‹ Les dames du Plessis-Rouge; pièce en cinq actes et six tableauxChapitre 90 sur 139 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

dire, sans savoir, quelque chose qui aura déplu à madame, car elle lui a ordonné de faire sa malle tout de suite; et sans le temps de dire ouf! reconduite àNevers, par le cocher et la charrette anglaise. Je croyais que madame avait prévenu madame.

MARCELLE

C'est bien, Joseph, je vous remercie.

Joseph sort.

MARGELLE, seule.

Cette fille m'avait témoigné un semblant d'attachement,

il est bien juste que ma belle-mère Que vais-je faire

sans elle, dans mon état ? Ah ! je ne sais plus où j'ai la tète! D'abord, où aller? Il n'y a que ma tante qui puisse me recevoir, elle me recevra, il le faut, la sœur de mon

père ne peut pas (Elle prend la lettre, sur le guéridon, et la relit.) « Tu n'y songes pas, ma chère enfant, venir s'installer chez nous après le scandale que vient de provoquer le procès de ton mari. Certes, mon enfant, tu ne peux douter de mon affection et de mon dévouement pour toi. Je n'aurai pas le courage de t'adresser le moindre reproche ; quoique tu aies été bien imprudente et bien coupable, jeté pardonne le grand chagrin que tu m'as causé, mais il y a une chose qui doit passer avant tout à mes yeux, c'est le souci du repos et de la santé de ton oncle. Tu connais sa sensibilité de cœur et sa délicatesse extrême sur les questions d'honneur. Je ne saurais te dire à quel point ton oncle a été frappé, et quand même il consentirait à te recevoir et à t'accueillir après ce qu'il s'est passé, je m'y opposerai; ne voulant pas l'exposer à des émotions qui pourraient lui être fatales. Toutefois, si le jugement qui frappe ton mari venait à être cassé, cela produirait un effet salutaire sur l'esprit de ton oncle, et nous pourrions, avec l'agrément de ta belle-mère, venir passer quelque temps près de toi, au Plessis Rouge. Ton oncle n'a pas pu prendre bcaucoupl'air cet été, et le médecin lui conseille... » (Marcelle froisse la lettre, avec dégoût.) Ali ! les ignobles égoïstes, quelle pitié attendre d'eux' où aller, où, toute seule,

toute seule ! Oh ! mon Dieu !... mon Dieu ! personne au monde ne viendra donc à mon secours !

Antoine entre, du fond, teunnt une botte de roses, qu'il présonte â Marcelle.

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