MAROC ET TUNIS
C1 Cette double exposition oceupe tout un côté de la rue d'Afrique, où elle est disposée dans une série de compartiments, alternativement réservés à ces deux États.
Le Maroc nous présente tout d’abord une collection d’oiseaux et de coléoptères, puis dans un petit salon orné de vitrines des costumes indigènes, dont le plus curieux est la toilette de cérémonie d’une riche Marocaine; les nuances sont le vert et le rouge ; l'or est semé à profusion; la coiffure se compose d’un bonnet rouge haut et pointu, surmonté d’un voile, et qui rappelle certaines coiffures féminines du moyen âge. . *
Plus loin un riche intérieur de salon attire les regards; la pièce est fermée par une galerie en arcades ornée de portières blanches; une double galerie du même style isole les deux côtés de l’appartement de la partie centrale où l’on voit une femme assise sur des coussins. Les divans ne ressemblent pas à ceux qu’on trouve en Turquie : ils se composent d’un simple matelas recouvert d’étoffes marocaines; les murs agréablement peints en tons vifs sont surchargés d’étagères, de glaces, de tentures brodées et de trophées de tout genre. L'aspect général est aussi original qu’agréable.
Trois encoignures pourvues de vitrines nous montrent les divers échantillons de l’industrie marocaine, bien peu de chose, hélas! quelques bracelets et bijoux, des étoffes bourrues, des foutahs (pièces de soie rayées), des bassins en cuivre, quelques poteries à bouquets bleus sur fond blanc. A ces objets on a joint, nous ne savons trop pourquoi, des photographies coloriées, qui n’ont rien de remarquable, et des compositions de calligraphie des élèves de l’école israélite de Tanger!
Les arrangements tunisiens fontle pendant exact des installations marocaines; nous retrouvons là un salon coquet, d’un goût plus simple, des tissus indigènes et des costumes locaux, entre autres celui d’un cavalier tunisien, et une toilette de mariée en soie blanche et toile d’or.
La vitrine la plus intéressante est celle qui contient avec des vues photographiques bien réussies, de nombreux fragments de statuettes antiques et de poteries trouvées dans les fouilles de Carthage. On y a joint, comme curiosité peut-être unique, un grain de blé trouvé aussi à Carthage et qui porte une inscription hébraïque assez compliquée gravée en caractères microscopiques.