‹ Les curiosités de la médecine (volume 2)Chapitre 59 sur 86 · LA PROTHÈSE OCULAIRE · texte numérisé non relu

LA PROTHÈSE OCULAIRE

Les premiers essais de prothèse oculaire paraissent remonter au règne de Plolémée 11. surnommé

LA PROTHESE OCULAIRE

Pbiladelplie, vers l’an 300 avant J.-C. En tout cas, les Egyptiens furent les premiers à se servir d’yeux artificiels, et l’on trouve parfois des momies qui gardent encore dans leurs orbites des yeux de ce genre. On les faisait d’abord en cuivre, en argent ou en or ; le verre ne fut employé que plus tardi vement.

A une certaine époque, on ornait d’yeux de verre non-seulement les vivants, mais même les statues. Pline raconte que sur la tombe de Hermias, prince de l’ile de Chypre, se trouvait une admirable figure de lion dont les yeux étaient d’émeraude.

Les Grecs et les Romains n’ont pas connu les

yeux artificiels ; il n’en est fait mention dans aucun «/

auteur.

Paul d'Egine, au VIIe siècle, décrit aussi un œil artificiel ; mais il ne semble pas avoir connu ceux de fabrication égyptienne, beaucoup plus parfaits que celui qu’il désigne sous le nom d’ ecblèpluiros . Celui-ci consistait en un morceau de cuir ovale sur lequel était plus ou moins grossièrement peint un œil et que l’on s’appliquait extérieurement sur l'orbite vide. Pour le retenir en celte position, on le fixait à un fil de fer qui, passant derrière l’oreille, faisait ressort en prenant appui sur l’occiput.

A Byzance, à la fin de l’Empire, on signalait déjà une femme qui portail un œil artificiel, de tout point semblable à celui qui lui restait.

Dans des temps plus modernes, en 1579, Ambroise

Paré est le premier auteur qui ait décrit exactement l’œil artificiel. Il se composait d’une pièce de la forme d’une amande, en or émaillé, bombé en dessus et en dessous, aux couleurs semblables à l’œil conservé. Connaissant l’art des émailleurs français, nul doute que, dès cette époque, les yeux artificiels n’aient atteint la perfection dans l’imitation de la nature.

Au commencement du 17me siècle, Jessenius et Fabrice d’Acquapendente indiquent, les premiers à Venise, la fabrication des yeux de verre de forme sphérique; ils furent d’abord assez rares. Toutefois, à la fin du siècle, le médecin anglais Lister signale, dans son voyage, en 1(398, la boutique de Ilubius. fabricant d’yeux de verre à Paris, où il en vit de pleins tiroirs de toutes couleurs, de façon à appareiller n’importe quels yeux naturels. Evidemment à cette époque la fabrication en était déjà fort répandue.

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