SCENE PREMIERE
Au lever du rideau, LA COMTESSE est assise dans nn grand fauteuil, occupée à uu ouvrage du temps, uu chien sur ses genou.Xj
AxNNA lit à haute voix, ANFISSA WASILIEWNA et
MARINNA PHILIPPIEWNA, sont assises auprès d'elle sur un canapé, Anfissa tient des cartes.
* ANNA, lisant.
« Nous nous tuerons ! Oui, vivre ensemble on mourir. » Je veux que vous m'enleviez et vous m'enlèverez!... »
LA COMTESSE, l'interrompant.
Eli bien! qu'il l'enlève, qu'ils s'enlèvent et que cela
tiaisse. Mon Faublas est trop sentimental aujourd'hui. Assez, assez.
AXFISSA, mêlant les cartes.
Alors, si je faisais les cartes à madame la comtesse, mes chéries sont en veine.
LA COMTESSE.'
Allons, va ; mais pas de cartes noires ! Je suis assez triste sans cela, (dis da peuotiuet.) Cette maudite prolongation n'arrive pas...
MAIUNNA.
N'arrive pas.
A-NFISSA.
Nous allons donc savoir ce qui attend le jeune comte.
Mais où est-il donc passé? (Ciis du perroquet. — Cherchant dans
les cartes.) Ah! le voilà, le gentil roi de cœur!
Elle fait le jeu.
LA COMTESSE, s'adressant à son perroquet.
Et toi, Coco, penses-tu que ton ami Wladimir nous restera encore?
coco, criant.
Biscuit, Coco!
LA COMTESSE
Il a raison, tu l'oublies, Anna, c'est mal; va lui chercher son déjeuner et pense à celui de Frisette.
Anna emporte le petit chien et sort.
ANFISSA
Tenez, madame la comtesse, j'avais raison: rien que de bonnes nouvelles, une lettre avec un grand cachet... prolongation désirée, accordée... distinction par un puissant personnage. Au retour, une belle, riche et très haute dame attend impatiemment notre roi de cœur, et ce