sa pâtée et ses petits et un magnifique combat de chien et de sanglier.