‹ Les dames du Plessis-Rouge; pièce en cinq actes et six tableauxChapitre 92 sur 139 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

dame s'arrêtait pour me dire: Eh bien! père Toine, voilà de jolies chrysanthèmes, ou bien, voilà des pétunias qui ont bien du mal à venir. Enfin quelque chose pour faire plaisir, quoi! Aujourd'hui ce n'est plus ça, jamais un mot, jamais rien! On dirait que madame me garde rancune de quelque chose.

Ça suffit; je n'ai pas besoin de vos observations.

ANTOINE

Ah ! c'est bien visible que madame se défie de moi depuis... depuis le soir avant le crime, quand madame se promenait avec l'officier, et pourtant madame n'aurait pas à m'en vouloir pour ça, parce que je n'ai pas été traître pour madame, et on m'a assez tourmenté au procès pour me faire dire des choses, et je n'ai rien dit. Ah! c'esl qu'il y en a qui en savent long, et que ça pourrait faire du tort aux maîtres..., alors on se tait. Ainsi, pour monsieur, ils ne m'ont rien fait dire, et si j'avais voulu... Enfin...

MARCELL E

Quoi? Que saviez-vous donc? Qu'aviez-vous donc à dire?

ANTOINE

Ah! voilà! Je suis le seul qui aie vu!... le seul, qui pourrais raconter.

MARCEL LE

Mais parlez, parlez donc ! Qu'avez-vous vu ?

ANTOINE

Oui, de ma fenêtre. Ils avaient bien deviné qu'on pouvait voir, de ma fenêtre... j'ai vu l'officier tomber de son cheval, le pauvre jeune homme..., et il s'est relevé..., et j'ai vu celui qui s'est jeté dessus comme pour l'étrangler, et qui l'a renversé..., et puis qui l'a traîné... ethoup! par dessus le pont... Et puis il a remonté la route en courant... et il est rentré par la petite porte. Ah! j'ai vu.

MA aCBLLB.

Assassin! Assassin! c'était bien lui! Pourquoi n'avezvous pas parlé, pourquoi?

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