M E II L I X K T
Eh bien! oui! mieux vaut terminer la chose tout de suite. Il parait, madame, que vous voulez contraindre votre bru à rester ici contre son gré, et je viens vous dire, moi, c'est impossible; vous ne pouvez pas faire ça.
MADAME RICHARD
Vous dites,- docteur ?
MER L INET, embarrassé.
Je dis...
MADAME RICHARD
Ne dites rien, mon ami, ne dites rien; je vous en prie.
MADAME MER LIN ET
Tu vois ?
AHTE TROISIÈME 117
MERLINET.
Pourtant, madame, mon devoir de médecin...
MADAME RICHARD
Ecoutez, docteur, vous avez des enfants; le plus clair de vos ressources consiste, n'est-ce pas? dans la situation que je vous fais : médecin de la fabrique, avec appointements, logement, etc.. Croyez-vous qu'il soit de votre intérêt de vous fâcher avec moi? Je n'admets pas qu'on se môle de mes ati'aires. Vous m'avez présenté vos observations de médecin, j'en prends bonne note, et pour la santé de ma bru nous ferons tout ce qu'il conviendra de faire; mais je veux qu'elle reste chez moi, je le veux... vous m'entendez?... C'est compris. Allons, sans rancune, docteur.
Elle lai tend la main qu'il accepte. — Marcelle entre de gauche, premier plan, et voit le geste. Madame Richard passe à droite pour aller à madame Merlinet qui se confond en excuses isur la hardiesse de son mari. Marcelle va au docteur.
SCÈiNE XII
MADAME RICHARD, MERLINET, MADAME MERLINET, MARCELLE, puis JOSEPH et LE COLONEL.
M ARCELL E .
Eh bien?
MERLINET, confus.
Rien! nous ne pouvons rien pour vous!
JOSEPH, annonçant de gauche, troisième [dan.
M. le colonel de Lignereux.
MADAME RICHARD, se retournant.
Ah! il arrive bien ! (Le colonel entre. Joseph sort.) Colonel,
vous arrivez à nue bien mauvaise heure. J'en suis désolée, mais nous allions nous mettre à table et... (Embarras général, Marcelle fait an mouvement; le colonel ne comprend pas très
bien l'insolence.) Eh bien! qu'avez-vous, Marcelle.' Ah! oui, j'avai-. je crois, invité un peu en l'air, le colonel: mais il comprendra très bien que je ne le prie pas de rester à diner avec nous... Qu'il ne croie pas que ce soit un caprice. C'est votre uniforme que je tiens à n'avoir plus devant les yeux. Il porte malheur ici.
Le c-"louel a redressé la tête et jeté ua regard vers Merlinet comme po.ur s'en prendre à lui de l'outrage. Il se calme.
LE COLONEL
Vous ne le verrez plus, madame, cet uniforme. Je venais vous faire mes adieux. Je quitte Nevers. La conviction que j'ai affichée de l'innocence de monsieur votre fils a été mal considérée. Le ministre me déplace. Madame... (il s'incline, salue froidement le docteur et sa femme, et avec émotion à Marcelle dont il a baisé la main.) Adieu, madame.
Il sort, troisième plan.
MADAME RICHARD
Bon débarras. (Allant à Marcelle.) Eh bien! à propos...
l'eau était donc trop froide. (Marcelle la considère, un instant étonnée, puis comprenant, a un frémissement de haine.) Et VOUS
nous restez, décidément?
Oui, madame; je reste.
MADAME RICHARD
A la bonne heure !
JOSEPH, annonçant, premier plan.
Madame est servie.
MADAME RICHARD, à madame Merlinet.
Venez, ma chère... Docteur, le bras à votre malade.
Elle sort par la gauche, premier plan, avec madame Merlinet.