ACTE PREMIER Ai
Mon père, mon père, pitié!
ANDRÉ, attendri.
Voyons, ne pleurez pas.
ANNA
Mon bon père!
ANDRÉ, ému.
Vous n'avez pas besoin de répondre, je vous connais bien sans cela, Anna Ivanowna; j'inscris, voyez, j'inscris.
lYANE, dans un roin à voix ba«se.
La pauvre ! la pauvre !
PAUL, à part.
Elle est vraiment jolie ainsi. Wladimir aura du mal à se consoler.
ANDRE, ayant fini d'écrire pendant l'aparté de Paul, prend le livre et lit.
« Ce n octobre 1851, à quatre heures du soir, dans le livre des actes civils de la paroisse de Schava, église de Saint-Nicolas, a été inscrit le mariage entre les nommés Osip Mikaëloff, serf de Son Excellence madame la comtesse Katbérina Danicheff. »
LA COMTESSE, se levant, l'ioterrompaDt.
Mettez serf affranchi, mon père. Tiens, Osip, voici ton
acte d'affranchissement. (EIIh lui donne l'acte, Osip lui baise la main.)
Continuez, mon père...
ANDRÉ, lisant.
« Et Anna Ivanowna, pareille sujette de ladite comtesse. »
LA COMTESSE
Ajoutez : et pareillement affranchie ; ce que j'ai fait pour l'un, je veux le faire pour Tautre.
ANDRÉ, reprenant.
« Les deux parties contractantes réunissant les conditions voulues, toutes deux libres et non mariées jusqu'à cette heure. En foi de quoi, nous avons signé cet acte devant Jes deux témoins exigés par les lois. .^> Veuillez
signer. (Osip s'approche, à Ivane, ) VoUS d'abord. (ivaoe signe, pais le clerc et Osip, en dernier lieu Anna. — Le père AaJré se lève et va vers l'oratoire, suivi de soa clerc. — A^i fond.; Veuez, mes enfants, demander avec moi les bénédictions du Tout-Puissant.
Il sort, tout le monde le suit. La comtesse et Paul les derniers,
Et maintenant, monsieur le comte Danicheff, revenez quand il vous plaira.
PAUL, offrant son bras.
Ma chère tante.