‹ Les dames du Plessis-Rouge; pièce en cinq actes et six tableauxChapitre 88 sur 139 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MADAME RICHARD

Oui, c'est entendu. La conversation a glissé sur un mauvais terrain ; tant pis, ma chère, je vous ai prouvé qu'il ne fallait pas jouer au plus fort avec moi. Maintenant, si j"aiun conseil à vous donner, c'est de sécher vos larmes et de vous calmer un peu. Vous savez que le docteur va vous gronder de vous être mise dans cet état-là, et pour ce soir à diner, c'est aujourd'hui dimanche, le docteur et sa femme, le curé viennent, il faut faire bonne mine à ces gens-là... Dieu me pardonne, n'avais-je pas fait signe également au colonel ! mais j'espère qu'il aura le bon esprit de ne pas venir, car aujourd'hui je ne suis pas d'humeur... Avec tout ça, je n'ai pas terminé mon courrier. (Son de cloches au lointain.) Il est trop tard. (Elle sonne, puis va ranger ses papiers dans une serviette. Joseph entre, elle lui remet

la serviette.) Tenez, donnez ceci à ma femme de chambre. Qu'elle le porte chez moi, etdites-lui de me descendre mon chapeau et une ombrelle. (Joseph sort.) Voici le salut qui sonne à l'église, j'y vais. La nouvelle du rejet de pourvoi a dû se répandre dans le pays, il faut qu'on me voie. Vous ne venez pas avec moi au salut? — Non. — Vous avez tort. Le bon Dieu est une connaissance à ne pas négliger. Il vous lâche souvent; mais un beau jour, il peut vous rendre service. A tout à l'heure, Marcelle.

MARGELLE

Vous ne me retrouverez pas ici à votre retour.

MADAME RICHARD

Des bêtises, des bêtises 1 Vous ne pouvez pas vous en aller.

Elle sort par la gaucho.

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