ACTE DEUXIEME
que l'on avait trouvé le cadavre de M. de Chasseny encore chaud, au fond d'un petit ravin en contre-bas de la route qui passe devant votre maison... à cinq ou six cents mètres d'ici en venant de Nevers.
HENRI
L'endroit où la route traverse un ruisseau ?
LE PROCUREUR
Précisément. C'est une bonne femme qui venait à la ville vendre son lait, et dont le chien avait aboyé, qui aperçut le cadavre, la première. D'autres personnes survinrent, puis des sous-ofticiers du régiment de M. de Chasseny.
HENRI
Mais enfin, monsieur, dites-moi d'abord la première chose : y a-t-il eu crime réellement ou accident ?
LE PROCUREUR
C'était un crime dont on m'avisait, et le crime était flagrant. Dès les premières constatations, nous avons reconnu que M. de Chasseny avait reçu un coup de feu par derrière, qu'il avait dû tomber immédiatement de cheval, et qu'on l'avait jeté par dessus le pont, au fond du ravin, où il avait expiré, au bout de quelques heures seulement, affirme le médecin qui m'accompagnait. J'ai donné l'ordre de transporter le cadavre de M. de Chasseny à Nevers. Mais quand j'ai voulu me livrer à une première enquête, et recueillir quelques renseignements auprès des personnes rassemblées sur les lieux, je me suis trouvé fort embarrassé. Vous connaissez les paysans, monsieur, la méfiance et la terreur que nous leur inspirons, nous autres magistrats ; ils n'ont jamais rien vu, ils ne savent rien. Votre maison étant la plus proche, j'ai pensé que c'était seulement chez vous que je pourrais recueillir quelque déposition.
H E SRI.
Mais je ne sais rien, monsieur, vous le voyez bien.
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