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F1G. 24. — BAGUES EN IVOIRE

Il est très vraisemblable que ces mêmes anneaux pouvaient être employés également pour orner les jambes, comme on le voit notamment sur la représentation du chef du pays de Pount à Deirel-Bahari *.

Ce qui étonne le plus, au point de vue de la fabrication, c'est de voir les primitifs confectionner des anneaux en silex *. On a émis beaucoup d'hypothèses pour expliquer la manière dont on les aurait faits, et ce ne sont que les heureuses découvertes de Seton Karr à Wady-el-Scheikh qui nous ont montré toutes les phases du travail 6.

1 PETRIE, Vagada, pl. XL, 1 (Ashmolean Museum, à Oxford). 2? PLEYTE, Chapitres supplémentaires du Livre des Morts, 1, pp. 147-148. | SCHWEINFURTH, Artes Africanäe. Leipzig-London, 1875, pl. HI, 12. | 3 PETRIE, Vagada, pp. 42 et 47.

4 PLEYTE, cocd., fig. en face dela p. 147.

5 DE MORGAN, Æecherches sur les origines de l'Égypte, I, pp. 60-61. 6 SCHWEINFURTH, Ægyptischer Ringe aus Kieselmasse, dans la Zeitschrift für Ethnologie, XXXI, 1899, pp. (496) et suiv. — FORBES, On a Collection of stone

Vêtements.

On a déjà plusieurs fois remarqué sur les monuments de l'Égypte pharaonique combien on y faisait un usage fréquent des colliers, des anneaux de jambes et des bracelets et nous n'aurons donc pas à nous arrêter davantage sur ce point |.

Les primitifs ont également connu les bagues, en ivoire notamment, simples ou décorées d’un bouton; deux spécimens fort curieux nous montrent qu'on aimait à les orner parfois de motifs d'animaux : l’une est décoré de deux félins ; sur l’autre on voit quatre faucons ? (fig. 24).

Nous avons jusqu’à présent laissé de côté la décoration des hanches et cela parce que, à ma connaissance du moins, aucun monument de l’époque primitive ne nous a fait connaître une telle décoration. Sur aucune statuette, sur aucun dessin nous ne voyons autour de la ceinture une lanière de cuir ornée de perles, de pendants, etc. Mais il est bien difficile de dire si les perles ou pendants que l’on a découverts n’ont pu servir à parer cet endroit du corps aussi bien que le cou, les bras et les jambes. Par analogie, nous pouvons donc supposer également des ceintures ornementales ; et ici nous abordons le problème intéressant des origines du vêtement.

« À la lanière du cou, ou collier, on suspend une peau de bête et la voilà transtormée en manteau. Chez les Fuégiens, ce morceau de peau est si exigu qu’on est obligé de le tourner suivant la direction du vent, pour protéger efficacement le corps. La lanière de la taille, la ceinture, est également surchargée de différents appendices et se transforme en jupe.

» Les branches feuillues que les Veddas enfoncent sous leur ceinture, les morceaux d'écorce retenus par la même ceinture chez les Niam-Niam, le « sarang » indo-malais qui fournit en même temps les éléments d’une jupe et d’une ceinture, tout cela n'est que le prototype de la jupe » *.

Parlant des indigènes des îles Andaman, Grosse s'exprime

implements in the Mayer Museum, made by M. H. W. Seton Karr, in Mines of the ancient Egyptians discovered by him on the plateaux of the INile valley, dans le Bulletin Liverpool Museum, XI, n° 3 et 4, pp. 78-80 et fig. de la p. 82.

1 ERMAN, Ægypten und ägyptisches Leben im Altertum, P. 313.

2 PETRIE, MVagada, pl. LxII, 30 ; LXIV, 78 et p.47. Diospolis, IX, 23; x 24,;25, et Pp. 21-22,

3 DENIKER, es Aaces et les peuples de la terre, p. 312.

comme suit : « Il ya cependant une tribu dont les femmes ne mettent autour des hanches rien qu'une ficelle très mince, de laquelle pendent quelques fibres très courtes; ce n’est évidemment qu’une parure »!.

Erman a déjà remarqué que les Égyptiens des basses classes, sous l’ancien empire, principalement ceux qui par leurs occupations étaient en contact habituel avec l’eau, étaient parfois représentés comme absolument nus, tandis que la plupart de leurs camarades portaient simplement une ceinture garnie à la partie antérieure de quelques bandelettes libres *. On ne saurait parler ici de vêtement et on pourrait également douter qu’il s'agisse d'un ornement si on n'avait pour s’en assurer de nombreux parallèles ethnographiques.

On pourrait ajouter que, dans certains cas, cette simple corde nouée autour des reins servait d'amulette. Je rapporterai à ce propos la curieuse observation du D' Stacquez qui, au sujet de la population moderne de Thèbes, s'exprimait comme suit : « La plupart des garçons étaient entièrement nus, et, parmi eux, 1l s’en trouvait qui pouvaient avoir une quinzaine d'années. Seulement, tous portaient autour du corps, en guise de ceinture, une mince ficelle. Aller entièrement nu était chose très naturelle pour ces gens, mais ne pas ceindre une ficelle autour des reins eut été le comble de l’indécence, et aucun ne se serait hasardé de se montrer en cet état. Je demandai la raison d’une semblable coutume, et il me fut répondu qu'elle avait toujours existé, que cette ficelle était censée cacher leur nudité, et devait représenter les vêtements qu'ils ne pouvaient porter à cause de la haute température de leur pays. Pour moi, je crois que cette ficelle doit être considérée comme une espèce d’amulette, et en voici la raison : dans quelques parties de l'Égypte, il est d'usage de se faire nouer par un cheikh une petite corde autour des poignets et des chevilles, afin de les préserver des foulures et autres accidents, pendant le travail ou la marche ; il est donc probable que la ficelle qui ceint les reins chez les habitants de Thèbes est une pratique semblable passée en habitude et dont on a oublié la raison d’être » à.

1 GROSSE, les Débuts de l'Art, p. 70.

? ERMAN, Ægybten und ägyptisches Leben im Altertum, Pp. 293-4.

8 SrACQUEZ, l'Égypte, la basse Nubie et le Sinaï. Liège, 1865, pp. 252-3. —

Voir également MASPERO, Âistoire ancienne des peuples de l'Orient classique, LADA 20

Ceintures.

Karnata.

Rappelons aussi que, sous le second empire thébain, les jeunes esclaves féminines ainsi que les danseuses ne portaient pour tout vêtement qu'une ceinture qui parfois pouvait être décorée 1.

Voyons ce qui en était à l'époque primitive :

Plusieurs des personnages de la fameuse tombe peinte de Hieraconpolis, dont nous aurons à nous occuper longuement plus tard, semblent bien n'avoir pour tout vêtement qu'une ceinture nouée à la taille ; de même sur les palettes et massues, provenant de la même localité et où les formes sont déjà proches de celles de l’ancien empire ?.

On attachait à cette ceinture divers ornements, et les monuments nous en font connaître deux avec assez de précision.

L'un est la queue d'animal, l’autre l’étui préservant les parties génitales.

Les guerriers ou les chasseurs que nous trouvons représentés sur le fragment de palette du Louvre portent, attachée à leur ceinture, une queue d'animal, peut-être

une queue de chacal (fig. 25).

Il est intéressant de remarquer que cet FIG. 25.— CHASSEUR.

ornement caudiforme se retrouve chez Porte la plume dans la chevelure et la queue fixée à

bon nombre de peuples 3. les ture:

En Égypte, à l'époque pharaonique, la queue est un ornement des princes et des prêtres, et le musée de Marseille en possède même un spécimen en bois *.

Les représentations de queues sur les monuments de Hieraconpolis forment parfaitement la transition entre la queue des primitifs de la palette du Louvre, et celle du roi et des dieux sur les monuments égyptiens classiques.

Quant à l’étui préservant où cachant les parties génitales, son

1 ERMAN, Ægypten und ägyptisches Leben im Alterlum, P. 299. — STRATZ Ueber die Kleidung der ägyptischen Tänzerinnen, dans la Zeitschrift für àägyptische Sprache und Altertumskunde, XXXWVNIIL, 1900, pp. 148-149.

à CaparT, La Fête de frapper les Anou, dans la Revue d'histoire des religions, XII TOO! D-255:

3 Voir un bel exemple dans DENIKER, of. cit., frontispice.

4 MasPERo, /Zistoire ancienne des peuples de l'Orient classique, I, p.165 note 3.

rôle a été reconnu et mis en valeur par M. Naville'. On peut surtout bien le reconnaître sur la statuette de la collection Mac Gregor reproduite plus haut (fig. 20) ainsi que sur bon nombre de statuettes en ivoire dont nous nous occuperons plus tard.

Voici comment M. Naville le décrit :

« Ce quiest le plus caractéristique dans cette statue, c'est le gros étui ou cornet qui, tenant par une étroite ceinture, couvre les parties génitales... Il semble qu'il soit fait d’une matière résistante, telle que du métal, du bois ou du cuir épais. Ce cornet remonte jusqu'au milieu du ventre. Il se compose d’un cylindre auquel s’en joint un autre plus mince, à l’origine duquel sont deux protubérances ovoïdes qui cherchent à imiter la nature... pi 2e

M. Naville a pu l'identifier avec la plus entière certitude avec un fourreau analogue qui est, dit-il, « une tradition, un trait caractéristique de ce groupe libyen, qui, sous la XIX° dynastie, s'allie aux peuples de la Méditerranée pour marcher sur l'Égypte >. 6e cornet portait à l’époque égyptienne un nom spécial ; les inscrip-

pe RS tions l’appellent karnata, AN . Il ie

Mais en même temps qu’on attachait à la ceinture la queue et le cornet on pouvait également se servir de cette même ceinture pour y suspendre une peau d'animal, une natte,un morceau d’étoffe, et le pagne était créé. La peau d'animal pouvait être également placée en guise d'ornement sur les épaules et enfin on pouvait se draper dans une natte, une peau ou un morceau d’étoffe tissée et constituer de la sorte un véritable manteau.

Ces éléments se retrouvent à l’époque historique; ilsse retrouvent tous également aux âges primitifs.

La peau de panthère serrée autour des reins et couvrant le bas ventre est encore en usage chez les nègres du haut Nil à l’époque de la XIX° dynastie ; elle est devenue, placée sur les épaules, un insigne de certains prêtres et des nobles dès les débuts de l’ancien empire à.

l GROSSE, les Débuts de l'Art, P. 70, mentionne, chez les Botocudos du Brésil, d’après le prince de Wied, un « étui de feuilles qui cache les parties génitales ». Voir YRJÔ HIRN, fhe Origins of Art. Londres, NOCO, MDP 2152107

? NAVILLE, Figurines égyptiennes de l'époque archaïque, 11, dans le Recueil de

travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, XXII, pp. 69 et suiv.

3 MASPERO, /Zistoire ancienne des peuples de l'Orient classique, 1, pp. 53 et ss, et note 8 de la p. 53.

Peau d’animal.

Pagne.

Manteau.

Un des guerriers de la tombe peinte de l'époque primitive à Hieraconpolis est également vêtu d’une peau de panthère, tandis que son adversaire brandit un bouclier couvert d’une peau semblable ! (fig: 26).

Le pagne, court ou long, est représenté fréquemment aussi sur les monuments primitifs, soit sur les palettes et massues de Hieraconpolis, soit encore sur les peintures de la tombe, soit enfin sur les statuettes en ivoire ?. Je ne suis pas tout à fait certain que les femmes aient porté le pagne long, et ce n’est qu'avec doute que je renvoie ici à la tombe peinte de Hieraconpolis. Je n'oserais assurer que les deux figures du haut de la planche LxXvI de Hieraconpolis II représentent bien des femmes ; l’analogie de la pose avec des représentations féminines sur des poteries décorées me paraît cependant assez frappante.

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