LARMES
Les larmes ont été brutalement analysées, et le résultat de cette analyse a inspiré un poète dont
(1) Ern. Renan, dans Y Antéchrist, p. 122, d’après Pline, Hist. nat., XXXVII, V, a écrit, à propos de Néron : « Comme il était myope, il avait coutume de porter dans l’œil, quand il suivait les combats de gladiateurs, une émeraude concave qui lui servait de lorgnon ». Ne serait-ce pas là la véritable origine du monocle ?
j ignore le nom. A (ilre de curiosité, voici les vers (ju’on me dit détachés du Chemin du rire , dont je ne connaissais pas l’existence :
Vauquelin et Fourcroy les ont analysées. Ils ont trouvé dedans du sel et du mucus.. Mes amis, qu’en eut dit Horatius Flaccus? I.e mucus florissant dans les âmes brisées ! Combien Horatius en eût fait de risées!
Ils ont trouvé dedans du sel et du mucus.
Quand les anciens pleuraient sur l’amour de leurs mies, Les pauvres vieux versaient... ils ne savaient pas quoi. Grâces à Vauquelin, et grâces à Fourcroy,
Nous connaissons à fond nos paupières bïèmies;
Mais les pauvres anciens n’avaient point nos chimères, Ils ont toujours pleuré sans jamais savoir quoi.
Quand on souffre ou qu’on est ému, lorsque l’on boude. Une chose, pour nous, affaiblit le souci.
Et c’est évidemment ceci :
Pour que mon cœur brisé se referme et se soude, Combien vais-je verser de bismuth et de soude?
Cette réflexion égaye le souci.
Les anciens poursuivaient de bien maigres chimères. Ils étaient ignorants et nous sommes complèts;
Ils savaient de combien d'affronts et de soufflets, D’espoirs guerriers déçus et de hontes amères, Etaient faits des pleurs d’hommes... Belles misères! Ils étaient ignorants, et nous sommes complets.
Nous connaissons le fort et le faible des larmes,
Nous connaissons le sel, le mucus, le bismuth ;
Et nous avons appris que menteur est le luth,
Quand il vient nouschanterque lespleursont des charmes Scientifiquement nous ne rendons les armes Qu’au mucus, à la soude, au sel et au bismuth.