‹ Les curiosités de l'Exposition universelle de 1867 suivi d'un indicateur pratique des moyen de transport, des prix d'entrée, etcChapitre 10 sur 154 · CAFÉS DU PARC. — THÉÂTRE CHINOIS. SI · texte numérisé non relu

CAFÉS DU PARC. — THÉÂTRE CHINOIS. SI

grâce naïve et archaïque, on prendrait pour un contemporain de Rodolphe deHapsbourg.

Tout près de la brasserie viennoise est une pâtisserie espagnole

âui n'a pas moins d'originalité. Cette luircliatoria Talenciana ne oit pas être bien yoe des estomacs anglais : de Peau d'orge^ du vin.a'Ëspagne, du chocolat, des oranges et des olives, ToiUt tout ce qu'on y trouve : inutile de dire que la cigarette est de rigueur dans ce kiosque oii tout est espag'nol, jusqu'à celles qui servent ces légers rafraîchissements. On se presse pour les voir dans leur robe à fleurs bordée d'or, sous leur mantille de dentelles blanches, et sous les énormes peignes d'or qui retiennent leurs cheveux noirs, et ce ne sont pas des Espagnoles de Montmartre, mais bien d'au delà des Pyrénées, ne connaissant que leur langue maternelle, dont bien les fftcbe, carelles ne peuveiit répondre à toutes les questions des consonunateurs. Hélas I tout est compromis dans ce monde, et ce petit coin de terre qui a une saveur vraiment étran- « ère, n'a pas su se soustraire à cette fatalité. Il a sacrifié au goftt u jour, et ajouté la bière aux consommations qui figurent sur sa carte ; il est vrai qu'il y a une circonstance atténuante, il l'a mélangée avec de la limonade : mais aussi qu'en diront ses voisins les Allemands?

Voyez-vous là-bas ce pavillon aux ang"les relevés, ce toit couvert • d'ardoises bariolées, ces balcons en bois peints découpés et chargés d'biéroglyphes bizarres, c'est le café-restauiiait'tliéâ.tre . cliiiioia, construit sur le plan d*un des kiosques du palais d'Été de l'empereur chinois. Malgré le tourniquet qui exige cinquante centimes des visiteurs, la foule pour y entrer est immense. La première salle, quoique remplie d'objets curieux, n'arrête pas longtemps Taltention : ces éventails aux peintures bizarres, ces stores, ces coffrets en ivoire, ces meubles de laque, ces porcelaines aux riches couleurs, ces instruments de musique aux formes étranges, ' ces nattes, ces divinités grotestjues, tout cela est curieux sans doute, mais le public n'y trouve pas assez d'inédit, et, à tort ou à raison, il croit Pavoir déjà aperçu dans les bouticfaes de la rue l^vîenne ,et du boulevard. G^est autre chose qui l'attire. Sans même s'arrêter pour goûter le Uk-hao ou le ^^tm-TeU, boissons chinoises à la glace, il court au pavillon où sont les deux jeunes chinoises Ichou-a-Lat et Lui-a-CHoy., véritables filles du Céleste Empire, venues tout exprès pour se montrer au Champ de Mars. Et de fait elles s'en acquittent à merveille et jamais reine de l'ancien réçime ne sut mieux supporter le feu des regards, ni se trouver moms gênée en présence d'une foule attentive k ses moindres mouvements. Elles boivent, mangent, fument, causent, comme si • personne ne les entourait, et distribuent leur photographie aux . assistants : quelques-uns trouvenmt de la part ce jeunes filles la chose un peu risquée, mais trêve aux jugements téméraires, elles les vendent, elles ne les donnent pas, ce qui est fort différent.

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Ceux que la vue de ces beautés de dix-huit ans n'a pas rassasiés peuvent monter au re.sL uranl, ils pourront demander du yem-outan, du yen-yoîU^tBéy ou du pé'ho9'4mtg, plats on ne peut plus cuind», à 08 qao diiuh euta. liais la plupajrt aiment mitm alkr asiÎBter anx représeotaiioas du tbéâire, élevé derrière le kioique et tat les sièges se trouvent en plein air. Conme sur eette scène cfadnoise on représente des exercices qui ont le plus- grand rap{iort avec ceux du cirque et de 1 hippodrome, d'aucuns ont tii'é de sa« vanies inductions de Pidentité qui existe entre le genire do» 8|mci* tacles de la rare biaiiohe et c lui de la ruce jaune.

Aimez vous ues di^i i-a^t ons moins Cuùteuses, allez au bazar algérien, ou ie vice-ioi d'hi^^ypte vous fera ia gr.icieuseté de vous ollrir iui-raème le café- Avec votre billet d'invi;ation vous péiiétrei dans le Téritable café tuns. : une muraille blanelÉM à k chaux, des nattes sur le parquet^ des divans tout autour de la salle cornposBSt ranublement. Un Turc mi costume national vous apporte eileaieiettsemeni un chibo^uk allumé, et me tasse de café pour laquelle votre main est le seul support possible. A nioitiii tteadUiSur un divan, dans cette salle silencieuse, où im nègre, |,''irdi«n muet de la porte, rappelle seul à la réalité de l'existenre, on comprend la vie orientale et sa perpéluelle rêverie : en re^i^ardant l'azur profond d-u ciel par les fenêtres en bois découpé, en aspirai) l de longues boullées de tabac, on se laisse aller au voluptueux oubli de sol ell de la %ie, el Toa sent que si rien ne tenait vous déranger, on y resterait bieoi.... an aïoiiis un cpiarl d'heere-

Gomnie FEsposition n'a pas seuleiaeiU pour visitenvs des souverains ou même de sinxples miUionnaires, comnie, au contraire, les petites bomses* sont les pJiua nQo:ibreuse9, il a. fallu penser à elles, et leur procurer le moyea de passer facilement la journée au Champ de Mars, sans leur demander de trop grands sacrifices. Outre quelqu' H re^^Liiirants du promenoir qui sont d'un prix assez abordable, outre rélabhssement de bouillon Porret, situé en bas du théâtre iaternaiioiial, il y a le buffet-omnibus qui peut compter aussi bien parmi les curiosités que; parmi les utiLités. Cet établis>sèment composé d'une gvandr salle de cent mètres de longueur sur quatorze de largeur, et d^uaa autre fitîsapt rotonde sur la», première, peut donner douze cents- repas à la fois. Il faut le voir surtout les jours de fête, lorsqu'il est si complètement rempli qu'on est forcé de fermer les portes et de mettre le mot co?n/>'V^. comme s^il s'aj-vissait d'un simple omnibus. Ce n'est pas une des choses dont il lailb; savoir le moins de é à- la Commis sion que cette facilité que trouve l'ouvrier de diner dans le Champ de , Mars aux m^me^ pnx (^u'il pourrait le fane éausLH les boailkms d& Paris.

Pami lesr anitres endroits du Champ de Mars consacrés jàuUH à la iHteiaie on'à.l'expisitm^ dtens eiMofe le perde lalerBètietMil, situé: k droite m eatoant par le pont d'Iéna, en face deaseoîétéd

DISTRACTIONS ET RAFRÂIGHISSBHENTS. 23

protestantes et évangéliqties. Il se composç d'une salle immense au rez-de-chaussée, et (Te silons magnifiquement décorés au premier.

Le théâtre international, situé derrière le carillon, à gauche de la grande entctie du pout d'iéna, a ouvei t bes portes tardivement. La salle est élégamment décorée et trM^ien aérée. Les diverses nations vienn/'nt y faire exhibition de leur art dramatique.

La salle Siifflren, située près de la porte de ce nom, en faxse du restaurant russe, café chantant de jour et do'auity avec im tkôfttre où les danses alternent avec les chants.

L£ FÂRG L£ SOIR.,

Si le Palaisferme ses portes à six heures, il n^enest pas de même du Parc qui reste ouvert aux {uromeneurs jusqu'à minuit. Quand les Tolets mobiles se spnt abaissés sur les portes des' seiae rues qui donnent accès dans le Palais , quand on Toit par les avenues cette immense foule s'écouler à longs Oots,un autre E>pectacle commence. Ce n'est plus le Champ de Mars témoin de la fiévreuse activité des maciiines, de la course précipitée et inquiète des visiteurs : c'est une promenade fraîche et ra^ issante au bord de f-^azons verts, au bruit de la cascade tombant de la tour en ruine, au feu du soleil allongf^ant ses rayons sur les d(3nies et les minarets. Sous le promenoir, uombre de visiteurs sont eu tra ade dîner, ayant devant les yeux ce panorama si paisible^ tandis que d'autres qui n'avaient pu venir dans le jour, arrivent passer la soirée au Champ de Mars comme ils le faisaient aux Champs-Êlysées. Magique est le spectacle qui s'offre alors au regard : à la ti^emblante darté des étoiles fet des becs de gaz, le lac a un aspect tout à fait ro:nanesfjue; les tro:s phares tournent lentement, répandant sur les objets qui les entourent des lueurs fantas'iqu^s; l'écho afifaibli des théâtres et des concerts dont on voit dans la nuitscintil !er les illumimtions; tout cet ensemble a^quelque chose de mystérieux qui plaît à l'imagination et quand minuit sonne ce n'est qu'avec peine qu on s'arrache à ce conte de fée Téaliflé.

Mtiintenant que nous avons dit la grandeur, la forme, la distribution du palais de l'Exposition; que, dans un rapide aperçu de la partie fantaisiste, nous avons fait pressentir au visiteur le repos, le confortable, la distraction comme compensations à ses fatigues, nous pouvons entrer de plain-pied dans Tenceinte du Champ de Mars.

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