PRINCIPES
‘’ L.—Les danses, de leur nature (per se), ne ‘sont pas illicites, pourvu que tout s’y passe ‘ d'une manière honnête, c’est-à-dire, qu'on ne “ s'y permette aucune familiarité, aucun signe, ‘“ aucune action contre la pudeur. La raison en ‘“ est que les danses sont indifférentes par elles- “ mêmes (per se) ; et que, en conséquence, “ aucune loi ne les défend, tant qu'elles se “ maintiennent dans ces justes bornes.” Telle est l’opinon commune des théologiens, d’après St. Ligori, liv. 8, v. 429.
‘ IL—Les danses immodestes, soit à raison ‘ des nudités, soit à raison du mode de danse, “des paroles, des signes, des chants, des actions, ‘‘ peuvent devenir gravement illicites, comme “la chose est claire. Sont réputées telles ‘“ les danses modernes connues sous les noms “de Valse. Polka, Galop, Cancan, et autres ‘“ semblables. Au confesseur de juger les cas particuliers, où certaines danses, autrement ‘“ dénommées, seraient également dangereuses, ‘“ par les circonstances qui les accompagnent.” “ III —En pratique générale, on doit. empé- “ cher, autant qu'on le peut, toute espèce de ‘ danse entre personnes de différent sexe ; parce x: 8 la plupart du temps, les danses, comme “ elles se font pour l'ordinaire, sont pleines de ‘“ périls. C’est pourquoi les curés et les confes- “ seurs, en autant qu'il sera possible, doiventen ‘ détourner leurs paroissiens et leurs pénitents.
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|‘ C’est l'opinion reçue chez les docteurs et les
‘ dirécteurs des âmes, dans le temps actuel.”
Lettre pastorale de Mgr l’Archevéque Turgeon, au clergé et aux fidèles de la cité de Québec, 18 novembre 1851. |
‘ Nous croirions manquer à un devoir impor- “ tant de notre charge, si, à l’approche de la “ saison des plaisirs et de la dissipation, nous “ n’élevions pas la voix pour vous prémunir “ contre une ruse nouvelle de l’esprit infernal, ‘“ un nouveau piége qu'il tend à l'innocence de “ la jeunesse, un scandale enfin qui, depuis peu, “ s’est produit dans certaines réunions de plaisir, “et qui, s’il n’est promptement réprimé, ne “ peut manquer de causer la ruine de bien des ‘âmes.
‘“ Vous prévenez sans doute notre pensée, “ N. T. C. F.; vous voyez que nous voulons ‘“ parler de ces danses indécentes, que l'esprit “ de licence a cherché à introduire dans notre ‘ société depuis quelque temps. |
“ Nous ne prétendons pas ici condamner toute
| ‘ espèce de danse comme un mal, ni réprouver
‘tous les bals comme des amusements criminels. ‘“ Certes, nous sommes loin de les approuver ; ‘“ car nous avons appris des S. Pères et des ‘“ maîtres de la vie spirituelle, qui n’ont tous “ qu'une voix sur ce point, que la danse et les
| ‘assemblées de danse, lors même que tout
‘“ semble s’y passer selon les règles de l'honnêteté “et de la bienséance, sont presque toujours “ dangereuses, à raison des circonstances, et des ‘“ passions qui s'y enflamment si facilement. ‘ C’est ce qu’une triste expérience apprend tous ‘“ les jours, et ce que comprenn-nt enfin tous ‘“‘ ceux qui, après avoir trop aimé ces vains “ plaisirs du monde, ouvrent leurs cœurs à la ‘“ grâce, et reviennent à des sentiments plus “ chrétiens.
“# Cependant nous savons qu'il y a des danses ‘: honnêtes, des assembiées où les règles ordi- “ naires de la décence sont observées ; et que “l'on peut avoir des raisons de se trouver ‘“ quelquefois à ces réunions. Alors, sans les ‘approuver, nous croyons pouvoir les tolérer, ‘et garder le silence. té
“ Mais quand toutes les règles de la modestie ‘“ chrétienne y sont oubliées ; quand des danses “ lassives y portent le scandale ; quand ces “ assemblées deviennent ainsi des occasions de “ péchés pour la jeunesse imprudente ; notre “ devoir et notre conscience nons commandent “ de les condamner et de les réprouver.
‘“ Or, telles sont les danses connues sous le “nom de valse, de polka et autres, que nous “ signalons aujourd'hui : et telles sont les ‘ assemblées où on ose se les permettre. : On . “ ne peut se dissimuler qu’elles ne soient une “occasion prochaine de péché pour la plupart “ de nos jeunes gens.
“ Et ici, N. FT. C. F, vous ne nous accuserez
“ point de rigorisme ; vous ne vous plaindrez “ point de la sévérité de notre jugement : ce “ jugement, c'est le vôtre ; c'est vous qui vous “êtes indignés les premiers de l’insolente “ effronterie de ces danses nouvelles, et de la ‘“ révoltante immodestie de leurs mouvements : “c'est vous-mêmes qui nous avez avertis :
“ c'est vous qui avez été les premiers à crier au “ scandale, Si quelques uns d'entre vous ue “ tiennent plus le même langage, c'est qu'ils se “ sont laissés fasciner par l'esprit et les préjugés “ du monde, qui entraînent tant d'âmes vers la “ perdition. Quoiqu'il en soit, nous n'en sommes “ pas moins obligé, en qualité de pasteur des ‘“ âmes, de prononcer la sentence sortie de la ‘“ bouche du Sauveur : Malheur au monde à “ cause du scandale ! (Math 13). Malheur à ‘ l’homme par qui le scandale arrive ! (Ibid.) Si ‘ votre ætil vous scandalise, arrachez-le, et jelez-le ‘“ Join de vous (Ibid). |
“ Vous ne devrez donc pas étre surpris N.T.
“ C. F,, de nous entendre vous déclarer aujour- “ d'hui, que nous réprouvons et défendons “ absolument ces danses scandaleuses ; et que “vous ne pouvez sans pécher, ni vous les “ permettre à vous-mêmes, ni les permettre à “ vos enfants, ni les souffrir dans vos maisons, “ ni enfin consentir à ce que vos enfants les “ apprennent, puisque 22 serait les exposer à la “ tentation, et les mettre dans la voie du péché.
“ Et afin que vous compreniez bien la grandeur “ du démabts que nous voulons arrêter, nous
“ vous déclarons de plus, que nous regardons “comme indignes d'approcher des sacrements “ tous ceux qui, malgré nos avertissements, ‘ s’obstineront à continuer ou à encourager ces ‘* danses ; et nous enjoignons à tous les confes- ‘“ seurs de se conforiner à cette règle au tribunal ‘ dé la pénitence.”
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